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Ce blog vise à présenter mes projets en rapport avec mes centres d'intérêts : l'écriture, Warhammer 40K, la reconstitution historique et le travail scientifique qui en découle. Bonne lecture !

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Enquête sur 228 chapitre 1

Le Tricorne. Tel était le nom du palais de l’Inquisition qui étalait la magnificence de ses façades et l’outrageuse splendeur de ses décors dans les entrailles de la ruche Sibellus, la plus grande et la plus ancienne des cités de Scintilla, planète capitale du secteur Calixis. Le sombre bâtiment lançait ses trois gigantesques tours vers le ciel, dardant loin à travers les dômes et les terrasses des niveaux supérieurs de la ville.

Mais pouvait-on parler encore de ville ? Les ruches humaines étaient des conglomérats d’immeubles, empilés les uns sur les autres, grimpant et s’effondrant tour à tour, s’enchevêtrant en des entassements hallucinants. Ses spires, ses flèches et les dômes des niveaux supérieurs perçaient loin à travers les nuages, ne recherchant visiblement qu’à rester toujours « la » plus haute flèche de la ruche. Leurs possesseurs et résidents, les familles nobles de Scintilla, habitaient ces niveaux supérieurs, « gouvernaient » et « administraient » la cité en théorie, en fait rivalisaient en des luttes d’influences meurtrières, s’escroquaient, se pavanaient, se prélassaient dans la débauche ou le luxe, ou s’offraient parfois quelques distractions excitantes en allant chasser le « manant » dans les niveaux subalternes.

Les niveaux subalternes étaient composés avant tout de fantastiques manufactoria, vomissant leurs fumées nocives, noyant tout les niveaux inférieurs dans la pollution, la poussière et recouvraient la misère ambiante d’un nuage de toxicité comme elles recouvraient les rares dômes qui laissaient passer la lumière du ciel d’une chape de plomb. Là, se traînait une population toujours laborieuse, jamais au repos, qui errait des manufactoria à leurs foyers désolés et vice versa, prenant à peine le temps de trouver leurs subsistances. Hormis le crime, l’alternative à ce cauchemar quotidien n’existait pas. C’est pourquoi bon nombre de résidants choisissaient de se faire racaille plutôt qu’ouvrier. Dans ces lieux prêchaient les missionnaires à moitié fous de l’Ecclésiarchie, et sévissait les cultes plus ou moins légaux ou carrément hérétiques. Mais cet enfer était un havre de paix par rapport aux sous-niveaux de la ruche.

Les sous-niveaux n’étaient habités que par les rebuts de la société, les mutants et d’autres abominations encore pires. Dans ces dédales de bâtiments effondrés, dans les effluves des lacs irradiés, des déchets et des immondices, sévissait la pire guerre des gangs qui soit. On ne condamnait jamais à mort dans Sibellus. On envoyait les condamnés dans les sous-niveaux. Un sort bien pire...

 

Le Tricorne. A l’intérieur de cet édifice gargantuesque, une myriade de couloirs, de niveaux et salles traçait un si fantastique labyrinthe que personne, hormis peut être l’Inquisiteur Aegult Caidin, le maître de lieux depuis plus de deux cents ans, personne n’en connaissait le tracé exact. Quand à tous les arpenter, il était fort probable qu’une vie n’y suffise pas, et l’eût-elle suffit que cela aurait été encore impossible. De l’auditorium du conclave aux derniers des cachots les plus secrets, en passant par les salles d’interrogatoire et celles des archives, une véritable spatialisation de la hiérarchie, de l’interdiction tatillonne et du niveau d’accréditation s’était profondément ancrée dans le bâtit. Aucun lieu n’était accessible sans laisser passer, et l’échelle des autorisations était au moins aussi haute que les flèches que la noblesse de Sibellus s’évertuait à dresser au-dessus des têtes de ses voisines.

Dans un de ces innombrables couloirs, deux personnes attendaient devant une épaisse porte d’acier. Pour l’humain normal, la méfiance était déjà de mise lorsqu’il se trouvait confronté à un semblable. Qu’aurait-il fait s’il avait eu à rencontrer les deux inconnus qui patientaient depuis maintenant plus d’une heure qu’on les fasse enfin pénétrer dans la pièce attenante ?

Le premier, vêtu d’une longue robe rouge écarlate, laissait provenir un sifflement intermittent à travers le respirateur facial qui lui masquait la bouche. La capuche qui tombait sur son visage et jetait un voile d’ombre sur sa face ne laissait briller que le reflet des torches du couloir dans le violet de ses pupilles. Ses longues mains délicates mais à l’étrange teinte bleutée émergeaient parfois des manches de sa robe pour tripoter machinalement l’Opus Machina, le symbole du culte des Technoprêtres de Mars. Un cantique sacré à la gloire du Dieu-Machine accompagnait généralement ce petit geste d’impatience. Parfois aussi, un mouvement de tête laissait entrevoir de longs cheveux noirs. D’une stature plutôt imposante, l’homme (car s’en était bien un) trompait son ennui en se réfugiant dans la vénération et la prière.

Le second, ou plutôt la seconde, était une jeune femme à la peau noire revêtue de l’uniforme des recrues de l’Adeptus Arbites, un gilet composite était passé dessus la veste. La chevelure aux couleurs de la pourpre qui lui coulait du haut du crâne jusque sur les épaules lui donnait un tour pour le moins étrange. Ses yeux bleus perçaient les ténèbres d’un regard d’un froid d’acier, d’un regard déjà inquisiteur et soupçonneux. Assise le dos collé au mur, l’Arbites contemplait son fusil posé entre ses jambes. On aurait plutôt dut dire que son regard se perdait dans le vague, loin derrière son arme. Ses pensées volaient sans doute de sujet en sujet, l’ennui étant plutôt propice à ce genre de réflexions fugace. Sa carrure, bien qu’en partie dissimulée par les habits amples et mal ajustés qu’elle avait reçu lors de son intégration, semblait être svelte et robuste à la fois, agréable à l’oeil par ses proportions tout en trahissant une vigueur physique acquise par un entraînement constant.

Aucun des deux n’avait adressé la parole à l’autre. L’Arbites paraissait plutôt repoussée par l’allure générale et peu engageante de son voisin. L’autre lui rendait son mépris, elle qui n’avait sans doute jamais mis les pieds dans l’espace ni contemplé les étoiles autre part que sur le képi d'un officier.. Dans ce silence pesant, les minutes passaient les unes après les autres, lentement, très lentement. Rien ne venait troubler leur attente, pas même le passage d’un serviteur décérébré. Ce couloir était désert, et abandonné de tous... à tel point que les deux inconnus commençaient à se demander ce qu’ils attendaient pour repartir...

 

Soudain, sans que rien ne l’eu annoncé, la porte s’ouvrit et libéra le passage à un serviteur mécanique. La chose, montée sur des chenilles, le corps au trois quart recouvert de fils électriques et de conduits d’alimentation, leur indiqua d’un bras d’entrer.

Ils pénètrent dans un vaste vestibule, aux tentures d’un rouge profond, d’un rouge carmin rehaussé de fils d’ors. Deux statues de marbre blanc évoquant des reproductions d’oeuvres aujourd’hui à jamais perdues encadraient les visiteurs. Un vieil adepte, au nez recourbé et au regard méfiant, les pria de bien vouloir continuer plus avant, poussant même l’amabilité jusqu’à leur ouvrir la porte. Ils passèrent le seuil, et s’arrêtèrent, interloqués. Ce qu’il voyait dépassait en magnificence tout ce qu’ils avaient déjà vu auparavant. Des broderies, des tableaux, des sculptures se partageaient une bonne part des murs de la pièce. Le reste était occupé par des rayonnages de livres, de fichiers et de banques de données informatiques. Jamais encore ils n’avaient vu tant de richesses concentrées en une surface pourtant somme toute peu étendue. Une porte s’ouvrait entre deux bibliothèques. Au bout de la pièce, leur faisant face, un homme était assis dans un fauteuil de bois précieux, aux coussins de satin. Son visage était assez beau, sa peau bronzée comme s’il avait passé trop de temps exposé à la chaleur d’un lance-flammes. Une prothèse bionique avait remplacée son oeil gauche. Malgré tout, il n’était guère facile de lui donner un âge même si il donnait l’impression d’une certaine jeunesse. Peut être utilisait-il des drogues Juvenat ? Ca n’était pas une possibilité à exclure, loin de là. Enveloppé dans de larges robes de tissus précieux, il n’était pas possible de se faire une idée de sa taille ou de sa corpulence. En tous cas, l’homme s’affairait dans une montagne de dossiers et de documents, relevant à peine la tête pour réfléchir quelques instants. Ce fut sans même un regard qu’il leur ordonna de s’assoire.

Au bout de quelques nouvelles minutes de silence méprisant, l’Inquisiteur releva enfin la tête et daigna leur accorder son attention.

-Je suis l’Inquisiteur Otto Von Didakt. Avez-vous déjà fait connaissance ?

Ses deux invités répondirent par la négative.

-Tant pis pour vous, reprit-il. Ca n’est pas à moi de le faire. Je vous ai choisi l’un comme l’autre pour constituer une cellule à mon service. N’oubliez jamais que sans moi, vous n’êtes rien, et que mon sceau inquisitorial me donne droit de vie et de mort sur vous.

Il les scruta de ses yeux bruns mais durs sans rien ajouter de plus. Mal à l’aise, ses interlocuteurs restèrent cois et évitèrent autant qu’ils le pouvaient de croiser son regard. Après une longue, très longue minute, Von Didakt entra dans le vif sujet.

-Connaissez vous la colonie 228 ? Non ? C’est bien dommage, parce que la mission que j’ai l’intention de vous confier va vous y envoyer tout droit. Comme sur tout monde impérial, la planète est agitée de troubles, d’ordinaire sans importance.  Il s’avère que sur 228, ces troubles ont connus une expansion qui m’inquiète quelque peu, et je ne suis pas le seul à penser ainsi. C’est pourquoi je vous envoie là-bas. Votre mission consiste avant toute chose en recherches de renseignements. Je veux savoir ce qui est la cause de cette augmentation, et qui sont les principaux agitateurs. Si, et seulement si, vous le pouvez, mettez hors de nuire ces responsables. Ne le faites qu’en cas de nécessité absolue, si les choses dégénèrent. Je n’ai personne de compétent et de disponible à mettre sur cette affaire, c’est pourquoi j’ai été obligé de vous recruter, vous. N’oubliez pas que votre objectif est le renseignement, et pas autre chose en premier lieu. Suis-je bien clair ?

Toujours sous l’effet de la crainte, les deux nouveaux acolytes acquiescèrent en silence.

-Vous pouvez aller chercher votre solde au guichet E459z mais ne comptez pas sur moi pour vous dire où il est, débrouillez tout seuls. Je ne suis pas là pour vous maternez. Empruntez également le mode de transport que vous trouverez, mais je vous veux là bas le plus rapidement possible. Des questions ?

Le Technoprêtre fit signe qu’il en avait effectivement une.

-Tant pis pour vous. Je ne suis pas là pour vous maternez, je vous l’ai déjà dit. Maintenez hors d’ici, j’ai du travail ! Je ne vous raccompagne pas, vous connaissez le chemin.

Et, sans guère de ménagement, l’adepte les pria de laisser seul leur maître au plus vite.

 

La porte du bureau de l’Inquisiteur Von Didakt se referma sur eux dans un bruit sourd.

L’adepte du Dieu-Machine se retourna alors vers sa compagne de galère, et articula à travers son respirateur, d’une voix au ton métallique :

-Cassant, ce type, hm ?

 

-MFT-

 

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B
Très bonne intro. A part l'une ou l'autre faute d'orthographe...<br /> <br /> Vivement la suite
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