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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 11:07

Introduction

Segmentum Solar, Confins extérieurs, 12012M42, Troisième phase d'expansion Tau.

Répondant à l'invitation d'un gouvernement rebelle, le commandeur Brigthsword posa le pied sur Nephillym IV en 161012M42 et prit possession de la planète au nom du Bien Suprême. Le gouverneur, Sir Arthur Baxter, mit aussitôt au service de la machine de guerre xenos les moyens dont il disposait et commença à mettre sur pied des régiments d'auxiliaires guelas. Une banale histoire, en somme.

Ce qui l'était moins, c'était la façon dont cette sédition avait été préparée et acquise. Brightsword paya très cher les services d'un allié de poids, un surhomme que les guelas appelaient « Astartes » dont il ne connaissait même pas le visage, constamment dissimulé sous la capuche d'une lourde robe de bure. C'est lui qui prit contact avec le gouverneur Baxter, c'est lui qui par l'aura de son autorité emporta  la décision du gouvernement de se ranger du côté du Bien Suprême. Réalisant avec quelle facilité l'Empire Tau pourrait se développer grâce à son nouvel allié, Brightsword commença à établir des plans de conquête à vaste échelle à partir de Nephillym IV.

Ce qu'il ne savait pas, c'est que dans une galaxie peuplée de mouchards, même le rôle occulte d'un Astartes renégat ne passe longtemps inaperçu des oreilles et des yeux avertis d'un Chapelain-Investigateur, tout particulièrement lorsqu'il s'agit de ceux du vieux Severian...

Le 311012M42, une flottille de combat du Chapitre des Dark Angels se matérialisa dans l'espace réel après un saut Warp d'une rapidité record. Menée par le Grand Maître Gabriel qui commandait le Croiseur d'attaque Winged Vengeance, elle dispersa par la soudaineté de son attaque la flotte Tau, totalement surprise, prise à l'improviste. Les carcasses de plusieurs gros bâtiments de guerre se disloquèrent bientôt après un combat éclair, vif, rude, terrible, tandis que le reste de la flotte se mettait à l'abri dans un autre système et allait chercher du renfort.

Au sol, le renégat comprit bien vite que c'était lui qu'on était venu chercher. Il avisa Brightsword de ce qui les attendait : une attaque furieuse tombée du ciel en un coup de poing mortel, qui allait chercher à décapiter le commandement Tau en attaquant ses commandants. Brigthsword, convaincu que son allié était bien placé pour connaître le modus operandi de ses anciens frères, mit ses troupes en état d'alerte, prête à repousser une attaque venue des cieux.

Elle ne vint pas. Le lendemain, après un violent bombardement orbital, plusieurs dizaines de Drop Pods furent bien largués mais ils étaient vides, ou équipés de systèmes d'armes automatisés qui décimèrent les Tau lorsqu'ils s'approchèrent, surpris de ne pas voir de géants en armure débarquer en hurlant des cantiques de haine. Ce n'était qu'une feinte, une manoeuvre destinée à masquer le déploiement au sol de la Troisième Compagnie. Le dispositif du Grand Maître se dirigea aussitôt vers le proche quartier général de son adversaire, qu'un second bombardement pris à nouveau pour cible et transforma tout le quartier en champ de ruines. Brightsword comprit bientôt la situation, mais il était presque trop tard. Il redéploya son propre dispositif en trois corps d'armée dont les deux ailes devaient envelopper l'ennemi et frapper selon la tactique du Mont'Ka. Brillant officier, ses ordres furent appliqués à la lettre dans l'instant et ses troupes manoeuvrèrent.

Mais il avait trouvé à qui se mesurer dans la personne du jeune Gabriel. Ce dernier avait anticipé la manoeuvre et déployer un écran mobile autour de quatre escadrons de la Ravenwing, de six escouades de Terminators et encore d'autres de scouts destinés à paralyser l'enveloppement. Il avait poussé son adversaire à la faute : ce dernier n'avait plus que sa garde rapprochée pour le protéger de la furie des Dark Angels qui approchaient de toute la vitesse de leurs véhicules. L'affrontement était imminent, il ne lui était plus possible de s'échapper. Ni lui, ni son occulte conseiller...

 

Scénario

Le scénario est inspiré du scénario « Frappe préventive » p.35 du livre Missions de bataille.

Objectif
L'objectif de chaque camp est de détruire autant d'unités ennemies que possibles.

Déploiement
Partager la table en deux moitiés et effectuer un jet pour déterminer dans laquelle se déploie chaque joueur.

Les Dark Angels se déploient en premier, n'importe où dans leur moitié de table, mais à plus de 9ps de la ligne médiane. Les Tau se déploient à leur tour dans leur propre moitié mais à plus de 9ps de la ligne médiane. Tous les choix QG Tau doivent être déployés sur la table, dans un rayon de 6ps autour du point central de sa zone de déploiement.

Réserves
Les Dark Angels peuvent garder n'importe quelle unités en réserve. Les Tau peuvent faire de même, à l'exception de ses choix QG.

Premier tour
Les Dark Angels lance 1d6 : sur un 2+ il commence à jouer, sinon les Tau prennent l'initiative.

Durée de la partie
Les Tau lancent 1d6 à la fin du tour 5. Sur 1 ou 2 la partie s'achève. Si elle continue, on refait de même à la fin du tour sur un 1-3. La partie s'achève automatiquement au tour 7.

Conditions de victoire
Les Tau marquent 2pts d'annihilation pour chaque unité Dark Angel détruite quelque soit son type. Les Dark Angels marquent 3pts d'annihilation pour chaque unité QG détruite, 1 seul pour les unités de troupes et transports et 2 pour les autres unités.
De plus, tous personnages indépendants tués par les Lames de raison* du Chapelain-Investigateur Severian rapportent 1pt de plus.
*les Lames de raison : prévue pour la torture, ces affreuses lames sont pourvues de milliers d'aiguilles libérant des toxines puissantes et des décharges électriques prévues pour faire souffrir et éventuellement neutraliser l'ennemi. Toute blessure au corps à corps qui obtient 6 provoque une mort instantannée.

Règles spéciales

Bombardement orbital : la poussière, les ruines et la fumée provoquée par le feu roulant du bombardement qui devance l'arrivée des Dark Angels bloquent les lignes de vues tant qu'il ne s'est pas dissipé. Les règles spéciales de combat nocturne s'applique pour le premier tour de cette mission.

Les règles de combat urbain s'appliquent pour cette partie. Pour les stratagèmes, le niveau de la mission est considérée comme de niveau Gamma.

 

-MFT-

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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 09:27

Et voilà ! Le Griffon est achevé, enfin presque, si on excepte la mise en peinture et peut être quelques petites poulies ici et là si je trouve le temps de les trouver et de les placer.

Griffon fini (2)

Griffon fini (3)

Griffon fini (5)

Griffon fini (6)

Griffon fini (4)

Griffon fini

 

 

Néanmoins la peinture attendra le mois de mars. Avec un février plutôt chargé, l'Exterminator sera l'objet du prochain billet consacré au 14ème Méca.

 

-MFT-

 

 

 

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 18:27

Ca y est ! Les vétéran de la Première Escouade de la Troisième Compagnie sont achevés ! Dans les temps qui plus est ! Si c'est pas formidable ça !

 

En publiant les photos, je me suis aperçu de quelques petits détails à corriger, notamment la bandoulière du fuseur de Frère Ignatus que j'ai oublié (je vous jure...). M'en occuperait plus tard...

 

La Première escouade au complet :1ère Escouade (2)

De gauche à droite : Frère Ignatus, Frère Kleomen, Frère Ardiel, Frère Octavian, Frère Aerediel

 

1ère Escouade (3)

1ère Escouade (4)

1ère Escouade (5)

1ère Escouade (6)

1ère Escouade (7)

1ère Escouade (8)

1ère Escouade (9)

 

 

Quelques gros plans individuels :

 

Frère Ardiel :

1ère Escouade (13)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Frère Ignatus :

1ère Escouade (11)

1ère Escouade (12)

 

Frère Aerediel :

1ère Escouade (19)

1ère Escouade (20)

1ère Escouade

 

Frère Octavian :

1ère Escouade (16)

1ère Escouade (17)

1ère Escouade (18)

 

Et pour la suite... Frère Gideon, l'Apothicaire, revient avec une nouvelle figurine et ans doute ne sera-t-il pas seul !

 

-MFT-

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 18:22

 

Bon.

Je vous avais promis pour ce mois-ci un Leman Russ Exterminator.

Bon.

Entretemps, Worry m'a envoyé comme cadeau de Noël (dernier :mrgreen:) un mortier lourd de Krieg. Pour celui-ci, il y a ajouté les servants, et pour faire un tir groupé avec mon anniversaire (comme ça il ne pourra pas l'oublier ;)) il a enfin joint à l'ensemble une Chimère. Je le remercie beaucoup :D (Worry ton Salamander ne tardera pas, sitôt que la fac m'aura payé mes 3 mois d'arriérés...). Comme un grand gamin que je suis, je n'ai évidemment pas pu me retenir et je me suis jeté comme un loup sur le carton sitôt que je l'ai vu (encore que le loup aurait préféré un agneau). Alors j'ai fait un petit changement de dernière minute dans le planning, mais c'est pas ma faute m'sieur, c'est Worry qui a commencé (et ça commence à faire beaucoup de parenthèses dans ce paragraphe).

Bon, on récapitule : Krieg heavy mortar+Krieg artiley crew+Chimère =... Griffon !

Quelques photos de l'état d'avancement : je n'ai plus de superglue, aucune pièce en résine n'est collée, ne vous étonnez donc pas si il est manipulé par un équipage de manchots ! ;) Dans le même ordre d'idée le gros bloc de résine qui soutient l'affut est en fait destiné à être collé plus en arrière, entre les deux rails, de manière à lui servir de butoir. Mais pour la photo, j'ai mis l'engin et position de tir et j'ai collé le bloc pour les besoins de la cause.

Griffon (3)

Griffon (2)
Griffon
J'envisage de l'équiper de schurzen encore que je n'en sois pas tout à fait convaincu, en revanche il est sûr qu'il faudra que pose quelques éléments de carte plastique pour prolonger la caisse à l'arrière car la rampe d'accès qui sert de plate-forme de tir ne ferme pas à 90°.

-MFT-

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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 22:05

 

Cela dura toute la nuit et jusqu'à une heure avancée du jour. Les Dark Angels tinrent bon, malgré la fureur croissante des assauts orks. Ils repoussaient vague après vague que Gazkhull et Nazdreg leur envoyaient. On ne parvenait plus à voir le sol de cendre de Piscina tant celui-ci était encombré des carcasses des peaux-vertes ou de leurs véhicules. Le spectacle du coucher de soleil de la veille était déjà suffisamment éloquent en terme de carnage, mais il n'avait plus aucune commune mesure avec celui qui s'offrait au zénith du lendemain. Et les choses n'avaient fait qu'empirer durant l'après-midi. Les orks se jetaient sur eux toujours plus nombreux, mais ce n'était pas encore assez pour faire plier les Fils du Lion.

 

Gabriel but un rasade d'eau à la bouteille purifiante que lui tendait Gidéon. Ses bras lui faisaient mal d'avoir tant frappé, les réservoirs de dogues de combat de son armure étaient épuisés et ceux de Gidéon également. C'était en vérité toute la Compagnie qui était épuisée : les hommes étaient épuisés ; les rangs étaient épuisés ; les réserves étaient épuisées.

 

Gabriel et toute l'escouade de Bélial suivaient le Grand Maître tandis qu'il passait auprès de chacune des positions, auprès de chacun des hommes, prodiguer des encouragements et des paroles promptes à maintenir le moral des hommes. Frère Atars tenait haut la bannière de l'unité, et ranimait la rage de tuer et de vaincre des hommes. C'était à eux de le faire à présent puisqu'ils avaient porté en terre le fier Chapelain Abraxas deux heures plus tôt.

 

Au moment le plus critique, Abraxas s'était tenu seul au milieu de la brèche qu'avait ouverte la disparition de la quatrième escouade, submergée par la vague verte. En parangon des valeurs du Chapitre, il avait tenu bon, là, frappant en tous sens, massacrant par chapelets les orks qui se massaient autour de lui. C'était l'incarnation de la mort qui se dressait parmi les trépassés. Au moment le plus critique, il était là, semant la destruction parmi les peaux-vertes comme jamais un héros du Chapitre ne l'avait fait. Malgré les innombrables blessures que l'on découvrit sur lui, il ne recula pas et continua d'écrire le récit qui lui serait consacré dans le Grand livre de la confrérie des Anges de la mort. Abraxas vécut assez pour qu'une contre-attaque menée par Bélial lui-même le dégage et mette en fuite les xenos. Il vécut encore assez pour qu'on lui retire son casque et qu'il bénit le Chapitre de lui avoir permit de servir l'Empereur de cette façon, et assez encore pour remercier l'Empereur de lui avoir permit de quitter la vie ainsi, et de rejoindre sa droite au sommet de sa gloire. Puis il s'éteignit, laissant s'échapper son dernier souffle.

 

Gabriel n'avait jamais vu un Astartes pleurer, il n'aurait jamais cru possible qu'un Dark Angel puisse verser des larmes. Mais la vue de ses plus vieux compagnons se prendre le visage dans les mains ou bénir une dernière fois le vieux mentor lui fendit le coeur et la tristesse s'y engouffra. Bélial lui-même tenta de se composer un masque stoïque mais n'y parvint guère et Gabriel décela dans ses yeux le même reflet luisant qui brouillait sa propre vue. Il vit certain de ses frères défoncer à coup de crosse ou à main nue les visages brutaux des peaux-vertes qui jonchaient le sol autour de la dépouille du Chapelain. Ceux qui, pour leur infortune, vivaient encore furent torturés atrocement pour venger la mort du Chapelain. Leurs cadavres furent empalés sur les pièges antichar qui défendaient la centrale de Kadillus Harbour. D'autres furent pendus à tout ce qui était susceptible de s'y prêter. La fureur meurtrière des Dark Angels ne s'éteignit pas, elle ne fit que croître et à présent qu'ils inspectaient les frères de bataille, Bélial et les siens surent que la mort d'Abraxas valait mieux que toutes les paroles pour les exhorter.

 

Enfin les cinq hommes -Frère Raziel était mort durant le quatrième assaut- reprirent leur poste afin d'attendre la prochaine attaque. Ils s'installèrent à l'intérieur d'un abri bétonné qui protégeait l'un des générateurs. Ils s'assirent sur de gros blocs de plast-béton éparpillés dans un fatras de gravas. La centrale n'était que superficiellement endommagée, et toujours en état de marche, mais ce superficiel était déjà conséquent. L'artillerie ork avait totalement anéanti tous les bâtiments périphériques et un certain nombre d'obus s'étaient égarés plus en arrière, touchant les bâtiments vitaux sans pour autant les détruire. Ce qui était bien dommage d'ailleurs, car cela aurait permis de faire entendre raison à Bélial et de se replier dans la chaîne de Koth pour tenir en attendant les renforts.

 

-Je connais bien Gazkhull et Nazdreg, dit Bélial. Leur fierté est piquée au vif, et le sacrifice d'Abraxas les aura tellement mis en fureur que le prochain assaut se fera sans aucunes réserves. Les xenos vont tout mettre dans la balance pour un dernier assaut décisif, et je vous paye mon écot que les deux Boss seront de la partie. Nos hommes sont exténués, mais nous tiendrons quoi qu'il advienne. Je le répète, cet assaut sera décisif : quoiqu'il arrive ce sera le dernier. Ce jour marquera la chute de Gazkhull une bonne fois pour toute. Nous vaincrons, ils se briseront sur notre courage d'adamantine. Abraxas nous a montré l'exemple : ils ne passeront pas.

 

Bélial se leva. Sa volonté farouche se lisait sur son visage. Tous ses muscles étaient contractés et reflétaient sur son faciès son âme, toute tendue vers un seul objectif. Défaire le fléau d'Armageddon. Il prononça une prière à l'Empereur après avoir étendu les bras pour bénir ses compagnons, et se retira à l'écart. Ses hommes le regardèrent partir puis s'éloigner de plus en plus pour finalement disparaître de leur champ de vision.

 

Gabriel retira son casque et suggéra à ses équipiers d'en faire autant.

 

-Qu'y-a-t-il frère ? demanda Gidéon. Un problème de transmission ?

 

-Non, répondit Gabriel d'une voix basse. Non. Il y a que nous devons tenir un conseil privé.

 

-Dans le dos de maître Bélial ? Tu perds l'esprit Gabriel ? fit Frère Atars d'une voix sourde ou perçait la menace.

 

-C'est lui qui perd l'esprit, rétorqua Gabriel. La perte d'Abraxas nous est cruelle à tous, mais elle ne doit pas nous aveugler comme elle semble le faire pour maître Bélial !

 

-Comment oses-tu... siffla Hostilius en se levant, l'air menaçant.

 

-Réfléchissez bon sang ! éclata Gabriel en se levant à son tour. Maître Bélial parle de l'exemple d'Abraxas mais il n'en comprend rien ! Abraxas s'est sacrifié, mais il n'est pas mort en vain. Et nous ? Pourrons-nous en dire autant lorsque nos corps seront le festin des charognards et que nos têtes orneront le chariot de guerre de Gazkhull ?

 

-Un Dark Angel ne recule jamais, Gabriel, espèce de lâche, calomniateur, séditieux, traître ! hurla Hostilius.

 

Gidéon sauta sur ses pieds avec une vivacité qu'on ne lui connaissait plus, et gifla Hostilius.

 

-Assieds-toi, crétin ! Ordonna-t-il. Je suis le plus âgé ici, je t'ordonne de t'assoir et de la boucler à double tour ou tu auras affaire à moi.

 

-Si Bethor était ici, il...

 

-Si Bethor était ici, pauvre idiot, il dirait la même chose que moi. Je le sais, cela fait plus d'un siècle que je le côtoie. Tu peux en dire autant ? Certainement pas.

 

La froide colère qui émanait de Gidéon fit plus qu'appuyer ses paroles. Elle écrasa de toute sa force, de toute son autorité, le frère Hostilius qui avec un regard de rancoeur, se rassit de mauvaise grâce.

 

-Continue, Gabriel, même si je suis à peu près certain de voir ou tu eux en venir.

 

-Merci, Frère-Apothicaire, répondit l'intéressé. L'idée de mourir ici ne me fait rien, Frère Hostilius, reprit-il. Si tel est notre destin, je l'accepte et servir l'Empereur par ma mort ici ou ailleurs, c'est toujours le servir. Mais c'est précisément là ce que je veux vous dire. Pour servir l'Empereur, il faut que notre mort ne soit pas vaine. Et si cette centrale tombe intacte aux mains de Gazkhull, notre mort n'aura servit à rien. Abraxas s'est sacrifié pour nous rappeler qu'un sacrifice n'en est un que s'il y a un sens à la mort. Si nous mourons tous pour une centrale qui continuera de fonctionner de toutes façons, à quoi bon serons-nous tombés ? Aurons-nous servi l'Empereur ? Puisque Maître Bélial a décidé que tout se jouera ici, nous devons respecter sa volonté, et il n'est pas question de la remettre en cause. En revanche, devons-nous laisser ces bâtiments fonctionels ? Non ! Il serait totalement absurde de le faire ! Si nous devons tous mourir ici, Gazkhull ne doit pas trouver cette centrale intacte ! Prenons au moins la précaution élémentaire de la miner. Le dernier d'entre nous qui tombera le fera après avoir détruit cette maudite centrale, pour l'honneur de nos morts !

 

-Mais nous devons agir dans le dos de Bélial, dit Hostilius. C'est de l'hérésie.

 

-C'est ne pas le faire qui serait hérétique. Si nous ne faisons rien, nous serons mort pour la gloire de Bélial, si nous le faisons, nous serons mort pour celle de l'Empereur.

 

-Espèce de... hurla Hostilius.

 

Il se jeta sur Gabriel et, le saisissant à bras le corps, ils tombèrent à terre. Ils roulèrent dans la poussière et les gravas jusqu'au bas du tertre de débris. Par le hasard du combat, ce fut Hostilius qui se retrouva au dessus de Gabriel. Il leva son poing et l'abattit vers la figure de Gabriel en clamant :

 

-Je vais te faire rentrer tes paroles dans la gorge, sale traître !

 

Mais il ne porta pas le coup. La poigne de fer de Gidéon l'intercepta et lui tordit violemment le bras : Hostilius laissa échapper un cri de douleur. L'Apothicaire le saisit sans lui laisser le temps de de revenir de sa surprise par le protège-nuque de son armure, le força à se relever, puis lui décocha un direct du droit qui envoya Hostilius s'étaler sur le sol de cendres. Atars aida Gabriel à se relever.

 

-Quoi ? Même toi Atars ! Tu ne vas quand même pas te ranger à l'avis de ces...

 

-De ces quoi ? fit sèchement Gidéon. J'ai deux fois plus d'expérience que toi Hostilius, je sais des choses que tu ignores, et je t'avais déjà en assez piètre estime. Je n'ai pas mon mot à dire dans les nominations de maître Bélial mais si j'avais été à sa place tu ne serais pas ici.

 

-Gabriel l'a traité d'hérétique et c'est moi qui n'ai pas ma place ? Mais dans quel monde vis-tu Gidéon ? Atars ! Tu sais ce que je vaux ! Regardes-nous et dis-moi lequel de nous deux est l'hérétique ?

 

Le porte-étendard resta silencieux.

 

-C... Comment ? Mais... mais dis quelque chose bon sang !

 

-Je ne sais pas lequel de vous deux est l'hérétique ni si l'un de vous l'est plus que l'autre. Et je ne veux pas le savoir, lâcha Atars. Il ne s'agit pas d'hérésie mais de bon sens. Si nous mourons tous, et que la centrale tombe aux mains de Gazkhull intacte, toutes ces semaines de combats n'auront servies à rien. Je ne veux pas que le prix que nous avons payé jusqu'à présent soit vain. La mémoire de nos frères exige que cette centrale reste entre nos mains ou quelque saute. J'ai dit.

 

-Et nous prendrons toutes les mesures pour que ceci s'accomplisse, conclut Gidéon. J'ai dit.

 

-Mais c'est de la rébellion ! Vous êtes tous devenus fous ! Fous à lier !

 

-Ca suffit ! trancha l'Apothicaire. Je suis le plus vieux, c'est de ma seule décision, et ce sera de ma seule responsabilité si l'on devait me demander d'en rendre des comptes. Mais j'en doute.

 

Hostilius jura, mais ne dit rien de plus, tourna simplement les talons et s'en alla. Les trois autres remontèrent le long de la pente, et Atars et Gidéon conseillèrent à Gabriel de l'attendre au sommet pendant qu'ils allaient chercher à convaincre Harridan. Ils avaient plus de chances d'y arriver que lui.

 

« Ce que j'ai fait est grave, se dit Gabriel. Hostilius a raison sur deux points : c'est de l'insubordination, et je crois bien avoir été trop loin dans mes pensées en parlant de mourir pour la gloire de maître Bélial. Il me hait maintenant, cet imbécile, et la haine d'un imbécile, c'est toujours dangereux. Il faudra que j'apprenne à mieux retenir mes pensées.

 

« Suis-je vraiment hérétique ?

 

« La divergence de pensée, c'est le schisme. Le schisme, c'est l'hérésie. J'avais juré d'obéir aux ordres de mes supérieurs, et voilà que je prends des dispositions pour contrevenir à ceux de mon supérieur direct. En tous cas, il est sans doute assimilable à de l'hérésie de penser, que dis-je, de proclamer que son chef est hérétique. Et je suis certain que cette brute va aller mettre séance tenante maître Bélial au courant pour peu qu'il le retrouve...

 

« Suis-je vraiment hérétique ? Peut être. Peut être le Lion lui-même s'est-il trouvé confronté à cette situation ? »

 

Gabriel laissa sa tête basculer en arrière pour aspirer l'air plus librement et se reposer un peu avant le choc qui ne saurait plus tarder. Il repensa au discours qu'avait prononcé le Grand Maître Rhamiel le jour de son entrée comme scout dans le Chapitre. « Dans la souffrance et la douleur, confiez-vous à votre Primarque, Lion el'Jonson ». Fallait-il ici encore lire un sens caché ? Certainement oui, sans doute, et le chemin qui y menait passait par l'épreuve.

 

« Je ne suis pas hérétique, non. J'agis par sens du devoir, celui de protéger l'Humanité et servir l'Empereur. Cette station doit nous rester ou être détruite, peu importe ce qu'en pense un Hostilius ou un Bélial. Il y a un intérêt plus grand. J'agis pour mes frères, ceux qui sont morts et ce qui seront morts en défendant cette maudite unité. Je n'ai pas le droit de rester là les bras ballants sans rien faire, à attendre une mort stupide. La mort, oui n'importe où, n'importe quand, mais pas stupide. Il est trop facile de paraître coupable à ceux qui ne peuvent rien comprendre. »

 

-Nous avons parlé à Harridan.

 

Gabriel sursauta. Gidéon lui posa la main amicalement sur l'épaule.

 

-Je ne vous avais pas entendu arriver, Frère Gidéon.

 

-Je sais encore me faire silencieux malgré mon âge, répondit ce dernier d'un air amusé. Bon, enfin, assez badiné. Nous avons parlé à Harridan. Il n'a pas été facile à convaincre lui non plus, mais il a tout de même fini par accepter. De mauvaise grâce bien entendu...

 

-Bah de toutes façons les Techmarines sont tous les mêmes : toujours ronchons, à grogner qu'on leur abîme leurs belles armures et qu'ils n'ont jamais assez de serviteurs pour tout réparer et trouver le temps de s'occuper des machines à contenter, en plus de tout ça.

 

-Il y a du vrai dans ce que tu dis, Gabriel, dit l'apothicaire en souriant. Mais, pardonnons-lui : après deux semaines aussi éprouvantes pour ses équipes et lui, on ne saurait vraiment lui en vouloir. Et puis, aller contre la volonté formelle d'un supérieur n'est loin d'être évident pour un Dark Angel. Hostilius a beau être bête comme ses chaussettes de céramite il illustre bien le problème.

 

-Croyez-vous qu'il puisse avoir l'oreille de Bélial et lui rapporter ce que nous avons fait ? J'ai du mal à porter un jugement sur sa valeur réelle et les raisons qui ont poussé Bélial a en faire un de ses plus proches.

 

-Justement parce qu'il est fidèle et servile, et qu'il lui voue un véritable culte. J'apprécie maître Bélial, mais il a un goût prononcé pour son image personnelle et apprécie ceux qui savent le flatter. Note que je ne vois pas Hostilius comme un flagorneur patenté. Je le crois sincère. C'est peut être là le pire d'ailleurs. Enfin... Non, il n'hésitera pas une seconde à nous dénoncer, c'est certain, et d'ailleurs si tu veux mon avis, j'imagine qu'en ce moment il doit être en train de déblatérer tout ce qu'il a sur le coeur à notre encontre à son idole. De là à dire qu'il en aura l'oreille... Bélial n'est pas un imbécile, je suis persuadé qu'il a le même jugement que moi sur Hostilius mais il a besoin d'un chantre dévoué. Enfin sans doute...

 

-Il n'empêche. Le chagrin altère la perception, et la colère de Bélial quand il apprendra que nous contrevenons à sa volonté pourrait bien être redoutable.

 

-Oui, c'est très juste ce que tu dis-là, dit Gidéon en s'asseyant à ses côtés.

 

Il se saisit de son épée tronçonneuse et la nettoya quelques instants des restes de sang coagulé qui y adhérait encore. Ses yeux se firent vagues, ils se fixèrent dans le vide et y restèrent quelques instants alors que ses bras exécutaient leur tâche comme des automates. Comme pour se donner le temps de la réflexion.

 

-J'espère qu'il subsistera même dans un moment aussi dramatique une part de réalisme dans son esprit.

 

-Que voulez-vous dire frère Gidéon ?

 

-Il est parfois des vérités qui doivent rester cachées, tu le sais certainement frère Gabriel, fit Gidéon en appuyant un peu sur la fin de sa phrase. Ceci dit, tu n'es pas comme Hostilius, et je crois pouvoir te parler sans détour. Bélial est un bon commandant, mais tout à l'heure, lorsque tu as parlé de « mourir pour sa gloire à lui et non celle de l'Empereur », j'ai le sentiment que cela sonnait atrocement juste. Je t'ai appuyé non seulement pour le bon sens de ta proposition, mais aussi parce qu'au fond, je pense à peu près la même chose. Je le répète, maître Bélial est un bon commandant, mais il a ses défauts et peut être est-il un peu trop... obstiné, dans le mauvais sens du terme, et cela se conjugue mal avec sa soif de gloire et son ambition. Il saura toujours où est la ligne rouge entre orthodoxie et hérésie, mais si cela peut le servir, il n'hésitera pas à la côtoyer.

 

Il eu un petit rire, et ajouta :

 

-C'est mal, n'est-ce pas, de parler ainsi dans le dos de notre chef bien-aimé ?

 

-Je ne sais pas si c'est mal, mais je ne vois pas complètement le rapport avec la mort de frère Abraxas.

 

-Eh bien, il se murmure parmi les anciens de la compagnie et quelques initiés du Cercle Intérieur que maître Bélial et lui étaient très proches, voire des proches tout court. Cette légende prétend qu'ils furent frères dans leur vie antérieure au Chapitre et que, au jour du recrutement, il n'y avait qu'une place pour l'un d'entre eux. On demanda à ces enfants de sept ans qui devrait survivre à l'autre et tous les deux se seraient serrés l'un contre l'autre en répondant qu'on les tue plutôt tous deux que l'un d'eux. Et, paraît-il, ils ne se sont jamais quittés depuis lors non plus. Je n'ai jamais prêté beaucoup de crédit à cette légende, elle peut très bien avoir été forgée a posteriori car il est vrai que pour ce que j'en sais, ils étaient très liés et ont eu de nombreux états de service ensemble. Je n'y ai jamais prêté beaucoup de crédit, jusqu'à aujourd'hui du moins. Pour ne rien te cacher, puisque nous en sommes là, je n'ai jamais vu maître Bélial dans un état pareil.

 

-Et vous craignez que ceci le porte à... à quelque action déraisonnable, comme de préférer mourir ici pour lui plutôt que détruire la centrale et se replier sur la chaîne de Koth ?

 

-Ou même qu'il cherche à se venger, par n'importe quel moyen. Je n'ai aucun moyen de le savoir, je te l'ai dis, c'est une situation inédite pour moi. Mais dans l'état actuel des choses, j'en viens de plus en plus à étudier les solutions à une situation dans laquelle maître Bélial ne serait plus là, physiquement ou mentalement.

 

Gabriel parut interloqué. Il n'aurai jamais imaginé qu'un Dark Angel puisse envisager une telle possibilité, douter à ce point de son supérieur. Gidéon dut le remarquer, car il poursuivit :

 

-J'ai deux-cent-cinquante ans de service à mon actif, je suis plus ancien que Bélial lui-même, j'ai de l'expérience et je sais ce qu'est le commandement, l'autorité et le pouvoir. C'est une lourde responsabilité, et, vois-tu, il implique d'aller toujours plus loin dans la réflexion, de dépasser les dogmes en les comprenant si intimement qu'ils finissent par se transcender d'eux-mêmes. Je ne suis qu'Apothicaire, mais tout comme Bethor ou dans une moindre mesure Atars, j'incarne la continuité du pouvoir et du commandement de la Troisième Compagnie, bien au-delà de maître Bélial. C'est toujours lui qui commande, mais c'est nous qui restons lorsqu'il n'est plus là, ou qui resteront lorsqu'il ne sera plus là. Et qui te seconderont lorsque le temps sera venu.

 

-Me seconder ?

 

-Te seconder.

 

-Frère Gidéon, vous... vous n'y pensez pas sérieusement ?

 

-Au contraire, je ne vois que toi pour suppléer à maître Bélial lorsque l'heure aura sonné.

 

-MFT-

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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 18:36

 

-Ici Raimer. Korbinian, faites attention, tout ceci n'est pas clair, je crains que nous ne donnions dans un guet-apens. Établissez solidement vos voies de repli et soyez sur vos gardes.

 

Le Champion de l'Empereur Korbinian acquiesça au conseil du Connétable. Tout comme lui, il redoutait un piège : leur progression était trop facile. Le Black Templar fit ralentir l'allure, et ordonna à ses hommes de se tenir paré à toute éventualité. Il prit dorénavant bien plus de temps à repérer les lieux, et à sécuriser chaque intersection, comme son maître l'en avait requis.

 

D'après les informations que lui relayait le Damoclès des Dark Angels, l'ennemi n'avait pas tout à fait mordu à l'appât, ou alors il disposait de réserves plus nombreuses que prévues. En tous les cas, il était clair que les hommes du Grand Maître Gabriel faisait face à une opposition bien plus féroce que les Templiers. Peut être était-ce pour mieux les attirer dans une embuscade ?

 

Quoiqu'il en était, la conquête devait continuer, et Korbinian et ses hommes, même ralentis, entendait bien mener leur mission jusqu'à son terme.

 

Korbinian fit le point quelques instants au croisement de deux couloirs, puis choisit d'agir en Templier et alla tout droit. Il déboucha sur une cour intérieur, fermée sur quatre côté par un cloître, surplombé par plusieurs étages dans lesquels de nombreuses fenêtres étaient percées. Elles s'illuminèrent toutes en même temps des terribles rayons d'énergie multi-phase. Il recula précipitamment derrière le couvert du mur.

 

-L'ennemi tente de nous barrer la route, dit-il en se retournant à ses hommes.

 

Les Black Templars eurent un petit rire sarcastique. Pauvres xenos !

 

-Escouade Procher, vous nous couvrez avec vos bolters. Escouade Steinmeier, avec moi, chargeons ! Pas de pitié pour cette racaille !

 

Les Space Marines se mirent en position. Au signal, une dizaine de bolter ouvrit un feu d'enfer sur les fenêtres, forçant les défenseurs à se jeter à l'abri. Levant sa longue Epée Noire, Korbinian hurla le cri de guerre du Chapitre et se lança à corps perdu, une vingtaine de Black Templars derrière lui. Ils traversèrent la cour au pas de course, sous une grêle de tirs épars. Quelques formes noires tombèrent à terre, mais c'était loin d'être suffisant pour arrêter la charge des Croisés. Ils pénétrèrent par la porte qui leur faisait face, et grimpèrent quatre à quatre les deux escaliers qui donnaient accès aux niveaux supérieurs. Les xenos tentèrent de se battre, mais la plupart refluèrent en désordre sous la violence de l'attaque. Ils ne s'attendaient tout simplement pas à voir charger sous leurs tirs meurtriers ces Astartes bien décidés. En quelques minutes, ils furent massacrés et taillés en pièce. Les murs dégoulinaient des gerbes de sang bleu.

 

Les attaquants continuèrent leur marche en avant, mais furent aussitôt bloqués par une nouvelle barricade dressée dans le couloir suivant. La résistance était plus âpre : peut-être le but était-il proche ?

 

Korbinian une nouvelle fois se rua à l'assaut. Quelques tirs rebondirent mollement sur l'Armure de la Foi, et il se saisit d'une grenade qu'il envoya par dessus la position retranchée. Au moment même où elle explosa, il empoigna une prise solide et se propulsait par dessus l'ouvrage hâtivement construit d'un bond agile malgré la lourdeur de son armure. Il atterrit dans un choc sourd et abattit l'Epée Noire sur le crâne d'un adversaire, qu'elle trancha en deux jusqu'à la cage thoracique. Quelques moulinets plus tard, tous les xenos étaient morts.

 

Les Templiers déblayèrent la barricade, puis continuèrent sur leur lancée. Un escalier qui descendait sous terre les intrigua et Korbinian, après l'avoir signalé sur la carte tactique, pris la décision de l'emprunter. Ils surgirent bientôt sur une porte blindée défendue par deux tourelles automatiques et une trentaine de guerriers xenos. Sans hésiter une seconde, les Croisés foncèrent et un corps à corps monstrueux s'engagea. Les hallebardes énergétiques de leurs opposants coupaient les armures comme du parchemin, mais les Croisés étaient plus forts, plus puissants et prirent rapidement le dessus. Deux tirs de fuseurs bien ajustés firent un sort aux canons. La porte blindée, en revanche, demanda plus de temps et il fallu placer plusieurs charges à fusion avant qu'elle ne cède. Ils avancèrent alors le long d'un couloir de béton, éclairé par d'antiques systèmes électriques. Korbinian comprit qu'il venait certainement de découvrir le bunker de commandement. Il chercha à relayer l'information mais elle ne parvint pas à passer, peut être à cause d'un brouillage ou tout simplement de la distance qui les séparait à présent de la surface...

 

Au fur et à mesure que ses hommes et lui déferlaient dans le bunker et balayaient toute opposition, il put noter que la résistance devenait de plus en plus désespérée. Pour autant qu'il soit possible de le dire avec ces étranges objets xenos, certains utilisaient des armes totalement improvisées, à ce qu'il semblait. En tous cas, plus aucun ne fuyait. C'était un signe que les Croisés touchaient au but.

 

Soudain, après un nouveau sas bien défendu, ils défoncèrent une dernière porte et apparurent dans ce qui paraissait être une salle de contrôle. Des dizaines de guerriers xenos se jetèrent sur eux avec une rage que Korbinian ne leur avait encore jamais vu. Les Black Templars, déjà bien éprouvés par près d'une heure de combat, chargèrent à corps perdus. Malgré leur constitution chétive, la technologie diabolique de leurs armes et le talent que ces guerriers-ci montraient au corps à corps compensait largement leur handicap physique.

 

Korbinian para une attaque puis une autre, une autre et encore une autre et se dégagea finalement d'un rapide mouvement de hanche. Il logea un bolt dans la cervelle d'un ennemi, et se rua sur un deuxième. Leur lames s'entrechoquèrent, mais sous les coups redoublés du Champion, le xenos finit par lâcher du terrain et le croisé fracassa son arme d'un redoutable coup de taille porté de haut en bas. Il ne laissa pas l'alien se remettre de sa surprise et lui passa son arme de part en part au travers du corps. Il lança un coup d'oeil à droite à gauche, autant pour chercher un adversaire digne d'être provoqué en duel que pour jauger la situation. Malgré leur vaillance, accablés sous le poids du nombre, les Templiers menaçaient de céder. Le duel attendrait. Korbinian devait renverser la balance à lui seul. Il planta son arme dans le dos d'un agresseur qui avait jeté à terre Frère Noxis et continua de s'ouvrir un chemin sanglant à travers les rangs de l'ennemi. Une hallebarde énergétique lui ouvrit un profond sillon dans le bras mais son possesseur ne vécut pas assez longtemps pour s'en vanter.

 

Il se démenait comme un beau diable. Peu à peu, grâce à ses efforts, il sentit l'avantage changer de camp. Il exhorta ses hommes de plus belle et chargea droit sur un xenos aux amples vêtements chamarrés. Son habit tranchait nettement, peut être était-ce le chef ?

 

Korbinian leva l'Epée Noire au dessus de sa tête et l'abattit avec une violence décuplée par la fureur du Juste. Son attaque rebondit sur un puissant champ de force, qui projeta les deux protagonistes les quatre fers au sol, à quelques mètres l'un de l'autre. Le Champion se releva, et repartit aussitôt à l'attaque. L'autre para à l'aide d'un long poignard incurvé, dont la dureté surprit l'Astartes. De l'autre main il tenait une grande rapière, avec laquelle il contre-attaqua. Il en bloqua l'Epée Noire, et avec une vivacité insoupçonnée, porta un coup subit de son poignard, droit vers le torse du Templier. La lame traversa et le champ protecteur et l'armure de Korbinian comme s'ils n'avaient jamais existé ! Il sentit la pointe dure s'enfoncer d'un puis deux puis trois centimètres dans son corps, mais dans un dernier et suprême effort de volonté, il produisit une brusque torsion et arracha l'arme des mains du xenos. La douleur lui fit lâcher un cri. Il para un revers de la rapière avec son épée, empoigna le manche du poignard et l'extraya dans un bruit écoeurant. Les drogues anti-douleur se répandaient dans son corps mais celle-ci restait intense. Il pria pour que l'Empereur lui accorde de tenir le coup. Alors, reprenant l'Epée Noire à deux mains, il frappa à coups redoublés, sa colère et son désir de vengeance multipliant ses forces. Bientôt, le champ protecteur adverse céda dans une explosion d'arcs électriques, et l'autre tomba à terre. Korbinian leva une dernière fois son arme, dirigeant la pointe vers le vaincu, saisit la garde à deux mains, et lui plongea sa lame bénie au travers de la gorge. L'autre laissa échapper un gargouillement tandis que son sang bleu ruisselait hors de sa bouche et sa plaie béante. Il y eu un moment de flottement dans les rangs ennemis, ce que les Templiers mirent à profit pour moissonner autant qu'ils le pouvaient au nom de l'Empereur. Mais cela ne dura que quelques instants, les défenseurs se reprirent et combattirent jusqu'au dernier. Les Black Templars pataugèrent bientôt dans un océan de fluide visqueux, de sang bleu et de viscères. Enjambant les corps démembrés, relevant leurs propres blessés et tués, ils traversèrent le centre de contrôle jusqu'à une porte décorée de symboles étranges.

 

Korbinian se saisit d'une charge à fusion, la posa sur la porte, l'arma et couru se mettre à l'abri. Dans une détonation cataclysmique, la porte vola en éclat. Quelques morceaux d'étoffes de très grands prix voltigèrent avec eux.

 

Le Champion entra dans l'ultime salle, ronde et luxueusement décorée de tentures de pourpre aux brocards d'or. En son centre se dressait un trône de grande taille, au dossier de marbre et aux accoudoirs de porphyre. Et sur ce trône était assis un géant dans une antique armure noire ornée de décorations gothiques, portant une longue robe de bure, à la capuche tirée sur la tête qui dévoilait à peine son menton. L'homme se releva, et un sourire sembla se dessiner sur ses lèvres, bien qu'elles ne fussent pas bien visibles. Une longue épée dans son fourreau apparut dans son dos, mais il n'y porta pas la main, pas plus qu'aux deux armes de poing rangées dans des holsters, qui pendaient à sa ceinture. Il prononça simplement d'une voix dans laquelle, de manière fort énigmatique, perçait une nuance de plaisir :

 

-Vous n'êtes pas les valets du Lion ? Comme c'est curieux...

 

Il se saisit lentement de ses pistolets. Instinctivement, tous les Templiers levèrent leurs armes vers lui et le mirent en joue. Mais sans même s'émouvoir de la forêt de canons rageurs qui lui faisaient front, l'homme tendit ses armes à Korbinian en lui présentant les manches. Il se rendait.

 

Korbinian, lui, était totalement surpris. Il ne s'était jamais attendu le moins du monde à trouver ici un Astartes, car indéniablement l'immense aura charismatique qui se dégageait de ce grand homme engoncé dans cette antique armure noire était celle d'un Astartes. De plus, il paraissait s'attendre à rencontrer les Fils du Lion, c'est à dire les Dark Angels... subitement lui revint en mémoire les hésitations du Grand Maître Dark Angel lorsque Raimer lui avait proposé son aide. Quelle était cette sinistre histoire ?

 

Korbinian n'hésita pas longtemps. Il désarma celui qui devait certainement être la Voix de l'Empereur, qui lui tendit aussitôt le fourreau et son épée. Il la prit également sans mot dire, puis fit un geste à ses hommes qui encadrèrent de très près le personnage et sortirent en l'escortant. Le Champion jeta un coup d'oeil à l'arme. Une très belle arme, manifestement, avec son pommeau à tête de lion, si bien sculptée qu'on l'eut cru prêt à bondir sur quiconque poserait le regard sur lui. La garde représentait une paire d'aile déployée comme si l'épée cherchait à prendre son envol. Korbinian admira le travail d'orfèvre fantastique réalisé le long de la lame, de la garde et de la poignée. Mais le plus étonnant était encore que cette épée si magnifique ne pesait pas le quart du poids de sa propre Epée Noire ! Il n'avait jamais vu pareille arme, et comprit très vite que c'était une véritable relique, un trésor des temps anciens. Il l'inspecta plus en détail et remarqua que courrait le long des deux ailes de la garde une fine inscription, gravée manifestement il y a bien longtemps, dans un haut gothique d'une pureté extraordinaire. Elle disait ceci : « Par ce don, mon fils, délivre en mon nom l'Humanité de l'esclavage ».

 

Korbinian réalisa qu'ils étaient tombés sur bien plus qu'ils ne pensaient. Sans hésiter un instant de plus, il envoya un message urgent à Raimer :

 

-Astartes sans héraldique capturé. Prisonnier d'importance vitale. Demande retrait d'urgence de la zone des combats et extraction pour escorter la prise sous bonne garde.

 

-MFT-

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 21:29

 

-Ah ! Frère Severian vous voilà enfin !

 

Gabriel sortit du Damoclès Dies Irae, l'air d'une intense réflexion mêlée d'inquiétude peint sur le visage. Il regarda l'Investigateur et lui posa fraternellement la main sur l'épaule.

 

-Que se passe-t-il Gabriel ? Quelles informations avez-vous ?

 

Le Grand Maître ne lui répondit pas tout de suite, mais il se tourna vers l'escouade Kardiel qui accompagnait Severian.

 

-Rendez-vous sur les coordonnées qui apparaissent sur vos écrans radars, frères, ordonna Gabriel aux Dark Angels, et reposez-vous pendant un quart d'heure. Puis mettez-vous en état d'alerte maximum, nous allons avoir de la visite sous peu. Nous avons encore une petite demie-heure avant que la déferlante ne nous tombe dessus, ajouta-t-il à l'adresse de Severian.

 

-C'est si grave que ça ?

 

-Apparemment il y a quelqu'un sur cette planète qui ne tient pas à nous y voir. Notre dispositif de détection signale une avance massive de nature non-identifiée, mais compte tenu des évènements de la journée il y a fort à parier que ces braves gens ne soient pas animés d'intentions amicales à notre égard.

 

-Alors il va nous falloir les arrêter. Les pauvres, ils ne savent pas ce qui les attend.

 

-Oui, l'ennui c'est que nous non plus. J'ai envoyé nos unités de la Ravenwing en reconnaissance, j'espère leur rapport d'ici quelques instants. Vous venez ? demanda Gabriel en pénétrant à nouveau dans Dies Irae.

 

Severian le suivit à l'intérieur. Les parois métalliques de l'habitacle reflétaient le vert luminescent des écrans de contrôle qui couvraient tout le mur de droite, donnant une allure un peu surnaturelle au poste de commandement mobile. Deux néons brillaient, leur lumière crûe tentant de rivaliser avec celle dégagée par les consoles. Quelques sacs et divers matériels de communication étaient entassés contre le fond du véhicule, à côté du sas menant au poste de pilotage. Frère Gamelion et Frère Ramirez, les deux opérateurs, étaient penchés sur les radars et ne les quittaient des yeux sauf pour couler un regard aux données opérationnelles des escouades.

 

-Toujours rien ? interrogea Gabriel.

 

-Non monseigneur. L'ennemi continue de progresser. Selon les relevés radars, l'escadron Ardael ne devrait pas tarder à trouver l'ennemi.

 

-L'adversaire dispose de forces impressionnantes en effet, observa Severian en se penchant par dessus l'épaule de Frère Ramirez.

 

Plus d'une centaine de marqueurs convergeaient vers l'Astroport d'Ottoma, le seul de la planète, que les Dark Angels avaient investis sitôt la première escarmouche. L'ennemi voulait le reprendre. Et il savait qu'il fallait en déloger les Fils du Lion sans tarder, tant qu'ils n'étaient pas encore solidement implantés. Severian ricana. Repousser les Dark Angels revenait à vouloir repousser une montagne avec les mains... Les minutes passèrent, et d'autres encore les suivirent. L'attente devenait anxieuse. L'escadron Ardael avait d'après les senseurs déjà établi au moins un contact visuel avec la colonne, alors pourquoi n'émettaient-ils toujours pas ?

 

Soudain, un bruit de moteurs lancés à toute allure, un bruit familier, monta depuis la route et grossit. Gabriel et Severian sortirent précipitamment. L'escadron Ardael revenait de toute la vitesse des puissants moteurs qui équipaient leurs motos. Le sergent intima manifestement l'ordre sur le canal d'escouade à ses hommes de regagner leurs quartiers et obliqua sur la droite pour stopper devant le Grand Maître. Il enleva son casque noir. Un visage énergique, aux traits anguleux, les cheveux coupés en une brosse grisâtre, apparut.

 

-Que se passe-t-il Frère Ardael, pour que vous rentriez sans m'avoir avertit de quoi que ce soit ?

 

-Monseigneur, j'ai lancé plusieurs messages mais je n'ai eu aucune réponse. Il y a quelque chose qui brouille totalement nos communications. L'ennemi marche sur nous, monseigneur, mais c'est incompréhensible. Il s'agit d'une compagnie entière de la Garde Impériale, mais malgré que je n'ai vu aucun signe manifeste de rébellion, insignes, peintures ou autres, ils ont ouvert le feu sitôt qu'ils nous ont vu.

 

-La Garde Impériale qui marche contre nous à présent... il ne manquait plus que ça pour clore cette journée de fous ! Quels sont leurs effectifs ?

 

-Pour autant que j'ai pu en juger, monseigneur, il y a là toute une compagnie qui monte à l'assaut et j'ai dénombré au moins deux escadrons de chars lourds. Si ma vue est toujours la même, je dirai qu'il y a au moins deux modèles Vanquisher, trois modèles standards et un Exterminator. Pour ce que j'en ai vu sûr. Je ne sais pas comment ils ont réussi mais ils nous ont assez vite repérés et ont tirer délibérément et sans sommations.

 

-Merci Frère Ardael. Demandez à Dies Irae de vous fournir vos nouveaux coordonnées et tenez-vous prêts à poursuivre les fuyards. Il n'y aura aucune pitié.

 

Ardael salua, remit son heaume et repartit rejoindre ses hommes.

 

-Nous n'avons plus de temps à perdre, dit Gabriel à Severian. Rejoignez l'escouade du sergent Kardiel, pour ma part j'irais au combat avec ma suite. L'ennemi ne va plus tarder. Nous allons garder les escouades cinq, six, sept, huit et dix en réserves, je ne tiens pas à les exposer plus que de raison. La suite des évènements peut encore se révéler plus confuse et nous aurons besoin d'effectifs frais pour palier à toute contingence.

 

L'Investigateur opina de la tête, et partit à son tour. Gabriel grimpa au sommet d'un des entrepôts du site. Un énorme nuage de poussière s'élevait en serpentant le long de la route qui montait à l'astroport. Il était difficile de se faire une idée précise de la taille de l'armée qui arrivait, mais le nuage qu'elle soulevait était éloquent, et Ardael était peut être encore en dessous de la vérité. Il s'attarda quelques instants pour détailler son dispositif. Compte tenu du nombre de l'ennemi, il allait falloir le faire jouer contre lui et puisqu'il était en position de choisir son terrain, l'amener à combattre dans un espace confiné. L'entrée de l'astroport d'Ottoma s'y prêtait bien, elle présentait un goulet qui passait le long de deux entrepôts similaire à celui sur lequel il se tenait en ce moment : deux longs blocs de plast-béton, prolongés par une plate-forme formant auvent destinée à protéger du climat les véhicules qui déchargeaient, et soutenues par deux massifs piliers. Quelques bâtiments épars, dont certains à l'état de ruine, désaffectés et plus entretenus depuis longtemps, laissés ouvert à tous les vents en plein milieu du site. Ses hommes s'étaient embusqués dans ceux qui offraient les meilleurs champs de tir, ses escouades mécanisées positionnés pour prendre de flanc l'adversaire sur sa gauche et balayer ensuite le champ de bataille comme un coup de faux. La mort, oui, la mort fauchera ces inconscients sans qu'ils ne puissent se défendre lorsque ses Dark Angels les écraseront entre marteau et enclume. Ardael et le Septième escadron poursuivrait alors les fuyards et n'en laisseraient plus un vivant.

 

Il descendit quatre à quatre l'escalier de métal, et rejoignit sa suite qui l'attendait, priant autour du petit autel aménagé dans l'habitacle du Razorback Magna Veritas, leur lieu de vie en campagne. Gabriel ouvrit son casier personnel, retira un cierge et le planta auprès des cinq autres devant la petite statuette de l'Empereur leur père. Il mit un genou à terre après l'avoir allumé, psalmodia quelques instants puis resta silencieux dans la prière. Ce ne fut que lorsque que l'ennemi fut signalé de visu qu'il se releva, bénit ses compagnons et se posta pour donner ses ordres.

 

Une première salve d'ordres se traduisit en une première salve de tirs, dévastatrice. Il sentit le véhicule se mettre en mouvement, et vérifia sur l'écran que les autres s'ébranlaient conformément à ses instructions. Au-dehors, sans la voir, il pouvait sentir la bataille, la percevoir par les messages radios qui emplissaient la caisse du char, par les changements de couleur qui affectaient les runes d'escouades sur son écran de contrôle. Tout un escadron de Leman Russ avançait en direction de ses lignes, crachant l'enfer par la gueule de leurs canons. Ils étaient accompagnés par l'équivalent d'une compagnie d'infanterie, qui se répandait sur son flanc droit. Deux autres Vanquishers furent finalement identifiés, qui couvraient l'avance des autres. La Neuvième escouade prélevait un lourd tribut dans les rangs adverses, mais le feu roulant qu'entretenaient les monstres d'acier l'amenuisait vite. Déjà un de ses Razorbacks brûlait sur le flanc droit, atteint par un obus. Les rayons d'énergie de ses canons lasers ricochaient sur l'énorme blindage frontal des chars.

 

-Aéronef en approche !

 

L'escouade de combat Celer signala un nouvel arrivant mais avant même qu'elle n'eut ajusté son lance-missiles sur la nouvelle cible, elle avait quasiment été annihilée par l'arsenal dont l'engin était bardé. La Vendetta plongea à couvert, mais le Révéré Makarios bascula ses autocanons sur les chargeurs d'obus anti-aériens et les mortels obus explosifs de trente-sept millimètres encadrèrent de leurs venimeux flocons noirs la cible. Plusieurs d'entre eux l'atteignirent, deux dans le réservoir de l'aile gauche et un autre en plein moteur. Un torrent de flammes se mit aussi à dévorer l'aile et la tuyère gauche explosa à peine une demie-seconde plus tard. Aussitôt l'aile se sépara de la carlingue dans une cascade de débris et de carburant enflammé. La Vendetta alla s'écraser en tournoyant sur elle-même et traversa le mur de l'entrepôt pour détoner à l'intérieur. Éventré, l'entrepôt s'écroula sur l'épave. L'action n'avait pas duré plus de quelques secondes.

 

D'un bout à l'autre du champ de bataille, les Dark Angels débarquaient de leurs transports pour exterminer les Gardes à bout portant. Mais l'ennemi rendait coup pour coup. L'escouade du Sergent Bellérophon anéantit une bande de va-nu-pieds vociférant mais elle fut presque aussitôt éparpillée par les obusiers des chars ennemis qui décimaient ses troupes. Severian et les hommes de Kardiel surgirent du Land Raider Ensis Nemesis et plongèrent au coeur du dispositif ennemi, balayant tout sur leur passage. Mais avec qu'ils ne puissent exploiter leur percée, Gabriel vit la rune de l'unité virer au rouge et s'éteindre. Seul subsistait le crâne qui symbolisait sur son écran le terrible Severian. Gabriel soupira de soulagement. Il vit que son vieil ami s'élançait à nouveau dans la mêlée, soutenu par le feu de l'escouade Zilées et des survivants de la Neuvième escouade. Lorsque soudain la radio lâcha :

 

-Des... des Black Templars nous attaquent !

 

Le cri de stupeur fut suivit d'un gargouillement tragique. La rune de la Neuvième escouade vacilla et disparu à son tour.

 

-Aurelianus ! Aurelianus répondez ! S'écria Gabriel.

 

Mais il n'eut pas le temps d'en dire plus. Plusieurs explosions fracassèrent le blindage du Magna Veritas et jetèrent à terre tous les Dark Angels. Des flammes furieuses se mirent à ravager l'intérieur. Les extincteurs automatiques vaporisèrent un brouillard de mousse si dense qu'il devint impossible aux Space Marines d'y voir quoi que ce fut.

 

-Sortez ! Sortez tous ! hurla Gabriel.

 

Il se remit debout et chargea la porte du poste de pilotage, qu'il défonça sous son poids. Il se saisit du malheureux conducteur, et le tira hors du piège mortel. Mais c'était déjà trop tard. Il prit conscience qu'il était mort alors qu'il le traînait vers Frère Zacharias, que Gidéon venait de délaisser pour se jeter à son tour dans la mêlée. Bethor et les autres étaient engagés dans un féroce corps à corps avec des ennemis en pyjama de bagnards. Il s'élança pour aller le rejoindre.

 

-Frère Gabriel, gardez-vous à droite !

 

Gabriel se retourna et vit que des soldats en armure carapace contournaient son véhicule en feu pour le mettre en joue. Il décida de laisser le soin à Bethor de massacrer ses adversaires et se rua lui-même sur ceux qui étaient certainement à l'origine de la mise hors d'état de son Razorback et de la mort de deux de ses amis.

 

-Faites donner la Cinquième escouade, ordonna-t-il à Frère Gidéon, qui continuait de relayer ses ordres.

 

Puis avec un terrible hurlement amplifié par ses puissants hauts-parleurs, il chargea les gardes qui lui tiraient frénétiquement dessus. Les lasers rebondirent sur son armure comme si on lui avait tiré dessus avec des fusils à bouchons. Il traversa une tornade de feu, qui le nimba d'une aura infernale alors qu'il parcourait les derniers mètres qui le séparait de ses proies.

 

-Pour l'Empereur, lança l'une d'elle en allumant une lame énergétique.

 

-Repends-toi, traître !

 

Le sergent n'eut même pas le temps de porter son attaque que déjà Gabriel l'empalait sur Absolution. Il brisa les cervicales d'un autre d'un revers de manchette. Les gardes tentaient de l'attaquer avec leurs baïonnettes mais il ne fallut aucun effort à Gabriel pour les achever tous. Quelques égratignures avaient abîmé la peinture vert sombre de son armure, mais rien d'autre. Il laissa là le tas de cadavres, tourna la tête et aperçu précisément un faisceau laser bleu partir de ce qu'il supposa être un des véhicules qui réalisait la manoeuvre de flanc, bien qu'il soit encore hors de vue. Sans doute ouvrait-il le feu sur les arrières de l'escadron ennemi. Il rejoignit l'escouade Bethor, qui avait exécuté les fous qui s'étaient dressés en travers de son chemin et jeta un coup d'oeil au dehors. Devant l'autre entrepôt, en face, Severian entouré d'une foule d'ennemis faisait gicler sang et humeurs, son Crozius Arcanum crépitait d'étincelles et d'éclaboussures de sang grillé. Les Leman Russ avait dépassé son petit groupe, et continuaient de tirer à bout portant sur toutes les cibles qu'ils trouvaient. Gabriel avisa rapidement le petit écran tactique de son casque. Constatant qu'il ne restait en fait de fantassins face à lui que des cadavres, il ordonna à l'escouade de chasseurs de chars du Sergent Clostermann de s'attaquer au véhicules de soutien avec l'appui du Vénérable Abannias. Puis il s'élança à la poursuite des chars avec ses compagnons. Quelques tirs de fusils lasers voltigèrent à nouveau autour d'eux, et Gabriel constata qu'un nouveau peloton arrivait. Ils allaient avoir le bonheur de faire la connaissance du lance-flammes lourd d'Abannias, qui, il n'en doutait pas un instant, les accueillerait chaleureusement...

 

Les cinq Dark Angels couraient à l'assaut des Leman Russ, qui n'avaient pas encore perçus le danger qui les menaçaient. Et pour cause. Devant eux Ensis Nemesis les chargeait lui aussi. De toute la puissance que leur procuraient ses énormes moteurs, ses monstrueuses chenilles avalaient le terrain qui le séparait des béhémoths. Derrière lui, Makarios pulvérisa de ses autocanons quelques malheureux gardes qui se rapprochaient de lui à toute jambe, cherchant à se mettre à portée utile pour utiliser leurs fuseurs. Ils disparurent dans un brouillard rouge sang.

 

Ensis Nemesisessuya une salve des puissants obusiers des chars sans s'en laisser compter, et s'inséra comme un un coin vert entre les deux chars de tête. Le premier fut traversé de part en part d'un tir de ses canons laser jumelés gauche. Le deuxième fit une embardée lorsque ses chenilles droite sautèrent. Gabriel le désigna simplement de la main droite et aussitôt ses vétérans se portèrent vers lui pour l'achever à la bombe à fusion. Quant à lui, il prit le nouveau bolter-fuseur des mains de son serviteur encapuchonné qui lui avait été offert en cadeau par le Maître Suprême Azraël lui-même. Il arma le système antichar, épaula et appuya aussitôt sur la détente. La boule de feu qu'il projeta alla s'écraser entre les deux tuyères d'échappement du blindé. La déflagration simultanée de sa cible et de celle de Bethor illumina les combats d'une lumière si intense qu'elle força tous les combattants à se couvrir les yeux. D'énormes flammes s'élevèrent dans le crépuscule tandis que la tourelle du char qu'il avait détruit retombait, écrasant trois gardes qui fuyaient.

 

L'ennemi refluait, quoiqu'en assez bon ordre. Son moral n'était pas encore tout à fait brisé, bien que la perte de sa principale formation blindée acheva de mettre un terme à ses illusions.

 

-Nous allons remédier à cela, se dit le Grand Maître. A vous de jouer Ardael ! lança-t-il par le canal général.

 

Quelques instants plus tard les sifflements des turbomoteurs lancés à plein régime des Land Speeder signalèrent le passage de ceux-ci en trombe. Les rapides antigraves survolèrent le champ de bataille à toute vitesse, lâchant des chapelets de traçantes qui labouraient la terre loin devant eux et fauchaient des grappes entières de soldats. Le retraite se transforma vite en déroute. Les motards d'Ardael serraient de près les fuyards. Le Typhoon Ius Gladii tira quelques missiles en direction des chars qui tentaient de s'échapper. La scène était tragique, les soldats se faisaient écraser par les tanks qui ne se souciaient guère que d'échapper à leur destruction. Gabriel se détourna. C'était fini.

 

Il n'eut pas besoin de demander à Gidéon de s'occuper des blessés, le brave apothicaire courait de l'un à l'autre procurer des soins ou la paix de l'Empereur aux nécessiteux. Cela ne l'empêchait pas non plus d'exécuter au passage les ennemis blessés qui couvraient le terrain et se trainaient en demandant grâce. Pas de pardon, pas de rémission. Gabriel se dirigea vers Severian. L'Investigateur était recouvert de sang, sa bure maculée de traces sordides ne laissait même plus deviner qu'elle avait put être blanche à l'origine. Une partie de son armure était même calcinée, de ce qui ressemblait fort à l'impact d'un tir de plasma, mais le vieil Astartes tenait toujours fièrement debout.

 

-Qu'est-ce que c'étaient que ces histoires de Black Templars ?

 

-Je n'en sais rien, répondit Gabriel, mais nous allons tout de suite nous en rendre compte.

 

A grand pas, ils se portèrent vers la dernière position connue de la Neuvième Escouade. Elle s'était tapie dans un petit bâtiment en ruine, et avait mis à mal de ses tirs précis les pelotons de l'ennemi. Ils longèrent un autre Leman Russ qui se consumaient avec fracas dans un amas de gravas et de poutrelles tordues, un Administratum qu'il avait démoli sans mal de sa masse énorme.

 

-Et lui, demanda le Grand Maître en appuyant sa question d'un geste du menton dans la direction du mastodonte.

 

-C'est Auctoritas Augusti qui l'a eu. Un bougre de tir bien placé. Mais notre bon Prédator est hors d'usage. Je crois d'ailleurs apercevoir Harridan qui s'en occupe.

 

En effet, ils passèrent à côté de lui, lequel salua de la tête tant il était occupé par son travail. Enfin, ils trouvèrent le Sergent Daniel qui avait établi un solide périmètre de sécurité autour du bâtiment. Lui aussi salua les officiers puis leur désigna de la main une dizaine de cadavres.

 

-Lorsque j'ai entendu l'appel de Frère Socius, j'ai pris l'initiative de me porter à la rescousse. Mais je suis désolé, ils sont tous morts.

 

Severian esquissa un mouvement de réprimande mais Gabriel leva la main et il n'en dit rien. Il inspecta les corps. C'était bien des Templiers, c'était indéniable. Les croix blanches sur les épaulières étaient déjà éloquentes mais il pouvait toujours s'agir de contrefaçon. La facture incontestablement impériale et post-hérésie de leurs armures était néanmoins en soit suffisamment probante.

 

-Vous avez fait ce que vous avez pu, ne vous morigénez pas, dit Gabriel. Il est dommage que nous n'ayons pu n'en capturer aucun, mais c'est le hasard du combat.

 

Il bascula sur le canal privé.

 

-Je vais demander à l'Apothecarion d'étudier ces dépouilles. Cela pourra peut être nous apprendre quelque chose. Et il nous reste vos deux prises de choix du début de la journée.

 

-Ceux-là... Ils vont en avoir des choses à me dire lorsque j'en aurais fini avec eux. Cela fait beaucoup trop de questions sans réponses pour cette seule maudite planète.

 

-MFT-

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 12:55

 

Aussi loin que portait le regard, on ne voyait que désolation. Assis sur le haut de la caisse du Razorback Magna Veritas, Gabriel laissait vagabonder son regard sur les alentours de la centrale électrique de Kadillus Harbour. Il fourbissait son épée. Elle devait être prête pour le prochain combat, qui ne saurait tarder à venir. Le jeune champion de la Troisième Compagnie savait qu'il ne tarderait pas. Il en était ainsi depuis deux semaines, il n'y avait aucune raison qu'il en aille autrement ce soir encore. Un Dark Angel n'était jamais fatigué de combattre. Mais il pouvait être fatigué physiquement. Malgré toute son endurance, deux semaines de combats de rues acharnés, brutaux, vicieux, répétés à une cadence humainement insupportable, l'avaient complètement épuisé. L'usage de son nodule cataleptique, des drogues de combat et de l'adrénaline de synthèse avait un coût douloureux, qui le laissait bien las. Ses muscles étaient lourds, ses mouvements mus par un automatisme issu de soixante-dix ans d'entraînement et de combats étaient moins vifs et s'accomplissaient sans entrain. Son moral n'était pas atteint, son envie de tuer les ennemis de l'Empereur toujours aussi furieuse qu'au premier jour, mais son corps, bien que génétiquement amélioré, commençait à atteindre le point de rupture. Il en était réduit à laisser ses membres accomplirent les gestes rituels sans y réfléchir, car se concentrer l'empêchait de se reposer. Il laissait ses yeux courir sans fin sur l'horizon.

 

L'horizon qu'il inspectait sans relâche rougeoyait sous le double éclairage du soleil couchant et des incendies montant de centaines d'épaves dispersées un peu partout. Les carcasses de véhicules et de peaux vertes semblaient constituer un horizon indépassable. Des colonnes d'âcre fumée noire s'élevait d'une multitude de débris. De temps à autres, parce que les flammes atteignaient un magasin ou un réservoir plein, l'un de ces tas de débris explosait tel un volcan en éruption, faisant voler à la ronde des pièces calcinées, des poutrelles tordues, tout un ensemble de choses bizarres qui allaient s'écraser aux alentours en des amas hétéroclites. Parfois, dans la corolle noire du champignon, des flammes tourbillonnaient, apparaissent et disparaissaient tout aussi subitement, parfois même continuaient de brûler haut dans le ciel quand elles trouvaient un combustible sur lequel alimenter leur appétit vorace.

 

Le jour tombait, mais si le ciel s'assombrissait, l'horizon, lui restait toujours aussi rouge, aussi intense. Les spires noires se confondaient avec le crépuscule et la scène produisait une image encore plus infernale : les silhouettes se découpaient sur les flammes, faisaient émerger ici un angle bizarre à la jonction de deux plaques de tôles soudées n'importe comment, là une cheminée, là une forme anthropoïde, celle d'orks qui avaient été pris au piège dans leurs véhicules et qui se consumaient depuis longtemps.

 

A côté de Gabriel, un déclic métallique se fit entendre et la trappe du tourelleau s'ouvrit. Frère Hostilus passa la tête hors du véhicule, jeta un bref regard sur les alentours, puis se hissa hors du poste de conduite.

 

-Quoi de neuf ? demanda-t-il.

 

-Rien pour l'instant. Il commence à peine à faire nuit mais on y voit comme en plein jour, et c'est parti pour durer, tant ces incendies ont l'air inépuisables. Je pensais allumer bientôt le projecteur.

 

-C'est précisément ce que j'étais venu faire, fit Hostilius. Frère Harridan a trop à faire avec le Vénérable Kleomen pour s'occuper d'un misérable projecteur.

 

Il se dirigea vers l'engin, le démarra et balaya les environs avec le puissant faisceau. Depuis qu'une roquette primitive avait atteint le brave transport, rien n'allait plus comme avant. Il roulait toujours, son système de tir fonctionnait encore mais il avait fallu forcer l'Esprit de la machine du véhicule et ce dernier le faisait savoir en renâclant autant qu'il le pouvait. Sans doute espérait-il un peu plus de commisération, mais tous les soins des Techmarines étaient concentrés sur des priorités plus urgentes. Près de la moitié des véhicules de l'expédition étaient hors de combat, et la quasi-totalité du reste ne tarderaient guère à le devenir à leur tour s'ils n'était pas l'objet de soins constants et acharnés de la part des frères spécialisés dans le service de l'Esprit. Une grossière charge antichar ork avait par exemple laissé le Dreadnought Vénérable de la Compagnie totalement paraplégique, et tous les moyens et le temps que pouvaient consacrer Frère Harridan et ses acolytes aux machines lui étaient dédiés. Malheureusement il n'était que le premier d'une longue file d'attente...

 

Les membres de l'escouade de commandement de Belial en était réduit à tenter d'apaiser l'Esprit courroucé de leur Razorback avec les moyens du bord, les quelques formules et gestes simples qu'ils avaient appris. Mais il semblait en falloir bien plus qu'ils ne pouvaient faire et ne parvenaient à tirer de lui que le strict minimum. Sans doute celui-ci avait-il compris qu'il était le cadet des soucis des prêtres de la Machine, et il manifestait ostensiblement son désaccord. Hostilius promena de nouveau le faisceau sur les carcasses sinistres, puis éteignit le projecteur afin de ne pas user inutilement la batterie et tenter de faire comprendre à Magna Veritas qu'ils voulaient l'économiser, qu'ils faisaient de leur mieux pour le soulager. Mais les quatre tuyères d'échappement ne laissèrent saisir aucun signe qu'on put suspecter d'être de la reconnaissance, aucun grincement ni ronronnement particulier du moteur ne trahit une quelconque marque de gratitude. Hostilius haussa les épaules, et redescendit par là où il était monté.

 

Gabriel se retrouva à nouveau seul, fixant le désert de cendre par lequel arrivait depuis deux semaines des vagues croissantes de peaux-vertes. A présent que ses yeux s'étaient habitués à la pénombre ambiante il pouvait repenser aux évènements de ces quinze derniers jours pendant que la partie professionnelle de son cerveau inspectait sans cesse le terrain avec attention. C'était au retour d'une mission accomplie que la Troisième compagnie avait fait escale sur Piscina IV, un des traditionnels mondes de recrutement du Chapitre. Un monde paradoxal, dans lequel la moitié de la population vivait dans des villes bourdonnantes d'activité, conforme aux standards de l'Imperium, tandis que l'autre moitié était constituée de rudes montagnards nomades, peuple de chasseurs-cueilleurs dont la principale fonction était de fournir une part de leur chasse à des marchands qui approvisionnaient les villes de la planète d'une viande d'une très grande qualité énergétique. Ces montagnards restaient une population aux standards de vie très primitifs, ce qui avait plu aux Dark Angels qui venaient tous les quinze ans chercher de nouvelles recrues parmi eux, et parfois plus souvent lorsque le besoin s'en faisait sentir ou que l'occasion se présentait. Piscina était une planète qui ressemblait à un enchevêtrement de chaînes de montagnes émergées des océans grisâtres de la planète. Quelques plaines côtières et de nombreux plateaux, et surtout des matériaux rares qu'il fallait extraire du fond des mers. Peut être étaient-ce ces derniers que les Big Boss ork Ghazkull et Nazdreg voulaient s'approprier ?

 

Ils avaient surgis du Warp une semaine après l'arrivée des Dark Angels. Leurs deux flottes coalisées, organisées autour de deux gigantesques Space Hulks, avaient contraint sans difficulté le Winged Vengeance et sa flottille d'accompagnement à battre en retraite et aller quérir du renfort sur ordre de Belial. L'équipage prit le temps de débarquer le maximum de matériel possible puis s'échappa en direction du Roc, talonné par plusieurs bâtiments orks. Il ne faisait pas de doutes qu'il se tirerait d'affaire, se dit Gabriel, optimiste par nécessité. Il le fallait. Trop de frères étaient tombés pour que ce sacrifice soit vain. La moitié de l'expédition, pour être exact. Il n'y avait plus que cinq scouts, par contingence stratégique, tous les autres avaient été intégrés par Belial dans les escouades de frère de batailles tant les besoins en hommes étaient grands. Frère Gideon ne savait presque plus où stocker les glandes progénoïdes, le dernier legs des morts au Chapitre.

 

Piscina n'était que faiblement défendue en temps normal, et serait déjà tombée depuis longtemps aux mains des peaux vertes si la Troisième Compagnie ne s'était pas trouvée sur place. Les orks avaient clairement pour objectifs les centrales électriques de la planète, au nombre de cinq. Deux étaient déjà entre leurs mains, et plusieurs villes avaient été pillées, leurs populations réduites en esclavage par les peaux-vertes pour leurs industries de guerre. Mais pourquoi les orks cherchaient-ils à s'assurer par tous les moyens des sources d'approvisionnement en énergie ? Leurs Hulks en orbite devaient déjà regorger d'usines et de centrales pour les faire tourner. Alors pourquoi ? Capturer ces centrales ne pouvaient être le seul objectif des deux chefs de guerre. Alors les métaux précieux ? Peut être, mais pour autant qu'il sache, Gabriel ne se rappelait pas que les orks semblaient vraiment faire la différence entre les matériaux, à part peut être entre les conducteurs et les inflammables... question sans réponse pour l'instant. De toutes façons, quelque soit leur but final, l'objectif présent était clair : la possession des générateurs. Kadillus Harbour à lui seul représentait le double des quatre autres réunies. C'était celle-là qu'il fallait défendre. Ce que Maître Belial avait compris.

 

Belial. Depuis maintenant une semaine qu'il le côtoyait, son supérieur apparaissait à Gabriel sous un jour différent de qu'il avait été jusqu'à présent. Jusque là, il avait toujours vu le Maître de sa compagnie comme une sorte de dieu vivant, pas l'égal de l'Empereur, ni du Primarque ni même d'Azrael mais tout de même comme un génie militaire dont chaque décision était mûrement réfléchie, pesée, tirée toute lumineuse de son esprit avisé. Un Astartes aux capacités physiques et d'analyse hors du commun. Cette carrure olympienne était restée intacte, immaculée, malgré toutes les épreuves que la Troisième Compagnie avait pu traverser sous son commandement. Néanmoins, une fois entré dans la Première escouade, Gabriel avait approché un peu plus le personnage. Il l'avait suivi dans plusieurs actions difficiles. Compte tenu de sa place, il avait accès à quelques informations supplémentaires et était à même de commencer à juger la pertinence des plans de son supérieur. L'impression de malaise qu'il commençait à ressentir vis à vis de certains des actes de Belial ne fit que s'amplifier lorsqu'il intégra sa garde rapprochée.

 

Ce n'était pas que Belial était faux. Il était effectivement un grand personnage, un combattant doué et expérimenté. Ce n'était pas non plus que ses conseillers soient tout pour lui. Si en effet Gabriel avait assez vite compris que les conseillers de Belial jouaient un rôle certain auprès de leur chef, ce qui écornait un peu l'image du chef militaire clairvoyant qu'il s'était forgé de lui dans les premiers temps, Belial était loin d'être dénué d'esprit de décision ou d'initiative. Du reste, jamais il n'aurait atteint cet échelon dans la hiérarchie du Chapitre si cela n'avait pas été le cas. Non. C'était plutôt qu'il prenait des décisions discutables par leur caractère acharnées, de loin trop obstinés. Gabriel était un Dark Angel : il tiendrait sa position envers et contre tout si on le lui ordonnait. Mais cela ne l'empêchait pas à présent de critiquer pour lui-même certains ordres de ce genre. Il est de très nombreuses situations ou n'importe quel autre Chapitre que les Dark Angels auraient abandonnés leurs positions pour un repli stratégique. Mais il en était parfois aussi où tenir la position à tout prix n'était pas la meilleure solution parce qu'elle ne pouvait déboucher sur rien. Cette guerre autour de Kadillus Harbour en était l'exemple parfait. Les Dark Angels restaient sur place et se faisaient lentement laminés sans appuis, ni possibilité d'en apporter ailleurs, tandis que les forces de l'adversaire ne faisaient que croître à chaque engagement. A ce rythme là, le Winged Vengeance ne pourrait jamais revenir à temps avec des renforts, et les Dark Angels ne pourraient tout simplement plus reprendre la planète. Pour Gabriel, la solution était claire : abandonner Kadillus Harbour et se retrancher dans les montagnes, dans lesquelles les orks ne pourraient plus jouir de l'avantage du nombre, dans lesquels les usines situées sur le plateau pourraient fournir ou réparer du matériel aux Dark Angels, alimentés par les sources d'énergies dont la Troisième Compagnie disposait en nombre suffisant. On pourrait tenir dans ces montagnes bien assez longtemps pour que le Winged Vengeance fasse deux fois l'aller-retour, et prendre en tenaille les orks. Mais non, pour Belial il n'en était pas question et évoquer la question n'était absolument plus possible devant lui. Il n'avait qu'un mot à la bouche : tenir, tenir, tenir !

 

Au fond, Gabriel commençait à voir son chef d'un autre œil. Pénétrer dans l'intimité en quelque sorte du grand homme était un honneur et une malédiction. Quand Belial lui proposa la place de Frère Torqatus après que celui-ci eut été coupé en deux par la pinc' énergétique d'un nob ork lors d'un engagement particulièrement violent, il avait accepté avec joie tant l'honneur qui lui était fait était grand ! Être nommé champion de sa compagnie après n'avoir passé que quatre mois au sein de l'escouade de vétérans de celle-ci était exceptionnel, et il n'était pas certain que les annales du Chapitre ait conservé un autre exemple d'une telle ascension. Il n'était pas certain non plus que jamais une compagnie n'eut connu de situation plus précaire : jamais les pertes de la Troisième Compagnie n'avait été si conséquentes. Mais il demeurait que sa trajectoire au sein du Chapitre avait été fulgurante et Gabriel, bien que sa tâche soit surtout guerrière au sein de la suite de Belial, était régulièrement consulté par celui-ci sur des questions de stratégie, au même titre que des frères plus expérimentés que lui que Belial avait choisi avec précaution longtemps auparavant.

 

Plus il voyait Belial commander, prendre ses décisions, partir au combat, plus il voyait les défauts de celui-ci. Il était peut être un grand chef de guerre, mais il était aussi un carriériste, un homme orgueilleux qui chercherait toujours à se mettre en avant, un homme qui n'avait pas peur de la démesure lorsque celle-ci pouvait servir ses plans ou sa gloire, un homme pour qui la renommée était autant une fin qu'un moyen d'accéder à de toujours plus hautes charges. Un homme qui n'hésiterait pas par exemple à tenir jusqu'au dernier Dark Angel une centrale énergétique qui n'était plus prioritaire compte tenu de la situation actuelle, dans le seul but de se faire bien voir ou de mourir au sommet de sa gloire, cette mort dut-elle ne rien apporter du tout ni au Chapitre, ni à l'Imperium. Tenir, oui, jusqu'au bout, mais pour quelque chose. Quelque chose qui en valu plus la peine qu'une once de gloire supplémentaire pour Belial.

 

Gabriel frissonna. Ses pensées avaient quelque chose de séditieux, un relent d'hérésie peut être. Mais pourtant elles existaient, et Gabriel avait eu beau juré de toujours garder sa confiance dans ses supérieurs, il ne pouvait empêcher son esprit de courir et remuer ses réflexions amères. Il mourrait pour Belial si celui-ci lui ordonnait, mais cela n'empêchait pas qu'il souhaita à l'instant fatidique que cela serve autre chose que la gloire de celui-ci. Cruel paradoxe, cruelle contradiction sans doute mais cela ne l'entraverait pas dans son devoir ni dans aucune action. Tant qu'il n'aurait pas le pouvoir de le décider, il devait accepter de mourir en vain. Et au rythme où allaient les choses sur Piscina, c'était le sort qu'il finirait par connaître sous peu, comme certainement tous les frères qui avaient survécus jusqu'ici à la moitié des autres.

 

La nuit était à présent totalement tombée. Les divers incendies continuaient d'éclairer les ténèbres. Les charognards se repaissaient des corps des peaux vertes. Fallait-il qu'ils soient mal nourris ! sourit Gabriel. Mais son sourire retomba aussitôt. Son oeil expérimenté avait cru déceler un mouvement insolite et inattendu. Rapportant la chose sur le canal d'escouade, il entreprit d'insepcter la zone après avoir lancé le projecteur. Frère Hostilius apparu à nouveau à travers la trappe et s'approcha de Gabriel tandis que celui-ci promenait le faisceau avec attention, scrutant les alentours. Rien ne bougeait plus.

 

-Cela m'étonnerait bien qu'il n'y ait rien là-bas, dit-il.

 

-Je vais réveiller maître Belial, répondit Hostilius. Il avisera.

 

-Très bien, mais préviens les autres escouades sur le canal général de se tenir en alerte. Je n'aime vraiment pas ça.

 

Hostilius redescendit. Gabriel repassa le pinceau de lumière et revint subitement en arrière, par ruse. Le cercle de lumière donna en plein sur le visage d'un ork, totalement ébloui par les kilowatts qui le frappaient de plein fouet.

 

-Alarme ! hurla-t-il, tout le monde, à son poste ! Des Kommandos !

 

Se sachant découvert, ces derniers descendaient en vociférant leurs gutturaux cris de guerre de la colline qui faisait face à la centrale. Gabriel sauta à terre alors que le Razorback se mettait en mouvement et que les bolters lourds de Magna Veritas entraient en action, envoyant une tornade de projectiles dans la vague et une masse impressionnante de grosses douilles en tous sens.

 

Gabriel, son épée à la main, son bouclier dans l'autre, faisait quelques moulinets pour échauffer son poignet pendant les quelques minutes qui restaient avant que la horde soit sur eux. Belial et le reste de l'escouade de commandement le rejoint. Les Rhinos débarquaient les escouades sur leurs positions de combats, tout le dispositif des Dark Angels se mettait en place avec une précision superbe. Les orks se rapprochaient encore, tirant de leurs armes primitives des rafales inoffensives. Quelques roketts allèrent se perdre dans le décor. Une, deux, trois dizaines de pas en plus, et les Spaces Marines ouvrirent le feu à leur tour, tissant un rideau de bolts infranchissables. L'élan de l'attaque fut stoppée nette, les premiers rangs furent fauchés d'un seul mouvement. Leurs camarades escaladèrent les amas de corps, mais à peine une tête dépassait-elle qu'elle se volatilisait sous l'impact d'un bolt. Les kommandos finirent par perdre confiance et refluèrent en désordre.

 

-Cessez-le-feu ! ordonna Belial de sa voix de stentor, cessez-le-feu ! Economisez vos munitions, ce n'était qu'une reconnaissance en force ! Rechargez et remontez dans vos véhicules. Nous nous replions sur nos positions secondaires. Je sens venir le barrage d'artillerie, confia-t-il à Gabriel.

 

Comme pour lui donner raison, le fracas d'une salve de canons lourds se fit entendre au loin, suivis moins d'une minute plus tard par le sifflement des obus. Ils frappèrent trop court, pulvérisant les cadavres de la première vague et ceux qui agonisaient encore. A l'abri dans leurs transports, les Dark Angels regardèrent les terrifiantes explosions retourner des positions dans lesquelles ils ne se trouvaient plus, transformant encore un peu plus le paysage en un amoncellement terriblement confus de poutrelles et de ruines.

 

-MFT-

 

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 20:04

Après ce très bon tournoi de la Ludothèque de Boulogne, de son petit nom Maelstrom, difficile de rassembler toutes mes idées et souvenirs en quelque chose de cohérent. D'autant que le format réduit de 1000pts permettait quatre parties le samedi et la grosse partie Apocalypse à 3600pts fut un événement très dense.

Pour commencer je me dois de féliciter à nouveau Aesta qui nous a mitonné un petit film court mais tellement drôle qu'en quatre jours j'ai du le voir dix fois dont plusieurs d'affilées ! Et évidement à Caius Pertinax pour son rôle de Big Chief qui lui va si bien (on verra à la fin de la partie Apocalypse pourquoi).

Je jouais personnellement en tant que champignon une liste axée sur la baïonnette, un peloton à 4 escouades + QG mélangeant lances-flammes et lances-patate, le QG avec une arme énergétique, un médic et trois fuseurs. Dix vétérans menés par le Sergent Baltchinov (Bastonne) bourrés de lance-flammes, de fusils lasers et de bombes à fusion (et d'une charge de démo que j'ai passé tout le tournoi à oublier avec application). Ceux-ci embarquaient dans une Vendetta. Dix Spetnaz (troupes de choc) avec une arme énergétique, un lance-flammes et un fuseur. Et l'innénarable Sergent Tupolev en guise de soldat Marbo. L'ensemble était mené au combat par le démagogue Trofim Denissovitch Lyssenko,  recruté dans d'obscures conditions (au sens propre comme figuré) par Pertinax le Déchu pour une mission secrète : semer le désordre pour mener à bien ses plans après avoir acquis à sa cause l'une des batteries orbitales planétaires.

Première partie, j'affronte Yenna et ses sympathiques orkesses, dans un scénario de capture d'objectifs et déploiement en quarts de table croisés. Je déploie mes 45 fantassins dans une ruine, formant un monstrueux bastion humain hérissé de baïonnettes ! Mais Mme Yen maîtrise très mal sa liste, et manque de chance, ce qui produit des situations embarrassantes comme 12 orks qui arrivent sur la table sans leur truck, oublié quelque part sur la route, qui prennent une volée de tirs de fusils lasers et de lance-patate, subissent trois pertes et sortent de la table (sans doute pour aller chercher leur truck). Bref la partie est bonne enfant mais malheureusement à sens unique, ma vague humaine pliant sous ses rafales de F3 PA- les peaux-vertes. La Vendetta sème la désolation et attire les rokett sans mal, mes troupes de choc périssent broyées par les pinces des méganobz qu'ils ne parviennent pas à arrêter. Je gagne 2 objos à zéro.

Deuxième partie, j'affronte le joueur tampon du tournoi qui remplace Alaric dans la team vénérable, lequel aligne presque autant d'eldars à pied que moi de fantassins, et un seul Seigneur fantôme : par ses temps de commémoration du 11 Novembre, nous allons rejouer 14-18 à notre manière. La partie est très tendue, les deux armées se rendent coup pour coup mais mes réserves attendent le dernier tour pour poindre le nez et s'avèrent totalement inutiles, surtout Tupolev qui a patiemment attendu qu'il n'y ait plus un seul fantassin impérial pour faire son apparition. Mon adversaire a surtout eu la chance de réussir deux charges désespérées à un micropoil de centimètres et voilà mes escouades engluées dans des closes qu'elles ne peuvent pas gagner. J'ai quand même la satisfaction d'embrocher sur mes baïonnettes 5 Arlequins avant même qu'ils n'aient le temps de frapper ! Je finis table-rasé, avec un petit goût amer au fond de la bouche. De manière générale, la chance ne sera pas avec l'équipe sur l'ensemble du tournoi. Ce fut néanmoins une très belle partie entre deux armées atypiques !

Troisième partie face à de l'Iron Warrior mécanisé. Un gros décor me gène la moitié de la table et lui a un gros vindic, des berserks et pleins d'élus bourrés de lance-flammes en attaque de flanc dans des rhinos, bref l'armée spécialement taillée pour m'aplatir. J'ai beau récupérer les objectifs mobiles et établir un camp retranché dans une large ruine, envoyer tout et n'importe quoi sur le Vindicator et les blindés, je ne parviens pas à faire grand chose et mon bastion est emporté lorsque ses 4 lances-flammes apparaissent au même tour sur le bon flanc... mes vétérans parviennent néanmoins à tirer un objectif, exploser le vindic et un rhino dangereux à la bombe à fusion sans même le faire péter sur du 6, et mes troupes de choc tiennent l'occasion d'arracher l'égalité lorsqu'elles se parachutent depuis la Valkyrie grâce aux filins de rappel pour aller ruiner la petite unité de SMC qui tenaient le quatrième objo. Malheureusement une fois encore la chance ne sourit pas à mes coups audacieux (quel est l'idiot qui a dit que la fortune souriait aux audacieux ?) et mes tirs pourtant assez efficaces d'habitude ne parviennent qu'à tuer deux marines sur trois... je perds à nouveau la partie, mais avec moins de regrets car je pouvais difficilement gagner cette partie-ci.

Quatrième partie et dernière en solo face à des Red Scorpions mécanisés. Là aussi la tâche paraît ardue, il y a cinq objos à activer/désactiver sur le terrain. Mais mon adversaire, un waagheux dont j'ai oublié le nom, a fait sa liste un peu au feeling sans se soucier de l'efficacité réel de la chose, ce qui est pousser un peu loin peut être l'idée qu'on peut jouer mou, fluff et en tournoi. Par exemple il m'a dit à la suite de la partie vouloir absolument sélectionner une escouade de commandement, et il voulait au départ prendre un chapelain comme choix QG. Or l'escouade nécessite la présence d'un capitaine, aussi dans ce format un peu étriqué il a recruté un capitaine pour le même prix que le chapelain, c'est à dire tout nu, sans autre arme que son p-bolter et une épée tronçonneuse... et ainsi de suite. Ma masse d'infanterie se jette sur lui baïonnette au canon et balaie tout sur son passage malgré un tribut non négligeable prélevé par ses bolters lourds jumelés ; le capitaine est jeté à bas et périt roué de coups de crosses et piétiné par la masse. Mes unités de choc arrivent dans son dos, la tenaille se referme. La seule chose qui survit est un increvable rhino, que mes tirs répétés de vendetta ne parviendront pas à faire mieux que le secouer... incroyable !

Nous rentrons le soir chez ma grand-mère qui nous accueille malgré son oeil récemment opéré, et le sommeil récupérateur nous attend. Enfin nos invités surtout parce que ma nuit à moi ne fut pas particulièrement reposante pour diverses raisons...

Le lendemain : Apocalypse ! La partie se joue à 3600pts, nous devons activer des objectifs répartis sur une table carrée de 96ps de long, à raison de trois par quart de table. Nous avons tous un objectif secret : je dois personnellement être le joueur qui a versé le plus de son sang pour la cause ! Comprendre : je dois envoyer le plus possible de mon infanterie au casse-pipe. Je dois préciser que tous les objectifs étaient personnalisés, en accord avec l'esprit de l'armée et de l'équipe, et qu'il faut remercier les orgas pour ce gros travail encore une fois ! Notre adversaire est une alliance de nécrons, de Marines et de gardes impériaux (3 vendettas, 2 escouades de vétérans, 1 de chef de compagnie, 3 de TdC). Ils alignent 2 titans chevaliers. Une paille...

La partie commence par une avance foudroyante des Chevaliers vers notre quart de table, leurs troupes s'éparpillent à la conquête des objectifs, mais les tirs sont épars et font peu de dégâts. Nous avons massés les trois quarts de nos troupes en réserves. Le gros canon orbital d'Aesta immobilise une Vendetta, Pertinax en détruit une autre, je perds quelques gardes. Jusque là tout va bien.
Puis nos forces commencent à apparaître en nombre. Les pods de Caius se posent toujours plus nombreux dans le quart de table adverse, le gros canon orbital est détruit par un tir de fuseur diaboliquement chanceux. Pour faire bonne mesure, nous décidons d'utiliser un point bonus pour exécuter l'ordre 66 euh l'ordre « cible repérée », stratagème spécial qui nous permet de relancer tous les tirs pour toucher visant un des Chevaliers. Mais pour lui faire le maximum de dégâts, il faut lui faire tomber son bouclier, 12 de blindage. Le servant du lance-patate de la première escouade charge son arme, tire, loupe, relance, fait un 6 pour toucher ! Maintenant le plus dur reste à faire : faire un nouveau 6 pour tomber le bouclier. Je lance le dé :... 6 !! Mes fuseurs ouvrent tout de suite le feu et endommagent gravement la bête, lui enlève même un PS. Aesta expédie un gros obus brise-forteresse sur la machine qui éclate ! Je perds un fuseur dans l'explosion (pas de chance). Ma vendetta abat en flammes la dernière Valkyrie, tuant 3 passagers sur 5. A partir de là, la chance passe définitivement à l'adversaire qui nous écrase sous le poids de son dernier Chevalier et surtout de 2 Spectres indestructibles. Le jeune joueur nécron a une chance abominable aux dés et il me faut une puissance de feu impressionnante pour venir à bout d'une de ses escouades, la seule que je parviendrais à anéantir et il fallu s'y reprendre à deux fois. Néanmoins, j'ai la satisfaction de faire arriver une grosse masse d'infanterie de réserve qui, mitraillant à tour de bras, efficacement soutenue par le Hellound d'Aesta et mes TDC, nettoie un quart de table, pendant que Caius, après bien des difficultés, parvient à faire de même dans celui de l'adversaire. Le drame, c'est que l'adversaire fait exactement la même chose chez nous. Tout ce joue sur le dernier quart de table, la Valkyrie est coursée par une dizaine d'écorcheurs nécrons qui lui jettent des cailloux dont elle se moque éperdument. Néanmoins j'ai beau topé le plus possible d'objos, l'adversaire a assez d'unité pour venir les retoper derrière. Le travail finit quand même par payer : à la fin de la partie, chaque camp tient autant d'objectifs de part et d'autre !

Nous analysons alors les objectifs secrets : si Aesta ne peut accomplir le sien suite à son manque de chance à détruire trois Fantassins de choc à moins de 18 pas des débris de son canon, j'ai pour ma part totalement accompli le mien : mon infanterie a été complètement anéantie ! Seule subsiste la Vendetta, qui surplombe les cieux sans se soucier des petits rigolos qui la poursuivent le moins du monde. Pertinax trône dans le bunker qu'il a conquis de haute lutte, assistant à ces scènes de destruction avec un plaisir sans limite : « mourez, mes braves soldats, votre sacrifice n'aura pas été vain mouhahaha ! » sur fond de coucher de soleil incandescent, d'explosions énormes et de torrents de fumée noire jaillissant des épaves disséminées un peu partout. Ne manque plus que « This is the End » ou un clap de fin suivi de « Paint it black » pour compléter le tableau.
Mais le drame, c'est que si la Garde adverse a réussi à faire en sorte qu'il ne reste plus d'unités d'élite sur la table, le joueur nécron connaît son retour de flamme et manque 5 jets à 5+ pour découvrir l'artefact qui devait lui rapporter un point. C'était sans doute le prix à payer ? Le pire néanmoins, c'est que le Marine devait emmener l'un de ses chevaliers au contact du bord de table. Le premier n'ayant pas eu le temps d'y arriver à cause d'une bête pomme de terre, le second l'a touché mais est reparti et par cette erreur d'interprétation, ne se trouve plus au contact au moment fatidique de la fin de la partie : son objectif lui échappe bêtement et nous donne la partie.

L'équipe termine 10ème sur vingt, Aesta et Caius empoche 2 bons d'achats quand je récupère un prophète eldar dont personne n'avait voulu jusqu'ici, très bonne opération pour moi qui hésitait depuis au moins deux ans à en racheter un pour compléter mon armée d'Iyanden. Nos notes de peinture sont une agréable surprise : Caius 17, Aesta 16, tous deux nominés « coups de coeur » ! Quant à moi, mon armée n'est pas encore tout à fait point, notamment en terme de socles, mais j'obtiens tout de même 13 pour la cohérence et le soin du détail, m'a-t-on dit, ce dont je suis très très heureux ! Un peu plus de conversions auraient été préférables, me fait-on savoir, mais ce n'est pas évident lorsqu'il s'agit de Kriegers FW.

Un excellent tournoi encore une fois, parce que son organisation était très au point et bien huilée, parce qu'une ambiance très détendue planait sur la salle, parce que bonne ripaille et surtout la joie de retrouver du monde connu : Kevinus, Potius, Mr Patate, Crafouin que je ne pensai pas trouver là et qui a d'ailleurs bien fait parce que j'ai obtenu deux trois tuyaux fort utiles pour les prochains tournois, Tharga, qui repart avec une boîte de vétérans Dark Angels, comme quoi il y a toujours du bon même dans quelqu'un aussi noir que Dark Vador, et bien sûr Aesta et Caius sans qui ma pratique de 40K serait bien triste.

A bientôt pour de nouvelles aventures !

-MFT-

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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 13:41

Un petit article rapide pour présenter quelques photos de mes nouveaux vétérans Dark Angels, qui n'en sont pour l'instant qu'à la fin du montage. Mais j'ai des photos de bonnes qualités (pour une fois), aussi je peux vous les présenter avant la mise en peinture !

 

Pour la plupart j'ai du faire un petit travail de conversion afin d'obtenir des poses plus dynamiques, pas forcément très faciles à obtenir avec les kits des vétérans GW. Pour l'un d'entre eux il a carrément fallu sculpter une bure toute entière (le plus à droite). Mais je suis très content du résultat !

 

Vétérans Dark Angels 001

Vétérans Dark Angels 002

Vétérans Dark Angels 003

Vétérans Dark Angels 004

Vétérans Dark Angels 005

Vétérans Dark Angels 006

 

-MFT-

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