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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 09:18
Le pari

Martinien avait eu l’occasion, depuis qu’il s’était établi, d’observer les environs et de faire le point militairement. C'est-à-dire de la seule manière qu’il savait le faire. Le fils du Lion s’était ainsi aménagé divers chemins pour sortir discrètement et même pour rejoindre le bâtiment d’Erell en passant par l’équivalant des égouts à ce niveau de la ruche. Il lui avait semblé être un peu fou pour faire tout ce rituel sans but mais il avait eu besoin de s’occuper. Maintenant qu’il était obligé de passer dans ces fameux égouts, il se félicita et se sentit heureux d’être comme il l’était. Ces souterrains ne ressemblaient pas à ceux qu’ils avaient empruntés avec Mariel, trente ans auparavant. Il s’agissait, à l’époque, d’anciens conduits de mines réaménagés. Ceux-ci n’était que métal et rouille. Sans armure, les effluves environnants auraient été à peine soutenables pour un humain ordinaire mais son métabolisme bloquait la gêne occasionnée. Il arriva dans les sous-bassement et déboucha rapidement près de l’escalier principal. L’appartement se trouvait au troisième. Il put apercevoir celui des intrus qui montait la garde dehors, grimé en mendiant. Il monta discrètement à la suite des deux autres et s’arrêta net lorsqu’il les entendit parler. Une voix métallique sans émotions à peine audible commença :
« Veillez à ce qu’elle n’ait rien. Aucune trace. Il faut qu’elle soit en parfaite santé sans quoi mon maître considérera nos accords comme caduques. » Une voix grave avec des accents familiers, répondit en grondant :
« Avise-toi de me répéter encore une fois ces mots et je t’arracherai la tête séance tenante, par Luther ! A présent guide-moi. »
Martinien resta pétrifié comprenant qu’un Dark-angel se trouvait lui-aussi dans le bâtiment. Ses pensées s’accélérèrent en essayant d’analyser la situation. Sans pouvoir le prouver, il était certain qu’ils en avaient après Erell. En un instant, Il prit une décision délicate. Il redescendit le plus discrètement possible et rejoignit l’une de ses sorties à l’abri des regards. Il récupéra ses servo-crânes, se déguisa en mutant à son tour et alla guetter ces étranges personnages. Martinien aurait pu intervenir et empêcher le rapt de sa protégée mais il n’aurait pas su donner de nom à l’ennemi. Le fait qu’il s’agisse de Dark-angels était troublant mais surtout aucun de ses frères n’aurait pu jurer invoquant Luther. Qui plus est, il s’agissait de comprendre ce qu’ils voulaient à Erell. Martinien jouait serré et sur une vie qui n’était pas la sienne mais celle de Lucie. Il se reprit et s’en voulut de cet amalgame.

Quelques minutes plus tard, le space-marine et l’homme-mécanique sortirent calmement. Un sac à taille de femme était sur l’épaule de l’astartes. Rejoignant leur complice qui faisait le guet, la troupe commença à s’éloigner, rejoignant des artères plus peuplées de la ruche. Martinien ne les lâcha pas d’une semelle, alternant servo-crânes et lui-même afin de ne pas attirer l’attention. Contre toutes attentes, les jours passés à repérer les lieux portaient leurs fruits. La curieuse équipe se dirigea vers un des accès inter-niveaux et prit un monte-charge pour accéder aux hauteurs de la cité. Martinien dut prendre les escaliers attenants pour les suivre. Seul un être génétiquement modifié comme il l’était pouvait tenir le rythme et ne pas se faire distancer. Il arriva à l’étage des sas pour les niveaux supérieurs de la noblesse en même temps qu’eux. Les passages pour les hauteurs n’étaient accessibles qu’aux personnes habilités. Martinien pesta de se voir ainsi bloqué. Il allait devoir intervenir et la situation géographique se prêtait nettement moins à une action qui assurerait la sécurité de la fille. Alors vint un miracle car l’un des marines dut rester en arrière. L’ascenseur utilisé était trop petit pour accueillir tout le monde. L’occasion étant trop belle, Martinien se hâta de gravir les structures pour arriver discrètement au plus proche de celui qui devait patienter. Une fois le premier groupe parti, il bondit du plafond d’une hauteur de cinq mètres. Son poids et sa force eurent raison de son frère qui s’écroula, KO pour le compte. Remerciant l’Empereur pour cette chance insolente, Martinien fouilla sa victime et trouva son passe. Grace à ses sens hyper-développés, il avait réussi à voir le code et le niveau où se rendre. Il se déguisa comme sa victime, la cacha à la hâte et prit ses armes ainsi que tout son équipement. Quand il eut finit, l’ascenseur revenait juste. A l’intérieur, il prit le temps de se recentrer. Perplexe d’avoir réussit à ne pas se faire repérer, il avait néanmoins l’intuition d’avoir été suffisamment discret. A présent, jouer la comédie serait de rigueur et la jouer juste, si possible.
Quand la porte s’ouvrit, les complices et leur colis l’attendaient. Sans dire un mot, ils se dirigèrent rapidement vers un véhicule de transport volumineux, les mutants n’étant pas de rigueur à ce niveau. Leur emboitant le pas, Martinien en profita pour observer brièvement les alentours. Cet étage de la cité-ruche était autrement plus avenant que là d’où ils venaient. Des bâtiments décorés de façons outrancières, mettaient en scène les hauts-faits des familles nobles à travers les âges. Malgré la situation Martinien trouva tout cela d’un mauvais goût évident, constatant que la plupart de ces familles avaient sans doute plus accompli que n’importe quel chapitre astartes si l’on en croyait ces fresques. Revenant rapidement à l’action qui se jouait, le dark-angel suivit ses comparses et monta dans le transport. Un conducteur les y attendait et ils s’installèrent à l’arrière dans une remorque bâchée. L’autre astartes fit mine d’enlever son déguisement quand le cyborg le retint tendant un bras mécanique :
« Ne vous dévoilez pas! Maintenant que vos frères maudits sont là, il faut redoubler de prudence. Ils sont au fait de votre présence et seront à l’affut du moindre indice.
-Ne me touche pas ! Comment maître Séverin a pu accepter l’alliance d’avec ton maître, je ne veux pas le savoir mais en aucun cas je n’accepterai que tu ne me souilles plus avant ! » La tension s’installa pendant quelques secondes puis, sans un mot, le géant se remis en arrière. L’homme-machine reprit son maintien neutre, ses implants interdisant tout indice quant à son état émotionnel, s’il en avait un.
Martinien l’avait échappé belle et se tenait prêt à intervenir à tout instant. Ce genre d’opération était nouveau pour lui car il était guerrier et non pas espion. Il craignit qu’on ne lui adresse la parole durant tout le voyage mais l’accrochage qui venait d’avoir lieu permit un silence bienvenu. Le fils du Lion cogita activement et se demanda s’il avait eu raison de faire courir un tel risque à Erell, si c’était bien elle. Martinien dut se rendre à l’évidence, son conditionnement commençait à se fissurer et les émotions à affluer sans plus qu’aucun contrôle de sa part ne puisse faire valoir.

Au bout d’une quarantaine de minutes, le véhicule entra dans un bâtiment et s’immobilisa.
« Viens, Anhiel. Finissons-en. Allons remettre nos armures et nous présenter au maître avec notre prise. » Martinien comprit qu’on s’adressait à lui et fit un signe de la tête. Ils descendirent et l’homme-machine s’adressa une dernière fois à eux.
« Je vais prévenir mon propre maître que la transaction peut avoir lieu. Adieu sergent Viviel, frère Anhiel. » Les marines ne prirent même pas la peine de lui répondre et s’éloignèrent vivement vers une porte dans ce parking souterrain. Encore une fois, l’aversion presque physique du marine face à l’étrange individu permis qu’il n’y ait pas de mot prononcé. Ils arrivèrent dans une grande salle ou différents petits box étaient disposés en longueur. Reconnaissant un ersatz de cellules space-marines, Martinien essaya de repérer rapidement celle qui appartenait au fameux Anhiel qu’il était censé être. Il compta une vingtaine de petits locaux mais ne vit personne d’autre alentour. Son collègue posa sans ménagement le sac contenant sa victime sur une table. « Garde un œil dessus le temps que je me prépare. » Le moment était arrivé. Martinien repéra la cellule vers laquelle se dirigeait l’autre géant et sans crier gare, il lui bondit dessus mais cette-fois l’autre ne se laissa pas surprendre. Il se servit de l’élan de son agresseur et le fit passer au-dessus de lui. Malgré la surprise, Martinien retomba sur ses pieds et saisit l’épée sous sa tunique. Son adversaire fit de même.
« Je sentais bien que ça n’allait pas mais je ne comprenais pas quoi. Qui es-tu ? Tu es aussi un astartes ! Ils enlevèrent rapidement leurs déguisements.
-Je m’appelle Martinien. Je suis vétéran de la quatrième compagnie des Dark-angels, au service de l’Empereur. L’autre space-marine cracha au sol, prenant une pose clairement hostile en pointant son épée.
-Encore un laquait de ce traitre de Jonson ! Vous êtes tombé bien bas pour user de tels stratagèmes !
-Comment osez-vous blasphémer en insultant notre primarque ! Vous ne pouvez, vous-même, faillir au chapitre ?!
-J’ai connu Jonson et je peux te le dire, c’était un traitre !
-Vous l’avez connu… ? »
Sans plus de parole, il fonça vers Martinien.
Viviel avait un style très agressif et, étant particulièrement massif, il enchaina une série de frappes verticales utilisant d’avantage sa force qu’une technique plus élaborée. C’était de mise pour un soldat mais pas pour un duelliste, titre auquel pouvait prétendre un vétéran comme Martinien. Ce dernier para sans difficulté les enchainements et recula prudemment le temps de prendre la mesure de l’adversaire. Il brisa en quelque seconde son rythme avec un mouvement descendant de son épée. Sous le coup de la contre-attaque, Viviel se retrouva rapidement dépassé et ne put reprendre l’ascendant. Martinien finit le combat en parant horizontalement et en glissant pour le frapper au visage avec le manche de son arme. La surprise ne laissa qu’une faible fenêtre mais suffisamment grande pour que, pivotant sur lui-même, Martinien finisse de le transpercer de part en part avec un minimum de bruit. L’ultime regard de haine et de tristesse dans le regard de Viviel marquerait à jamais le Dark-angel comme le premier ennemi que l’on abat lors de son noviciat. Le fils du lion accompagna le corps de son adversaire au sol. L’échange avait été court, peut-être n’avaient-ils pas été entendus. Il se dirigea vers le sac où il découvrit Erell inconsciente et en vie. Les choses se présentaient bien mais restaient fort mystérieuses. Il allait falloir garder cet élan le plus longtemps possible. Le pari semblait payer.

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« Seigneur Noss ?
-Entre Conrad. Alors, cette récupération s’est-elle bien passée ?
-Tout à fait monseigneur. Les Astartes des temps anciens se préparent à vous payer votre du. »
L’homme machine nommé Conrad s’inclina devant son seigneur lorsque ce dernier vint lui poser une main sur l’épaule. S’il avait eu encore suffisamment d’humanité en lui, le serviteur en aurait souffert jusque dans son âme. Le seigneur Noss semblait pourtant satisfait.
« Bien, bien. Je suppose que la clef n’a pas été abimée, n’est-ce-pas ? »
D’un mouvement à peine perceptible, il lui fit signe que non. Les deux individus se déplacèrent doucement dans l’appartement. Demeure d’un juriste du nom de Talias, la décoration n’avait plus rien d’impériale. Des braséros et des bougies malodorantes brulaient aux quatre coins de la pièce. Le papier-peint, les tableaux et toutes les autres décorations murales avait été enlevés pour laisser la place à des inscriptions cabalistiques parfois peintes, parfois gravées. Des bibliothèques d’ouvrages maudits, copiés par des esclaves devenus fous, avaient été installées depuis apparemment des dizaines d’années. Dans un coin, une statue représentant un homme sans visage, irradiait d’une énergie malsaine et semblait se tordre de douleur sans discontinuer.
« Je quitte à l’instant notre distingué inquisiteur Terdre. Ce bon Blaise m’a accordé une dernière petite information intéressante. Savais-tu que le Dark-angel nommé Martinien, responsable de la mort de Praxius, avait disparu juste après cet évènement? » Le serviteur ne dit mot.
« Son armure a été retrouvée vide près des cadavres. Elle était tellement malmenée, que les apothicaires ont prétendu que même l’un d’entre eux n’aurait pu survivre. Il n’y a pas trente-six explications : quelqu’un est venu chercher le corps, voire même sauver cet astartes.
-C’est en effet probable. Intéressant mais fort déroutant. Qui aurait eu intérêt à faire cela ? Un rival de mon seigneur, peut-être ?
-Seul le Grand Architecte pourrait répondre. Encore faudrait-il qu’il le veuille… » Noss sourit de sa familiarité avec les puissances du chaos. Une table encombrée de divers grimoires et ouvrages poussiéreux l’attendait sur un bureau proche. Une grande toile couverte de symboles xénos était accroché au mur, laissant apparaitre sur le coté différents seaux brisés de l’Ordo Malleus. Il la contempla songeur.
« Trente ans, Conrad. Trente ans. Il n’y a pas de coïncidence et que l’outil de mon précédent échec soit encore en vie quelque part ne signifie qu’une chose : les forces opposées aux miennes, en réponse à mon grand plan, se précisent. Il faut découvrir ce qui se cache derrière cette énigme. Cela se place au même niveau de priorité que notre objectif initial. S’il y a danger et il y en aura, cela viendra de là.
-Vous désirez que je m’en charge, monseigneur ?
-Oui. Voici ce que j’ai pu extraire des pensées superficielles de Terdre. Il s’est relâché au dernier moment avant que je ne sorte.»
Le serviteur cybernétique prit l’enveloppe que lui tendit son maître, s’inclina de nouveau et sortit de la pièce sans un bruit.
Le sorcier Noss alla vers un petit coffret dans le salon, l’ouvrit et en sortit un masque argenté lisse dont il se parât pour cacher l’œil qu’il arborait au milieu du front. Une fois posé sur lui, le masque prit les traits du fonctionnaire Talias. Lançant divers sorts de protection dans la pièce afin de tout sécuriser durant son absence, il se rendit à son rendez-vous laissant la statue de l’infortuné juriste à sa douleur d’être ainsi dépossédée de son visage.

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Le grand-maître Séverin avait reproduit aussi fidèlement que possible le centre de commande de son ancien navire, « la lumière du juste » où il recevait les différents états-majors et responsables officiels lors de ses campagnes d’avant le Lion. Il s’en voulait d’afficher une telle nostalgie mais il se convint qu’il était nécessaire d’entretenir certains rites pour que chacun puisse accepter le rôle qu’il avait à jouer. Evidemment, depuis l’époque glorieuse où l’Empereur marchait à leur coté, les membres qu’il réunissait étaient nettement moins prestigieux. Après tout, l’humanité entière les verrait comme des traitres.
La salle était circulaire et immense. Un balcon en faisait tout le tour, servant à faire circuler les serviteurs qui s’occupaient de l’entretien des écrans et haut-parleurs sur les murs. Au centre de la pièce, il y avait un îlot, rond lui-aussi, sur lequel se trouvait une grande table avec un globe de visualisation en son centre. Tout autour se trouvait une fosse dans laquelle des techno-prêtres et divers techniciens s’afféraient à récolter, compiler et classer des informations provenant de toute la planète. Une passerelle reliait l’îlot au dessus de la fosse et débouchait directement sur les deux grandes portes de la salle. Sous les arcades du balcon, se trouvaient des astartes montant la garde, tels des statues de métal terrifiantes. Tout était en place pour impressionner les invités. Séverin était satisfait et songeait à l’humain Talias qui s’était acquitté de ses engagements avec talents. Les moyens mis en œuvre lui permettraient de reprendre la place qu’on lui avait volée dix mille ans auparavant.
Le géant fut tiré de ses pensées lorsque ses hôtes arrivèrent : le gouverneur planétaire Achylle de Coche, des dirigeants de familles industrielles parmi les plus puissantes, des officiers de la garde impériale, des représentants du culte du Méchanicum ainsi que divers fonctionnaires acquis au complot qui se tramait. Parmi eux se trouvait celui qui les avait tous réunis directement ou indirectement, qui avait financé en grande partie les opérations de détournements d’armes et qui avait tissé une alliance avec les Astartes des anciens temps : le juriste Telias. Discret et humble au milieu de ces gens si sûrs de leur importance, on ne lui accorda qu’un mépris lointain. Seul le grand-maître Séverin, dont il partageait les rêves et aspirations, lui fit un signe de salut plus appuyé rendant vert de jalousie les autres convives. On s’installa autour de la table et l’ancien capitaine Dark-angel resta debout. La prestance et la personnalité de Séverin en imposait même au plus égocentrique ou névrosé de ses invités. Ses traits étaient fins mais sûrs. Son regard d’un gris profond perçait l’air environnant et ses cheveux argentés brillaient sous la lumière des vitraux du plafond. L’armure sombre soigneusement polie qu’il portait sous son tabar, brillait d’un éclat irréel. Le demi-dieu s’adressa aux hommes :
« Mes amis, bienvenus à vous. Je suis heureux de vous revoir tous. Ce jour est un grand jour car enfin, notre grand plan est entré dans sa phase où le recul n’est plus de mise. Les astartes du traître Jonson, les fléaux de votre peuple sont de retour sur Adelphe III. » Marquant une pause, il regarda les remous que provoquaient ses mots dans l’assemblé. Il sourit. Tous étaient au fait du raid qui avait eu lieu sur le palais gouvernemental.
« Je comprends vos appréhensions mais elles sont infondées. Notre stratégie est sans faille et bientôt notre vengeance sera consommée. La voie qui nous ramènera sous la lumière de l’Empereur s’ouvrira à nous. Il saura récompenser ses servants les plus fidèles et les plus audacieux. » Le grand-maître savait que ses mots ne seraient pas suffisant mais qu’ils étaient nécessaires pour asservir ses complices à leurs rêves de grandeurs et de destins privilégiés. Ils étaient si imbus d’eux-mêmes qu’ils étaient dupes de leurs propres chimères. Encore une fois, l’image de ce qu’était devenu l’œuvre du maître de l’humanité révolta Séverin mais il fit taire ce sentiment et continua.
« Bientôt commencera leur campagne de terreur visant à nous débusquer. Elle sera violente et sans finesse en apparence néanmoins leur nature sournoise se manifestera parmi les ombres et les bas-fonds des cités où ils viendront nous traquer avec leurs espions.
-Pardonnez-moi maître Séverin mais comment pouvons-nous être sûrs, tous autant que nous sommes, que rien n’aura été laissé au hasard et qu’ils ne pourront pas remonter jusqu’à nous ? Après tout, nous n’avons pas été mis dans la confidence des détails de votre plan. Nous nous sommes tous mis en grand danger et n’avons pas prise sur tout nos servants et ouvriers pour rester hors d’atteinte de la vindicte impériale.
-En effet patriarche Gueusquin et il ne nous était pas caché qu’attendre une totale discrétion était vaine. Nous devons être découverts. »
Un silence glacial accueillit la réplique. Chacun comprenait alors vraiment qu’il avait irrémédiablement franchit la ligne. Tous étaient aguerris aux affaires, aux guerres commerciales ou aux conflits militaires, ils ne paniquèrent donc pas mais le choc n’en était pas moins rude. Le capitaine déchu reprit.
« Nous étions sûrs que nous ne pourrions rester cachés à l’abri durant les opérations aussi avons-nous tablé notre plan sur cette certitude. De plus, pour que nos ennemis acceptent de tomber dans nos filets, il valait mieux leur donner un peu de vérité à se mettre sous la dent. Nous irons donc au devant de leurs investigations et nous leur donneront les informations qu’ils cherchent. La planète aura à payer encore une fois son tribu à notre cause mais notre revanche saura le justifier. Quand les Dark-angels se rendront compte du piège qui les attend, il sera trop tard. Bientôt nous aurons la puissance d’une compagnie space-marines et notre sécession pourra finir de s’étendre à tout le système sans que l’Impérium ne se doute de quoi que ce soit. La prédisposition au secret et à la tromperie de nos ennemis sera leur perte. Nous allons de nouveau faire le point pour chacun d’entre nous et réaligner nos attributions.
Pour l’Empereur !
-Pour l’Empereur ! »
Séverin n’avait laissé aucune ouverture ni temps mort à une autre question. Il avait appuyé chaque mot de sa voix puissante. Il enchaîna rapidement en interrogeant chacun sur ses obligations et sur l’avancé de ces dernières. La réunion avait trouvé son rythme, il était satisfait.

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Le colloque se termina dans une relative sérénité et on convia tout le monde à un buffet dinatoire histoire de permettre de rassurer qui en aurait besoin dans un vis-à-vis plus « privé » avec le capitaine. L’ambiance semblait bonne lorsque Séverin reçut un message via son communicateur. Il ne laissa rien paraître mais il dut s’absenter poliment, laissant ses invités pour le moins interloqués. Telias lui emboîta le pas.
Arrivé hors de la salle, le juriste lui demanda :
« Un problème capitaine ?
-Je le crains et non des moindre. Le sergent Viviel que j’avais assigné à la récupération de votre petite-fille a été retrouvé mort dans ses quartiers. Les analyses de notre apothicaire laissent à penser qu’il a été occis par un de nos semblables.
-Un space-marines !? Ici ? Avons-nous été découverts ? Et ma fille ou est-elle ?
-Je ne saurais le dire mais je ne pense pas qu’il s’agisse des Dark-angels en orbite. Nous aurions déjà été pris d’assaut.
-Il faut tirer les choses au clair Séverin, cela peut mettre à bas toutes nos années d’efforts.
-Pas tant que je vivrai mon ami. »
Les deux comparses allèrent dans les quartiers du capitaine.
« J’ai donné l’ordre de boucler le périmètre mais je manque d’hommes sur place pour être exhaustif. Je dois participer à l’action. Il faut que vous rejoignez nos invités afin de les rassurer aux maximum, ils… »
Séverin se retourna brusquement pour se retrouver face à face avec deux pistolets bolter le menaçant lui et Telias.
« Bonjour capitaine. Je me nomme Martinien, vétéran de la quatrième compagnie des Dark-angels au service de l’Empereur. J’aimerai avoir une conversation avec vous. »

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« Martinien…
-Vous le connaissez, Telias ?
-Il y a trente lors de la tragédie qui nous frappa, un dark-angel avait disparu après avoir tué Praxius. Son unité avait été décimée et lui-même fut considéré comme mort mais son corps ne fut jamais retrouvé.
-Pourquoi ne m’en avoir jamais parlé ?
-Pardonnez-moi, coupa brusquement le sujet de cette conversation, mais il me semble que la priorité de poser les questions me revient. Il regarda chacune de ses cibles, faisant comprendre qu’il n’hésiterait pas à tirer.
-Bien, commençons. Qui êtes-vous et pourquoi avoir enlevé Erell ?
-Erell ?
-Ma petite fille. Martinien regarda intensément le fonctionnaire.
-Vous seriez son parent ? Pourquoi l’avoir fait enlever si c’est le cas ? »
Séverin se redressa calmement, reprenant un maintien noble et assuré. Il se plaça tranquillement entre Telias et Martinien, ne le quittant pas des yeux faisant jouer son autorité naturelle. Le vétéran aurait pu soutenir n’importe quel regard de ce type avant mais son état émotionnel ne pouvait pas le laisser indifférent à une telle présence.
« Il suffit frère. Il semblerait qu’il y ait une incompréhension entre nous mais malgré la mort de Viviel et tes menaces, tu n’es pas chez des ennemis. Tu ne fais plus parti du chapitre sinon tu ne serais pas venu seul. Baisse tes armes à présent. Elles ne te seront d’aucune utilité ici. J’accepte de t’entendre et de te répondre. Nul mal n’est voulu à cette Erell. » Martinien commença à perdre pieds. L’effet de surprise était trop rapidement passé. Il ne savait pas vraiment lui-même pourquoi il était resté mais il était évident que sortir vivant d’ici allait tenir du miracle. Voyant son impact Séverin renchérit.
« Frère, tu ne sembles pas au fait des enjeux secrets au sein de ce que tu considères encore comme ta fratrie. J’ai des choses à te révéler. Tu connais assez notre nature pour savoir qu’être menacé m’importe peu. Discutons Martinien, l’Empereur a sans doute voulu que nous nous rencontrions. Laisse-moi te dire pourquoi. » Le grand-maître commença à ressentir un besoin de rallier cet inconnu à sa cause. Il le considéra comme un devoir et comme une savoureuse revanche sur sa disgrâce. Encore une fois, il y vit un signe le confortant dans sa quête. Martinien quant à lui, même s’il ne reconnaissait pas les Dark-angels d’où il venait, se sentait attiré par cet homme, symbole d’un rêve de retour parmi les siens. Ca ou mourir.
« Très bien, maître Séverin. Voyons où cela nous mène. »

Linuial
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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 09:17
Les cercles

La cellule s’ouvrit dans un grincement sinistre et une silhouette nimbée de lumière se dessina dans l’encadrement.
« Venez-vous enfin me tuer ? Est-ce fini ? Je n’en puis plus… »
L’homme entravé ne parvenait pas à garder les yeux ouverts tant la clarté le blessait. Il entendait teinter des chaînes et des instruments dont le seul souvenir le faisait souffrir.
« Non pas, mon ami. Il n’est point encore l’heure pour vous de vous présenter devant l’Empereur. » L’ironie et le sarcasme contenu dans ce dernier mot ne fit même plus réagir le supplicié.
« Inquisiteur Terdre, sauriez-vous me dire depuis combien de temps nous nous amusons ensemble ? Non ? Figurez-vous que cela fait un an aujourd’hui. Un anniversaire qui me tient à cœur, en vérité. »
L’inquisiteur Blaise Terdre commença à distinguer un peu plus son interlocuteur et il le regretta. C’était la première fois qu’il le voyait depuis qu’il avait été capturé. L’homme était grand, mince et d’une blancheur morbide. Ses paupières avaient été cousues et un œil à pupille violette ornait à présent son front. On pouvait voir que cela résultait d’une opération plutôt que d’une mutation chaotique. La puissance psychique de l’individu semblait envahir tout l’espace et s’immiscer dans chaque synapse de l’agent impérial qui laissa s’échapper un léger râle.
« Oui, oui. »
L’homme se plaça vers le centre de la pièce et commença à tracer au sol des cercles complétés de signes et de symboles ésotériques. Débuta alors des rites et des préparatifs qui n’auguraient rien de bon pour le pauvre inquisiteur. Après un temps qui sembla être une éternité, l’homme s’immobilisa enfin et s’accorda un petit moment d’autosatisfaction pour du travail bien fait.
« Je vais vous dire au revoir. Avez-vous un dernier mot à dire ?
- Dernier mot ?! N’avez-vous pas affirmé que vous ne me tueriez pas ?
- C’est ce que j’ai dit mais après l’invocation, je crains vous n’ayez plus le loisir de vous exprimer.
- Non… Vous n’avez pas gagné ! Il me reste assez de force pour refuser cette abomination. Je sais trop ce qu’il en coûte !
- Je ne crois pas. En fait, vous ignorez totalement l’honneur qui vous est fait mais surtout je suis convaincu que vous l’appellerez de vos vœux.
- Blasphème ! Je ne trahirai point ! Maudit sorcier, mes pairs sauront vous trouver et vous faire payer le prix de vos hérésies… maudit, maudit… »
L’homme sourit et, d’un geste, il délivra Terdre de ses chaînes. Ce dernier tomba au sol, trop faible qu’il était.
Alors qu’il allait sortir, l’inquisiteur le rappela :
« Attendez.
-Qu’y-a-t’il, Blaise ?
-Puisque c’est la fin, exaucez un dernier souhait. Dites-moi ce qu’il est advenu de l’astartes Martinien. Je sais que vous étiez présent il y a trente ans auprès de Praxius. C’est vous qui lui aviez parlé des installations xénos pré impériales sur Adelphe III, je le sais. Alors dites-moi ce que vous avez fait du Dark-angel. Pourquoi l’avoir emmené ? »
Terdre remarqua que le visage de son interlocuteur se ferma un court intant.
« Vous avez vu juste quant à mes rapports avec le « seigneur des châtiments ». Je me suis servi de lui à plusieurs reprises et j’avais pour tâche de le guider un temps sur sa quête démoniaque. Malheureusement, l’intervention de l’Impérium et la mort de mon jouet m’ont forcé à réviser mes plans. Quant à celui qui fut responsable de la fin de Praxius, je ne saurais dire ce qu’il est advenu de lui surtout… Surtout que j’ignorais qu’il avait disparu. C’est une information importante Blaise. Merci pour ce dernier cadeau. »
L’inquisiteur resta comme paralysé comprenant qu’il finissait sa vie sur une fausse-piste. Une pathétique épitaphe.
La porte de la cellule se referma doucement mais inexorablement laissant filtrer un ricanement mauvais.

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Les barges de batailles space-marines sont de puissants navires de guerre donnant à chaque compagnie une mobilité et une puissance de feu capable d’influencer le cours d’un conflit planétaire. Le vaisseau assigné à la 4ème compagnie, « la colère du juste », en était l’exemple parfait. La rigueur et l’austérité propre au chapitre transparaissaient à quiconque avait la chance ou la malchance d’observer d’assez près cette arme céleste. Les hommes en postes sur les satellites de défenses d’Adelphe III, déjà subjugués par cet inquiétant édifice, durent déployer des efforts considérables pour garder une bonne discipline quand la barge de la 3ème compagnie des Dark-angels se présenta à son tour. Les rumeurs allaient bon train. On savait qu’il y avait eu un raid astartes sur le palais du gouverneur planétaire dont on n’avait plus eu de nouvelle depuis. Une information destinée aux militaires et à quelques officiels expliquait la présence de traitres aux plus hauts niveaux des dirigeants d’Adelphe III. Un gouvernement provisoire avait été constitué sous la supervision du frère capitaine Barnard. Il était question d’une purge à venir et déjà le fantôme du drame d’Axia flottait parmi les cercles d’Adelphiens informés. En effet, nul n’était dupe qu’une telle crise attirerait l’inquisition tôt ou tard. Si la version officielle de l’époque mettait la responsabilité de la destruction de la cité ruche sur des renégats, des rumeurs avaient circulé rapidement. On murmurait qu’Axia avait été sacrifiée sur ordre des astartes. L’autorité impériale en avait évidemment beaucoup souffert et d’année en année ce terreau propice à la révolte donna ses fruits sombres. Barnard avait interprété la situation et comprit vite qu’un lien avec le passé s’était tissé pour permettre l’influence néfaste de ses frères déchus. Une ironie du sort qui ne l’amusait pas du tout. En tant que maître de compagnie, membre du cercle intérieur, les spécificités des déchus lui avaient été enseignées. Il était rare que leurs frères maudits cèdent pleinement et ouvertement au chaos. Ils pouvaient se perdre dans des actions de séditions croyant suivre les principes lointains de la grande croisade ou alors ils pouvaient monter des campagnes de sape contre le chapitre même. C’est en cela que la difficulté s’annonçait conséquente. Il était malaisé de mener des enquêtes quand on faisait plus de deux mètres cinquante de haut et un mètre de large. Il fallait sous-traiter et donc augmenter les risques que le déshonneur des Dark-angels n’apparaisse au grand jour. La troisième compagnie ne serait pas de trop. Il y avait peu de chance de régler l’affaire avant l’arrivé de l’inquisition, si elle n’était pas déjà présente sur la planète.
C’est ainsi, en ces heures difficiles, que les capitaines Bélial et Barnard se rejoignirent sur le pont de « la colère du juste » accompagnés de leurs officiers en second. La traque allait pouvoir débuter :
« Bonjour maître Bélial. Je suis heureux de vous revoir malgré les circonstances.
- Bonjour maître Barnard. Comprenez que nous coupions court au protocole et que nous nous mettions à la tâche sans attendre. Vous savez que nous avons du abandonner une campagne contre des Orks qui nous a déjà coûté beaucoup.
- Fort bien. Depuis notre précédente venue, la foi de la population et plus spécialement de ses dirigeants s’est émoussée au point que le palais des hauts représentants de l’Empereur était gangréné de traitres. Nous savons qu’une grande quantité d’armes a été détournée depuis ces cinq dernières années. » Tout en parlant le capitaine entraina ses hôtes vers une salle de briefing dans laquelle divers documents étaient mis en vue.
« Dès que nous fûmes au fait de la présence de nos frères maudits, nous prîmes des prisonniers et notre chapelain investigateur Astérios les soumit aux interrogatoires de rigueurs. Evidemment, il n’y eut aucune clémence de notre part officiellement et ces prisonniers n’existent pas. Astérios, je vous en prie.
- Maîtres, mes frères. Pour être bref, voici les informations que j’ai pu récolter. Tout d’abord, les éléments détournés n’auraient pas quitté la planète. Un fait troublant sur cette production d’armes est qu’elle peut être divisée en deux catégories dont une est clairement l’apanage des astartes. Ma conclusion est qu’au moins un techmarine fait parti des déchus impliqués. Il faut leurs connaissances pour produire certains équipements qui ne seront utilisables que par des space-marines. De plus, il est question d’en ravitailler un nombre conséquent. Chose assez troublante car jamais nous n’avons eu à gérer un tel rassemblement. » L’information eut son impact même parmi des guerriers aussi aguerris. Les yeux de maître Bélial se mirent à briller d’une lueur avide et inquiétante.
« C’est inespéré, dit-il, l’Empereur nous donne une occasion unique de laver notre honneur.
- En effet mais la tâche doit être d’autant prise avec prudence. Lâcha Astérios. Bélial fit mine de ne pas noter.
- De combien de déchus parlons-nous ?
- D’une cinquantaine, peut-être plus. »
Chaque participant prit le temps d’absorber ces données et en profitèrent pour consulter les documents à leur disposition. Au bout d’un moment, le chapelain Abraxas de la troisième compagnie demanda :
« Qu’en est-il de la suite ? Le capitaine Barnard lui répondit.
- Notre présence est clairement annoncée et la chance a voulu que nous soyons promptement informés de la présence de nos frères. Un blocus planétaire a été mis en place afin que nul ne puisse s’enfuir. Les officiels et responsables commerciaux essayent de faire pression mais, bien entendu, cela ne pose pas de soucis tant que des autorités comme l’inquisition ne s’en mêlent pas. Après, ils exigeront de connaître nos raisons et il y a toujours une limite à ce que notre statut peut exiger d’absolutisme.
- Aucun inquisiteur ne s’est manifesté ? Il y a trente ans, ils s’étaient dévoilés aux autorités sur le tard.
- En effet Abraxas et nous n’avons aucune certitude en la matière d’où notre prudence et votre présence. Avec l’accord de maître Bélial, la quatrième compagnie continuera à œuvrer au grand jour pour faire face aux traitres. Nous nous déplacerons sur les sites susceptibles d’être corrompus et feront ce qu’il faut. La troisième compagnie nous suivra pour officiellement sécuriser les zones pacifiées. En vérité, il vous appartiendra d’enquêter après notre passage et d’entreprendre les raids nécessaires avec les deux unités de la Deathwing vous accompagnant. Notre chapelain investigateur œuvrera en plus de ces deux démarches et essayera d’enquêter parmi les ombres. Les détails concernant vos attributions respectives sont devant vous, établies conjointement avec maître Bélial.
- Il y a un dernier point que je voudrais soulever, intervint ce dernier. Ne croyant pas aux coïncidences, Barnard et moi-même pensons qu’un lien plus fort que le simple fait de profiter de la rancœur de la populace justifie la présence des déchus ici. A l’époque, l’hérétique Praxius essaya de réaliser un rituel démoniaque exceptionnel. Il serait surprenant que les forces de la ruine soient loin de toutes ces affaires. Nous comptons donc sur la vigilance de nos archivistes et la vôtre.
- A présent, à la traque ! Pour le Lion !
- Pour le Lion ! répondit en cœur l’assemblé. »

Linuial
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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 09:16
Je veux vivre.

Un studio de neuf mètres carré était ce à quoi pouvait prétendre un ouvrier célibataire à ce niveau de la ruche. On n’y comptait pas les toilettes et la salle d’eau quand ces dernières avaient la chance de se trouver dans le logement. Même compte tenu de l’époque et de la vie austère à laquelle chacun se savait voué, cela restait exigu. C’était d’autant plus vrai lorsque l’on était un astartes.
« Ca va faire deux semaines que vous tournez en rond ici. »
L’individu encapuchonné qui venait de parler, était assis près de la fenêtre brisée du local où Martinien s’était installé. Le Dark-angel restait silencieux.
« Je vois avec plaisir que vous vous êtes trouvé un endroit douillet et spacieux. Vous avez, de surcroit une bien jolie vue. » Faisant référence à l’immeuble en face où logeait Erell, le mystérieux personnage vit avec plaisir un mouvement de tête montrant une réaction de Martinien.
« Cela vous a-t-il fait plaisir de la voir, au moins? »
Le guerrier eut un petit rire désabusé.
« Qu’insinuez-vous ? Que je devrais vous être reconnaissant pour m’avoir sauvé ? » Le Dark-angel lui fit face et essaya de percer les ténèbres sous la capuche de son vis-à-vis, en vain.
« J’appartenais au chapitre et vous avez brisé cela. Aujourd’hui, il n’est point de retour possible pour moi. Mes frères m’exécuteraient sans hésitations et je ne pourrais pas leur donner tord. Je ne sais plus ce que je suis. Vous m’avez perverti misérable xénos. Si ce n’est dans ma tête, au moins dans ma chair. C’est certain.
-Et où cela vous mène-t-il Martinien ? Que devriez-vous faire ? Après tout, il ne me semble pas vous avoir mis le couteau sous la gorge.
-Vous saviez que cela aurait été inutile, fourbe !
-Soit. Néanmoins vous êtes là avec le xénos que je suis. Ne devriez-vous pas m’occire sans autre forme de procès ? Ensuite vous infliger à vous-même ce juste châtiment ? »
Martinien le fusilla du regard. Il sentait tout son être et son conditionnement lui hurler de donner raison à ce scélérat. A cet instant, il entendit la porte de l’immeuble en vis-à-vis. Il s’attendit à voir sortir Erell mais ce ne fut qu’une bande d’enfants en guenilles. Il se calma.
« Bien sûr… Sans doute le devrai-je mais, l’Empereur me pardonne, je veux vivre. »
L’étranger se leva et se dirigea vers un placard. Il sortit de sous sa toge un flacon argenté, pris deux gobelets et versa un liquide doré. Sans demander si l’astartes voulait boire ou non il prit son verre et laissa le second à disposition. Il retourna s’assoir.
« Martinien, encore une fois je ne vous force en rien. J’ai besoin d’un associé et non d’un esclave sinon il m’aurait été facile de trouver mon bonheur ailleurs. L’univers est très prolifique en la matière. » Il fit une pause et but une gorgée.
« Vous avez eu de l’ambition au sein de votre chapitre et on l’a refoulé. Vous aviez la carrure d’un capitaine mais vos supérieurs vous ont refusé cette promotion.
-Ils n’avaient sans doute pas tord. Je croyais en être digne mais l’aventure d’avec Lucie et mes différentes prises de conscience m’ont clairement remis à ma place.
-Ah ! Et bien, de mon point de vue, c’est totalement l’inverse. Aujourd’hui, vous êtes plus prêt que vous ne l’avez jamais été ! Grace à Lucie précisément. »
Martinien ne disait mot.
« Je l’ai senti il y a trente ans et c’est pour ça que je suis allé vers vous. N’importe lequel de vos semblables serait resté sur ses positions et m’aurait tué sans hésiter. » Martinien serra les poings et se tourna de nouveau vers le xénos qui finit son verre.
« Trente ans… Vous voudriez ma confiance et mon concours mais il reste tellement de zones d’ombres. Ce saut temporel, par exemple. Pourquoi a-t-il eu lieu ?
-Je vous l’ai déjà dit, cela m’arrangeait. J’ai plusieurs affaires en cours et il n’aurait pas été pertinent de vous laisser à volo entre-temps. Qui plus est, j’avais anticipé votre désir de revenir sur Adelphe III voir la fille de Lucie.
Enfin, j’avais besoin d’arguments et aussi d’un contexte pour vous permettre de prendre une décision.
-Vous voulez me manipuler pour vous attirer mon allégeance. Vous vous méprenez. Il me faudra du temps pour accepter le fait que je vis encore… Au plus profond de moi, j’espère toujours rejoindre les miens même après ces circonstances. Je me veux toujours utile au chapitre.
-Justement, figurez-vous que la barge de bataille de la 4ème compagnie des Dark-angels stationne depuis trois jours en orbite. Il semble qu’il y ait de nouveaux troubles dans les domaines de l’Empereur.
-Que dites-vous ?!
-Il n’y a pas qu’Erell qui justifie votre présence sur cette planète. Vous allez avoir les cartes en main pour faire votre choix et peut-être, qui sait, pourrez-vous rejoindre les vôtres. »
Martinien resta bouche bé un instant.
« C’est une plaisanterie. Vous me croyez si crédule ?! »
Il n’eut d’autre réponse qu’un sourire émergeant des ombres.
L’étranger se leva et disparu derrière la porte.
Bouillonnant, le Dark-angel se retourna et fixa l’accès du bâtiment d’en face. Pourquoi n’avait-il pas tué ce xénos ? Pourquoi risquer de se faire pervertir encore un peu plus ? Ces questions le taraudaient sans cesse. Il y avait évidemment le fait qu’isolé comme il l’était, il ne lui resterait plus grand-chose à quoi se raccrocher mais surtout il y avait un sentiment nouveau et détestable : la peur. Depuis son réveil, il avait eu à composer avec tant de nouveautés déstabilisantes qu’il en avait eut parfois la tête comme dans un étau. A présent, il avait tout de même eu le temps de faire le point et de se recentrer plus qu’il ne l’avouait. Martinien avait fini par comprendre la source de toutes ses angoisses. Pour la première fois de sa vie, c'est-à-dire depuis des siècles, il était libre mais de cette liberté, il ne savait que faire. Hors la dernière visite de son « sauveur » allait l’obliger à agir. Si ses frères de la 4ème compagnie se trouvaient sur cette planète, il avait le devoir de les rejoindre pour faire son rapport et sans doute pour mourir aussi. Choisiraient-ils de lui effacer la mémoire pour le réintégrer ? Dans son esprit, le vétéran ne savait dire si c’était mieux ou pire.

Au bout d’un temps qu’il n’aurait su estimer, le fils du Lion fut intrigué par de nouveaux venus dehors, dans la rue. Un homme ayant des implants mécaniques et portant une toge sale entra dans le bâtiment d’Erell. Il était accompagné par deux mutants colossaux dont un resta à l’entrée feignant de mendier. Il ne fallut qu’une seconde à Martinien pour comprendre que d’autres astartes usaient du même stratagème que lui pour se cacher en ces lieux. La surprise eut un effet revigorant pour Martinien. Evidemment, il était perplexe mais de l’action s’annonçait. Cette énigme dessinait un objectif à court terme. Il prit le gobelet laissé à son attention, s’accorda un sourire et but lentement. Il trouva la boisson excellente.
« Allons trouver ce qui se terre dans l’obscurité et puisse l’Empereur me guider. »

Linuial
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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 09:14
Le sens de ma vie

Un flash chassa l’obscurité un instant puis la lumière monta progressivement. Une fumée s’échappa de l’estrade, changeant de couleurs sous les caprices des projecteurs alors que des ventilateurs balayaient la scène, soulevant au passage des nuages de paillettes.
Enfin, une jambe d’une blancheur irréelle sortit de derrière les rideaux et un silence religieux accueillit la nouvelle danseuse. Commençant à faire chalouper ses hanches sous les regards vitreux de l’assemblée, une jeune femme drapée de tissus transparents avança jusqu’à une barre de métal au milieu de la pièce. La musique devint très forte et constituée essentiellement de basses faisant vibrer les tympans à en devenir sourd. La belle Erell, joyau du bar « l’Impératrice », faisait monter la température de la salle et chaque pauvre bougre du niveau 76 se battait pour avoir la chance d’assister au spectacle.
Ce soir-là était particulier, voir même unique dans toute l’histoire de l’humanité. Non pas, que la jeune femme soit à ce point belle ou douée mais, une fois n’était pas coutume, l’originalité venait du public. Parmi tous les ouvriers, gangers et quelques personnes des niveaux supérieurs venus ce soir là, il y avait, caché, un intrus : au fond, dans l’obscurité, drapé tel un mutant, un astartes posait son regard brillant sur la danseuse.
Martinien n’en revint pas de la ressemblance de sa fille avec Lucie. Elle était plus jeune et plus athlétique mais ses traits ne pouvaient que rappeler ceux de sa mère. Ces cheveux n’étaient pas attachés et portaient des perles assez vulgaires, sa tenue était évidemment aussi provocante que légère mais son regard trahissait l’héritage de ses parents. Le fils du Lion avait le plus grand mal à refouler des vagues d’émotions qu’il s’était cru, encore à ce moment incapable d’éprouver. Durant le spectacle, Martinien revivait à nouveau son isolement avec Lucie et Mariel dans les égouts d’Adelphe III. Immanquablement survenait le reste des évènements, la destruction d’Axia.et la mort de Lucie. Peut-être aurait-il mieux valut que lui-même succombe à ses blessures. Son « sauveur » ne lui avait pas menti et la fille de celle qui occupait ses pensées se trouvait bien là, devant lui.
Après trente minutes de spectacle, la jeune acrobate s’en retourna en coulisses, épuisée. Il fallut du temps pour que la tension retombe un peu. A ce niveau de la cité ruche, l’activité ne cessait quasiment jamais de la nuit et les danseuses défilaient pour des ouvriers avides d’oubli et de rêves. En coulisse, Erell se lava et se grima en ganger pour échapper à d’éventuels malades qui lui tomberait dessus à la sortie. Discrètement, elle rentra chez elle, retournant dans l’anonymat d’une foule désabusée.
Martinien ne perdit rien de ses mouvements et la suivit à l’aide d’un servo-crâne. Il se déplaça, passant par les structures et les toits ou se faisant passer pour un mutant s’il ne pouvait faire autrement que de se mêler à la foule. Il ne put s’empêcher de ressentir un sentiment d’indignation devant l’état du bâtiment dans lequel elle entra. Parsemé de trous et de vitres sales brisées, l’immeuble laissait s’échapper de ses entrailles divers tuyaux et câbles sur lesquels il valait mieux ne pas trop s’interroger. Des rongeurs répugnants rodaient près des poubelles et, en regardant l’état structurel de la bâtisse, son intégrité laissait croire aux miracles.
Maintenant, Martinien ne savait plus très bien ce qu’il voulait faire. Un astartes était formé à beaucoup de chose mais là, il se sentait perdu.

___________________________________________________________________________________________

Le capitaine Barnard enregistra ses derniers ordres et rangea le rapport du chapelain interrogateur dans son bureau de campagne. Il regarda son second, le champion de compagnie Antoine et lui tendit un double du dossier.
« Je dois m’absenter. Consultez ce rapport. Nous en reparlerons à mon retour. J’en ai pour une demi-heure. »
Les marines se saluèrent et l’officier Dark-Angel sortit du Land-Raider de commandement en direction du palais du gouverneur. Ce dernier était au standard de l’iconographie architecturale impériale : démesuré, austère, écrasant et bardé de moyens de défenses divers. L’archétype du palais d’un tyran.
Malgré toutes ses défenses, cette forteresse n’avait pas tenu longtemps face à ses troupes et le capitaine en éprouva une certaine affection pour sa compagnie. Maintenant néanmoins, il avait à composer avec la présence de déchus.
Les déchus… Leurs seules existences empoisonnaient l’esprit de ses hommes et il était amené à mettre dans la confidence ceux que le cercle intérieur n’avait pas jugés assez forts pour porter le secret. Décidemment, Barnard éprouvait de plus en plus de ressentiment envers cette planète. La dernière fois que sa compagnie avait eu à servir l’Empereur en ce lieu, il avait du décider de la destruction d’une cité ruche et avait perdu beaucoup des siens dont son unité de vétérans. De nouveau amené à rendre la justice sur ce caillou hideux, il se retrouvait dans une situation éprouvante. Le capitaine savait ce qu’il avait à faire et ce qu’il aurait à faire suivant l’évolution de la situation. Dans le fond tout était déjà décidé et bien qu’il fût formé à ce genre de situation, le fait qu’il puisse devoir ôter la mémoire, peut-être même la vie de ses propres vétérans ne pouvait le laisser indifférent. Ils n’en restaient pas moins des frères d’armes et des guerriers de grandes valeurs. Des amis. Il se reprit rapidement et avança vers la salle où Mariel et les autres avaient été mis à l’isolement. L’archiviste Gatien l’attendait déjà. Rétablir l’honneur du chapitre justifiait tous les sacrifices.
Un capitaine Dark-Angel, membre du cercle intérieur, ne pouvait s’offrir le luxe de se sentir perdu.

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Mariel avait l’âge honorable de 564 ans dont 542 années aux services du chapitre. Il lui sembla que c’était hier qu’il avait été intronisé au Roc parmi ses frères. Il y avait des rites très stricts en plus des épreuves à passer pour se montrer digne de faire parti des Dark-Angels. Le dernier rite, celui qui constituait la transition et la reconnaissance du Lion comme étant son père, comprenait un serment fait sur le livre des héros. Le maître archiviste du chapitre lui avait fait face en lui présentant l’ouvrage où étaient consignés tous les noms des astartes morts en faisant leur devoir. Dans ce serment, il avait refusé le mensonge et choisit la voie de l’Empereur : la voie de la vérité.
A l’époque, fort des préjugés de sa jeunesse, il considérait les secrets entre frères comme un mensonge par omission. De son point de vue, le pire de tous. Il avait partagé ce sentiment avec le frère Martinien avec lequel il avait fait son noviciat. Evidemment, dans le chapitre des Dark-Angels cela aurait du constituer un obstacle infranchissable mais ils faisaient le distinguo avec les secrets militaires qu’ils reconnaissaient comme étant inévitables et nécessaires. Leur avenir comme astartes semblait prometteur, il n’y eut pas de suite même s’il s’était décidé alors qu’il y avait un niveau hiérarchique qu’ils ne franchiraient jamais.
Après les révélations du frère-capitaine Barnard sur les déchus et la trahison de Luther, Mariel commença à se rappeler les mots précis des textes sacrés et les vit sous un autre jour. Il découvrait que ces mots préparaient subtilement chaque Dark-Angels à recevoir ce terrible fardeau et à le faire sien. Il commença à comprendre son éviction à son intégration dans la Deathwing. Il n’en avait pas été jugé digne et à juste titre, pensa-t-il. Cette évidence le blessa douloureusement.
Néanmoins, Mariel avait changé. Depuis la mort de Martinien, il avait appris encore plus les responsabilités et les liens forts d’avec ses frères. Il avait compris la valeur du silence et de dire les bonnes paroles au bon moment. L’occasion lui était donné à nouveau de se montrer digne de l’élite pour faire partie de la première compagnie et il ne la laisserait pas passer. Il traquerait les déchus et protègerait le secret quel qu’en fut le prix. De par son arrogance, il s’était privé de la possibilité de sauvegarder l’honneur de son chapitre. Il fit le serment de prouver au cercle intérieur sa valeur. Que l’on efface la mémoire des faibles qui ne sauraient supporter le fardeau ! Il n’en avait cure.
Plus jamais il ne se perdrait ainsi.

Linuial
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24 janvier 2009 6 24 /01 /janvier /2009 08:42
by MFT reporter



Impensable !

C'est le mot qui revient dans toutes les bouches depuis hier. En début d'après midi, alors que toute notre bonne cité faisait la sieste, et que le soleil cognait dur, les WIld'n Sneaky Snakes, dont nos précédentes éditions avaient révélés la présence dans nos parages, les Wild'n Sneaky Snakes se sont attaqués à notre banque !

Terrorisant les banquiers, ils se sont fait remettre nos économies par ces incapables !

C'est alors que dans un magnifique sursaut citoyen et patriotique, nos concitoyens, qui tous se présentaient au même moment  pour faire des retraits (peut être avaient-ils envisagés que cette banque était peu sûre), nos concitoyens dise-je, se sont attaqués d'un même élan aux pillards. Le bruit de la bagarre attira sur place les hommes du Sheriff Jarvis, lamentable protecteur du faible et de l'opprimé, désastreux garant de l'ordre public à Yellow Eye Junction, et ces derniers se mirent en position pour cerner les voleurs.

Malheureusement, la douzaine de citoyens qui cherchaient à assurer eux mêmes la sauvegarde de leurs économies, jugeant sans doute le sheriff Jarvis peu capable de la chose, cette poignée de brave a été massacré en quelques minutes par les peaux-rouges.

Tandis que les trois quarts d'entre eux prenaient la fuite, leur chef Tsi-na-pah et ses lieutenants Vittorio et Lone Eagle remontèrent à cheval et se ruèrent sur les volontaires du Sheriff. Là encore, l'un des nôtres ne se relèvera pas. Cherchant sans doute à protéger les fuyards, le chef de guerre fit volte face et, d'un incroyable lancer de lasso, jeta à bas de sa monture le sheriff Jarvis ! Il tracta ce dernier sur quelques mètres, et les indiens lui sautèrent dessus à bras raccourcis. Malheureusement, ils n'auront réussis qu'à lui fêler quelques côtes, ce que l'auteur regrette viviement, et qu'il trouve fort domage. D'ailleurs, l'auteur tiens à préciser que pendant que quelques héros défendaient au péril de leurs vies leurs fortunes, l'infâme sheriff progressait avec circonspection, lâchement caché derrière des boucliers humains ! Mr O'reilly, le barman, voyant une de ses filles être traitées de cette façon par ce piètre officier de la loi, et le révérend Lustucru lui-même trouvant inacceptable que même une fille de joie puisse servir de pare-balle, ces deux hommes s'interposèrent pour expliquer au sheriff et à ses adjoints leurs façons de penser.

Une fois Jarvis jeté au sol, ses adjoints n'attendirent pas et prirent la poudre d'escampette, contournant la grande grange de McPherson, laissant aux indiens toute liberté pour voler les économies des bons citoyens de notre ville ! Le chef indien se retira alors pour rejoindre le reste de ses pillards, à présent qu'ils ne pouvaient plus être rattrapés, et toute la bande a disparu dans la nature avec la caisse de la banque !

C'est inadmissible, et dès à présent l'auteur a laissé à l'accueil de la rédaction du journal une pétition réclamant la destitution du Sheriff Jarvis !!

-MFT-
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14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 22:40




by -MFT- reporter.

Hier, aux dires d'un jeune habitant de Yellow Eye Junction, prénommé Adel Mort, 8 ans, la bande des "Wild'n Sneaky Snakes" aurait été aperçue dans les parages de notre bonne ville.

D'après le sheriff Jarvis, notre jeune ville n'aurait rien à craindre, car "la loi, c'est moi ! Et ceux qui ne veulent pas la respecter, même s'il s'agit d'indiens pouilleux, je les remets dans le droit chemin de la légalité, moi !"

Du reste, il va sans dire que notre ilôt de civilisation implanté en terre païenne n'a rien pour intéressé une telle bande de va-nuds-pieds. Cependant, nous conseillons à toutes les personnes qui résideraient dans des lieux isolés de se mettre à l'abri en ville, ou si elles ne le souhaitent pas, du moins de se barricader solidemment chez elles. Prudence est mère de sûreté, comme dit le célèbre almanach !

Nous publions à toute fin utile un cliché datant d'à présent quelques temps, afin que chacun puisse reconnaître ces dangereux apaches et donner l'alerte le cas échéant (au premier plan, à droite sur son cheval, leur chef Tsi-na-pah, chef de guerre de la nation apache).

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7 janvier 2009 3 07 /01 /janvier /2009 13:01

 A L'ABORDAGE !

Au cours d'un combat spatial entre deux flottes, de petites forces sont fréquemment lancées à l'abordage de vaisseaux ennemis pour le désemparer ou au mieux le capturer. Un petit contingent est envoyé dans de telles conditions dans les coursives du bâtiment ennemi. Ils se sont profondément enfoncés dans les structures de l'adversaire, et sont sur le point d'atteindre leur objectif. Le défenseur doit tout faire pour l'en empêcher.

Ce scénario est prévu pour des batailles n'excédant pas les 1000pts 


 I_ Partie Standard


I_ Objectifs

L'attaquant doit atteindre une salle où son objectif est situé, de préférence à l'autre bout de la table. Il peut s'agir d'un capitaine à capturer, d'une bloc moteur à faire exploser, d'un arsenal à sécuriser...
Dans le cadre d'une mission de sabotage, toutes les personnages (sergents, exarques...) sont dotés de bombes à fusion ou assimilées (Kass Tank...)

Le défenseur doit défendre l'objectif.

L'attaquant gagne automatiquement s'il détruit l'objectif ou le capture et le tien jusqu'à la fin, le défenseur s'il parvient à le préserver.

II_ Table et déploiement

Pour des raisons que nous verrons plus loin, la table ne doit pas excéder 1 m sur 1 m (pas trop en dessous non plus). L'objectif est placé le long du bord de table du défenseur, au milieu de celui-ci. La salle qui le contient doit faire au moins 3 pas de profondeur. Le décor est composé d'un dédale de salles plus ou moins grandes, de couloirs, de cloisons et de portes (représentez les avec des Kapla ou bien des Lego)

Le Défenseur déploie le premier ses troupes en utilisant des jetons dont lui seul sait ce qu'ils représentent. Sa zone de déploiement est de 12 pas depuis le bord de table, et englobe l'objectif.

L'Attaquant se déploie ensuite, il place ses unités normalement dans une zone à 6 pas de son bord de table. Ses unités sont visibles : cela représente le fait que lui sait où il est et que son adversaire dispose de système de surveillance !

Les deux protagonnistes peuvent laisser certaines de leurs unités en réserves, mais ils doivent au moins déployer une unité sur la table.

Avant de commencer la partie, toutes les unités du défenseur visible par l'attaquant sont révèlées.

III_ déroulement et fin de partie

Le défenseur peut déplacer ses pions et les garder secret jusqu'à ce qu'il choisisse de les révéler pour tirer ou charger. Tout pion qui du manière ou d'une autre peut être vue dans n'importe quel tour par l'attaquant est aussitôt retiré du jeu et remplacé par l'unité à laquelle il correspond

Le combat à lieu dans un milieu confiné de portes et de cloisons. Le défenseur peut ouvrir toutes les portes qu'il veut, mais l'attaquant peut toutes les défoncées.

Une alternative intéressante serait d'inclure un poste électrique ou de commandes quelque part dans le décor qui puisse être atteint par les deux joueurs et qui permettent à l'attaquant de les ouvrir à son tour normalement.

L'environnement est entièrement destructible : les cloisons ont un blindage de 14 et 2 points de vie, tout dégâts superficiels lui en fait perdre un et tout dégât important les 2: le passage est alors possible (compte comme terrain difficile). Les portes suivent le même système mais n'ont qu'un blindage de 12.

La partie est à durée aléatoire.

IV_ Organisation alternative

L'attaquant doit impérativement disposer d'un QG mais ne peut en avoir plus, et peut ignorer les restrictions habituelles (comme le Big boss obligatoire). Il doit aussi obligatoirement prendre un choix d'élite. Les autres obligations ne s'appliquent pas.

Le défenseur peut sélectionner un QG, mais ne peut pas non plus en avoir 2 (sauf cas particulier). Il a le droit d'ignorer les restrictions habituelles (comme Big Boss obligatoire). Il doit obligatoirement sélectionner un choix de troupes.

Le défenseur doit en outre sélectionner un personnage dans sa liste d'armée assigné à la protection permanente de l'objectif, et si possible ayant un rapport avec celui-ci : un technaugure ou un techmarine pour des moteurs ou un arsenal, ou un mékano, ou bien un prophète ou un autarque eldar pour un centre de commandement ...
Ces personnages sont comptés dans la liste d'armée mais ne peuvent sortir de la salle (ils sont bien trop occupés à vérifier les écrans, la pression, les batteries...) et ne n'empêchent pas la séléction d'un QG normal comme indiqué plus haut.

V_ Règles spéciales

- Réserves, FeP milieu confiné

Les réserves entrent en jeu par n'importe quel bord de table pour le défenseur et par les 3 bords de tables qui restent "neutres" ou "amis" pour l'attaquant. Ce sont des unités qui ont déviées dans leurs téléportation ou bien qui arrivent par différents chemins depuis leurs torpilles d'abordage...

Les couloirs de retraite se font vers le bord de table de chaque joueur (le couloir étant à peu près sécurisé).

Milieu confiné : les combats ont lieu dans un environnement de coursives et de salles basses et très étroites : il est impensable d'y faire passer autre chose que de l'infanterie !
C'est pourquoi les deux protagonnistes ne peuvent sélectionner autre chose que de l'infanterie et c'est tout, pas même autoportée (elle s'encastrerait dans le plafond!).
C'est la raison pour laquelle il est préférable de jouer sur une table de faible dimension.

Une option intéressante peut être de combattre en combat nocturne soit dès le début de la partie soit à la suite de l'explosion du poste électrique ou de commandes des portes (à éviter si vous êtes du mauvais côté des pinces broyeuses !! )

 

 

II_Pour compliquer un peu

 

L’abordage d’un vaisseau spatial n’est généralement pas le fait d’une simple attaque mais plutôt d’opérations minutées et soigneusement planifiées. La prise de point stratégique, comme des arsenaux ou bien des chambres de moteurs, constituent souvent les principaux objectifs, pour lesquels attaques et contre attaques se succèdent.

 

On peut donc compliquer un peu le scénario en le transformant en mini campagne.

 

I_ Carte de campagne.

 

Dessinez une carte de campagne. Elle doit comprendre un certain nombre de salles, à votre discrétion, ainsi que des connexions entre celles-ci. Toutes les salles ne doivent pas être reliées entre elles mais chacune doit avoir au moins une connexion.

Désignez ces différentes salles suivant les objectifs que vous devez atteindre (et le fluff de la mission s’il y en a un).

 

Par exemple :


 

Blocs moteurs

 

Hangars Babords

Arsenaux

Hangars Tribords

 

PC Sécurité

 

Liaisons : 
Hangars Babords : Arsenaux, PC Sécurité, Blocs Moteurs
Hangars Tribords : Arsenaux, PC Sécurité, Blocs Moteurs
Blocs Moteurs : Arsenaux, Hangars Babords et Tribords
Arsenaux : Avec tous les secteurs
PC Sécurité : Arsenaux, Hangars Babords et Tribords

 

II_ Assignation des bonus

 

Assignez le bonus que vous souhaitez accorder au possesseur de chaque case. Une case peut n’accorder aucun bonus.

 

Dans notre exemple :

 

Arsenaux : permet de relancer un jet pour toucher OU pour blesser au tir. Une fois par partie.

 

PC Sécurité : Permet d’ouvrir ou de fermer magnétiquement une connexion à chaque fin de tour du possesseur.

 

III_ Assignation des objectifs :

 

Fixez un objectif primaire et des objectifs secondaires pour chaque joueur. Remplir l’objectif primaire rapporte 200pts de victoire, les objectifs secondaires 100pts.

 

Par exemple : Les Black Cross Angels doivent paralyser un croiseur Eclipse : ils doivent en priorité détruire le bloc moteur, puis désemparer le vaisseau en détruisant ses arsenaux, son PC sécurité, et en dernier lieu ses hangars, pour assurer la maîtrise des airs à l’Imperium.

 

Les Eldars doivent les empêcher et sauvegarder le plus d’objectifs possibles, à commencer par les moteurs.

 

IV_ liste de campagne.

 

La liste de campagne représente les forces engagées par les deux camps. Elle doit impérativement ne pas dépasser 1000pts.

 

Les restrictions prévues plus haut s’appliquent, mais ne tenez pas compte de l’obligation pour le défenseur d’assigner un QG à la garde de l’objectif.

 

Tous les personnages sont équipés gratuitement de bombes à fusion.

 

Les unités forment des groupes opérationnels dont la valeur ne peut dépasser 500pts. Vous ne pouvez pas avoir plus de 500pts d’un même camp par case. Ces groupes seront représentés par des pions sur la carte de campagne, et ce qu’ils représentent doit rester secret (chacun progresse à l’aveuglette).

 

V_ lancer l’abordage !

 

Le défenseur note où sont déployés ses groupes, mais ne le révèle pas. L’attaquant joue le premier et arrive par les secteurs les plus à droite ou à gauche de la carte de campagne. S’il y a combat, la partie est résolue suivant les règles de W40K et celles du scénario présenté plus haut. Sinon, les deux joueurs entament un nouveau tour de jeu.

 

Le tour de jeu se décompose en trois phases :

 

- Phase de mouvement : l’attaquant bouge un de ses groupes d’un secteur à un autre suivant les liaisons ouvertes. Puis c’est au défenseur et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il n’y ai plus de groupes à bouger.

- Phase de combat : les combats sont résolus. Le perdant fuit par un secteur adjacent s’il lui appartient ou est neutre, et que la liaison est ouverte. Sinon il est exterminé.

- Phase de renfort : chaque groupe peut échanger certaines de ses unités contre celles d’un groupe déployé sur un secteur limitrophe et accessible. La valeur de chacun ne peut toutefois pas dépasser 500pts, et vous ne pouvez pas intervertir les deux groupes ce faisant !

 

La campagne se joue en 6 tours (sauf si vous y tenez vraiment !)

 

VI_ Règles particulières.

 

- Les unités pouvant effectuer des Frappes en Profondeur par téléportation ou assimilé uniquement peuvent se téléporter dès le premier tour sur un secteur qui n’est pas le plus à l’extérieur de la carte de campagne. Elles peuvent le faire au cours d’une bataille uniquement si elles sont comprises dans la liste qui compose le groupe opérationnel.

 

- Un décompte des pertes en fin de batailles rendra le scénario plus vivant. Pour chaque figurine mise hors de combat par une attaque ne causant pas de Mort Instantanée, lancez 1D6 : sur un 1, la figurine est définitivement retirée de la campagne car le soldat est mort. Les figurines tuées par une Mort Instantanée sont définitivement tuées, inutile donc de lancer le dé !

-MFT-

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5 janvier 2009 1 05 /01 /janvier /2009 00:08
Le huitième chapitre de "la Traque" est en ligne ce soir ! 

Les fils de l'intrigue se dénouent ! Ne manquez pas cet épisode !

-MFT- 
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3 janvier 2009 6 03 /01 /janvier /2009 19:50




Après un long moment d'absence, notre reporter a enfin réussi à rejoindre notre bonne ville de Yellow Eye Junction. C'est un véritable exploit car les pillards apaches, que l'on a surnommé dans les milieux de la presse les "Wild'n Sneaky Snake", menés par leur chef Tsi-na-pah, font depuis la bataille de Rattlesnake Ground régner la terreur sur la contrée. Nous n'aurons pas besoin de rappeller dans ces colonnes le revers qu'à subit le contingent de la 7th Infantry Company  emmené par le Lieutnant Amrhael, et de la retraite pathétique qui suivit  l'échec de l'embuscade tendue aux natives.  Tous nos fidèles lecteurs se souviendront de l'hilarité générale qu'avait provoqué l'apparition des soldats relâchés nus comme des vers par le chef indien aux abords de la ville.

Cet épisode malheureux pour la réputation de l'armée aurait pu rester isolé, et ne pas donner suite à de trop fâcheuses conséquences. C'était sans compter l'audace des tribus indiennes, qui, le 4 Décembre dernier, ont fondu au lever du soleil sur nos soldats. Malgré que nos brillants défenseurs de la civilisation ait infligé de sensibles pertes à l'adversaire, les apaches ont remportés semble-t-il une très large victoire sur les forces fédérales. Leurs dirigeants se montrent peu diserts à ce sujet, mais ils reconnaissent que la situation est préocuppante. Des sources bien informées prétendent que le Lieutnant Amrhael aurait été près de succomber sous le nombre et la fureur des apaches, et que seule une fuite honteuse lui aurait permis d'échapper au massacre. De même, il en a été ainsi des hommes de la 66th du Lieutnant Torgan Smith, qui aurait sauvé de justesse l'étendard sacré des Etats-unis d'Amérique. Selon ces mêmes sources, seuls de tous, les Texas Rangers du Vieux Jack se seraient comportés avec honneur et bravoure, n'hésitant pas à charger les braves de Tsi-na-pah, pourtant connus pour être redoutable dans ce domaine précis.


Depuis,  la situation  ne fait qu'empirer, et nous redoutons que  ces pillards  apaches ne commencent à mettre réellement la région à feu et à sang, revendiquant leurs anciennes terres pourtant justement réclamées légitimement par les seuls êtres civilisés et à leurs seuls profits. L'avenir nous le dira, mais la dérisoire opposition qu'a pu soutenir l'armée ne va pas pour nous donner d'espoir d'amélioration sur ce sujet. Pour nous, il ne serait pas étonnant de voir bientôt se produire un acte de défi aux autorités, qui retentisse comme un coup de tonnerre sur les sierras et à travers les plaines ! Que DIeu nous en garde !
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29 décembre 2008 1 29 /12 /décembre /2008 12:29
Toujours dans le même souci d'économiser le nombre de pages, j'ai décidé de passer les récits : Operation WW2 sous forme d'articles, et de ne garder comme page que le sommaire, ce qui simplifiera grandement les choses.

A bientôt !

-MFT-
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