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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 14:16
- Oubliez vos vies passées. A partir de ce jour vous êtres des Dark Angels. Plus rien d’autre n’a d’importance : seul compte le Chapitre. Vos prouesses et votre courage vous ont rendus dignes d’intégrer l’élite de l’Humanité. Mais le chemin est encore long jusqu’au jour où vous pourrez endosser l’entière armure d’un des Fils du Lion.
Vénérez votre Primarque. Comme vous il a souffert, comme vous il a traversé des épreuves sans nom. Mais toujours il en est sorti, vainqueur et glorieux, un nimbe de puissance l’auréolant. Dans la souffrance et dans la douleur, confiez vous à votre Primarque Lion El Johnson. Dirigez lui vos prières. Il saura les entendre et vous écoutera. Il vous rendra plus fort à travers la douleur, et grâce à lui vous parcourrez le chemin d’épreuves dures et périlleuses qui vous attendent.
Dans le doute ou le désespoir, tournez vous vers l’Empereur. Là où réside la volonté de l’Empereur, là doit résider votre volonté. Il n’y a pas de doutes quant au but car il est le désir de l’Empereur. Il n’y a donc pas de doutes quant à votre volonté car elle doit accomplir le désir de l’Empereur. Il est La lueur, Sa lumière éclaire votre destinée. Dans le désespoir n’abandonnez jamais votre devoir. Il est de servir l’Empereur, même si cela doit passer par votre mort. Ainsi il n’y a pas lieu de désespérer. En n’abandonnant à aucun moment vous remplissez votre seule mission qui est de servir Sa volonté. Quiconque faillit à cet ordre, quiconque doute de son devoir ou désespère de sa situation, celui-là commet un blasphème envers l’Empereur. Et celui-là est un hérétique à Ses yeux, et aux yeux de son Chapitre.
Vous ne devez pas craindre la mort. Vous êtes la mort. Vous êtes ses messagers, vous êtes ses dispensateurs. La mort est la punition juste qu’apporte l’Empereur depuis Terra à ceux qui l’ont défiés. Vous en êtes les relais.
Vous intégrez au terme de votre développement morphologique le Chapitre des Dark Angels. A présent plus rien n’existe à part lui et à travers lui le souhait de l’Empereur. A présent, vous êtes les Novices de son service. Vous appartenez à la première Légion, garde prétorienne de l’Empereur. Vous appartenez à la plus renommée de toutes. Vous en serez les héritiers, et les continuateurs, par delà la mort de vos frères et par delà la votre. Sachez vous montrez digne de l’honneur qui vous est fait.
Oubliez vos vies passées. Oubliez vos noms, oubliez qui vous étiez. Vous allez choisir un nouveau nom. Vos faits d’armes le rendront respectable, honorable, vénérable. A présent, jeunes novices, soyez introduits dans notre fraternité.

Le Grand Maître Suprême Rhamiel fit le signe de l’Aquila, puis un pas en arrière. Un tonnerre d’applaudissement retentit dans la basilique sacrée du Roc. Le plan de l’édifice reprenait dans son tracé la forme de l’épée qui figurait sur les armes des Dark Angels. L’estrade sur laquelle se tenait rassemblé le Cercle Intérieur au complet était installée dans ce qui constituait le pommeau de l’arme. Dans la poignée s’était rangée sur deux lignes de deux colonnes se faisant face la Deathwing. Dans la garde, les vétérans des différentes compagnies s’étaient alignés le long du mur, de chaque côté de la travée. Au centre de celle-ci se tenaient regroupés une vingtaine de nouveaux novices, les uns encore sous le charme du discours, les autres contemplant leur nouvelle demeure. Certains observaient avec un certain degré de peur dans les yeux l’assemblée qui leur faisait face ou bien se tenait rassemblée derrière eux. Derrière eux justement les guerriers du Chapitre avaient pris place dans la nef qui constituait la lame de l’épée. Plus de mille guerriers ! Les Elus de l’Empereur, les Anges de la Mort, les Messagers de Son juste courroux !

A présent que le silence était revenu dans la titanesque crypte du Roc, le Maître Archiviste Ezekiel remontait la travée d’un pas volontaire. Il tenait un livre dans chacune de ses mains. Il s’arrêta devant les novices. Pas un ne bougeait. Il leur présenta le premier manuscrit. Il était épais, plus que tous les livres qu’ils avaient pu contempler jusqu’ici depuis leur enfance.

- Ce livre est le Grand Livre des Dark Angels. Ici sont consignés les noms de tous les Frères entrés au service de l’Empereur. Ici sera consigné votre nouveau nom. Soyez fiers de le voir parmi ceux de tant de héros. Soyez dignes de cet honneur, en toutes choses.

Il leur présenta alors le second livre. Il était sensiblement aussi volumineux que le premier.

- Ce livre est le Liber Honorificorum. Ici sont consignés les noms de tous les Frères tombés au service de l’Empereur. Ici sera consigné votre nouveau nom car vous tomberez dans l’Honneur. Soyez fiers de le voir figurer parmi ceux de tant de héros. Et souvenez vous que si votre vie a un terme, votre gloire grâce à ce livre sera éternelle. Soyez dignes de cet honneur sans nul autre égal.

Sitôt la fin de son discours, deux serviteurs mécaniques s’approchèrent de l’archiviste. Ils se virent confier les précieux livres, qu’ils posèrent sur des coussins de velours vert frappé des armoiries blanches du Chapitre. L’un d’eux ouvrit le premier, et le second prit une plume qu’il trempa dans une encre d’un noir de jais.

Ezekiel déroula un parchemin, puis dit :

- A l’appel de votre nom, faites trois pas en avant, donner votre nouveau nom, et allez vous mettre sur un rang, trois pas derrière moi. Evan Lance-Serpent !

Le jeune Astartes suivit les instructions et lança :

- Hier je me prénommais Evan Lance-Serpent. Aujourd’hui je serais connu et redouté sous le nom de Frère Torvael, des Dark Angels.

Le serviteur inscrivit le nom sur le registre pendant que le nouveau Frère allait rejoindre sa nouvelle place.

- Tlaloc le Fougueux !

A nouveau un novice s’avança et récita la phrase rituelle.

Une dizaine d’appelés avait déjà défilé. Parmi ceux qui restaient, Aigle-Taciturne attendait, le cœur un peu serré. L’angoisse de l’ambiance à la fois austère et prestigieuse ? La peur de l’inconnu ? Un vague sentiment diffus le mettait tout de même mal à l’aise malgré la joie qu’il éprouvait d’intégrer le cercle des Guerriers du Ciel. Peut être était-ce celui de quitter à jamais la famille qui l’avait protégé et façonner pendant ses premiers printemps ? Il n’avait pas eu le loisir de leur dire adieu. Pourtant même si cela lui pesait sur le cœur, le jeune garçon qui venait de fêter son treizième printemps devait se montrer fort. C’était pour cette vaillance qu’il avait été choisi, et c’était cette solidité que le Chapitre et l’Empereur attendait de lui.

-Aigle-Taciturne !

C’était à lui. Il s’avança au centre de la travée. Il jeta un bref regard circulaire alentour. Tous avaient les yeux braqués sur lui. Sa gorge lui semblait très sèche. Il se força à articuler d’une voix claire et forte.

- Hier je me prénommais Aigle-Taciturne. Aujourd’hui je serais connu et redouté sous le nom de Frère Gabriel, des Dark Angels.

Il ne jeta pas un regard aux scribes de métal qui pourtant inscrivaient pour l’éternité son nom dans le Grand Livre du Chapitre. A présent à jamais il avait quitté ceux qu’il aimait pour entrer dans la réalité d’un univers toujours en guerre, où la paix n’existait pas et où la mort n’avait de cesse de faucher pour que triomphe la volonté de l’Empereur. Et que soit assurée la gloire du Lion, et de ses fils. Dont à présent Gabriel faisait parti.

Lorsque les noms furent tous compulsés dans l’antique ouvrage, les serviteurs refermèrent les grimoires et disparurent à travers la grande porte d’entrée dans le dédale de couloir que renfermait le Roc.

Ezekiel traversa les rangs. Dans un synchronisme parfait les novices pivotèrent sur eux-mêmes pour à présent fixé l’estrade sur laquelle monta l’archiviste. Rhamiel s’avança à nouveau. Il étendit les bras et clama :

- Frères ! A présent que nous voilà tous réunis, que commence le Banquet des Damnés !

-MFT-
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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 18:56
Aujourd'hui est un grand jour !

Dans les ténèbres d'un lointain futur, il n'y a pas de paix, pas d'aide, pas d'espoir, il n'y a que la guerre.

Ou presque.

L'Humanité lutte pour sa survie avec acharnement. Au premier rang de ses défenseurs se dresse l'Inquisition. Ses innombrables Inquisiteurs traquent avec l'aide de leurs cellules d'acolytes les germes de la corruption et de l'hérésie dans la population. La mort ou la folie guette à chaque détour ces terribles hommes et femmes attelés à leur non moins terrible tâche, mais le but ultime vaut tout les sacrifices : sauver l'Humanité d'elle-même !

Suivez les aventures de l'une de ces cellules à travers le récit qui suit !

Bonne lecture !

-MFT-
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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 18:53

Le Tricorne. Tel était le nom du palais de l’Inquisition qui étalait la magnificence de ses façades et l’outrageuse splendeur de ses décors dans les entrailles de la ruche Sibellus, la plus grande et la plus ancienne des cités de Scintilla, planète capitale du secteur Calixis. Le sombre bâtiment lançait ses trois gigantesques tours vers le ciel, dardant loin à travers les dômes et les terrasses des niveaux supérieurs de la ville.

Mais pouvait-on parler encore de ville ? Les ruches humaines étaient des conglomérats d’immeubles, empilés les uns sur les autres, grimpant et s’effondrant tour à tour, s’enchevêtrant en des entassements hallucinants. Ses spires, ses flèches et les dômes des niveaux supérieurs perçaient loin à travers les nuages, ne recherchant visiblement qu’à rester toujours « la » plus haute flèche de la ruche. Leurs possesseurs et résidents, les familles nobles de Scintilla, habitaient ces niveaux supérieurs, « gouvernaient » et « administraient » la cité en théorie, en fait rivalisaient en des luttes d’influences meurtrières, s’escroquaient, se pavanaient, se prélassaient dans la débauche ou le luxe, ou s’offraient parfois quelques distractions excitantes en allant chasser le « manant » dans les niveaux subalternes.

Les niveaux subalternes étaient composés avant tout de fantastiques manufactoria, vomissant leurs fumées nocives, noyant tout les niveaux inférieurs dans la pollution, la poussière et recouvraient la misère ambiante d’un nuage de toxicité comme elles recouvraient les rares dômes qui laissaient passer la lumière du ciel d’une chape de plomb. Là, se traînait une population toujours laborieuse, jamais au repos, qui errait des manufactoria à leurs foyers désolés et vice versa, prenant à peine le temps de trouver leurs subsistances. Hormis le crime, l’alternative à ce cauchemar quotidien n’existait pas. C’est pourquoi bon nombre de résidants choisissaient de se faire racaille plutôt qu’ouvrier. Dans ces lieux prêchaient les missionnaires à moitié fous de l’Ecclésiarchie, et sévissait les cultes plus ou moins légaux ou carrément hérétiques. Mais cet enfer était un havre de paix par rapport aux sous-niveaux de la ruche.

Les sous-niveaux n’étaient habités que par les rebuts de la société, les mutants et d’autres abominations encore pires. Dans ces dédales de bâtiments effondrés, dans les effluves des lacs irradiés, des déchets et des immondices, sévissait la pire guerre des gangs qui soit. On ne condamnait jamais à mort dans Sibellus. On envoyait les condamnés dans les sous-niveaux. Un sort bien pire...

 

Le Tricorne. A l’intérieur de cet édifice gargantuesque, une myriade de couloirs, de niveaux et salles traçait un si fantastique labyrinthe que personne, hormis peut être l’Inquisiteur Aegult Caidin, le maître de lieux depuis plus de deux cents ans, personne n’en connaissait le tracé exact. Quand à tous les arpenter, il était fort probable qu’une vie n’y suffise pas, et l’eût-elle suffit que cela aurait été encore impossible. De l’auditorium du conclave aux derniers des cachots les plus secrets, en passant par les salles d’interrogatoire et celles des archives, une véritable spatialisation de la hiérarchie, de l’interdiction tatillonne et du niveau d’accréditation s’était profondément ancrée dans le bâtit. Aucun lieu n’était accessible sans laisser passer, et l’échelle des autorisations était au moins aussi haute que les flèches que la noblesse de Sibellus s’évertuait à dresser au-dessus des têtes de ses voisines.

Dans un de ces innombrables couloirs, deux personnes attendaient devant une épaisse porte d’acier. Pour l’humain normal, la méfiance était déjà de mise lorsqu’il se trouvait confronté à un semblable. Qu’aurait-il fait s’il avait eu à rencontrer les deux inconnus qui patientaient depuis maintenant plus d’une heure qu’on les fasse enfin pénétrer dans la pièce attenante ?

Le premier, vêtu d’une longue robe rouge écarlate, laissait provenir un sifflement intermittent à travers le respirateur facial qui lui masquait la bouche. La capuche qui tombait sur son visage et jetait un voile d’ombre sur sa face ne laissait briller que le reflet des torches du couloir dans le violet de ses pupilles. Ses longues mains délicates mais à l’étrange teinte bleutée émergeaient parfois des manches de sa robe pour tripoter machinalement l’Opus Machina, le symbole du culte des Technoprêtres de Mars. Un cantique sacré à la gloire du Dieu-Machine accompagnait généralement ce petit geste d’impatience. Parfois aussi, un mouvement de tête laissait entrevoir de longs cheveux noirs. D’une stature plutôt imposante, l’homme (car s’en était bien un) trompait son ennui en se réfugiant dans la vénération et la prière.

Le second, ou plutôt la seconde, était une jeune femme à la peau noire revêtue de l’uniforme des recrues de l’Adeptus Arbites, un gilet composite était passé dessus la veste. La chevelure aux couleurs de la pourpre qui lui coulait du haut du crâne jusque sur les épaules lui donnait un tour pour le moins étrange. Ses yeux bleus perçaient les ténèbres d’un regard d’un froid d’acier, d’un regard déjà inquisiteur et soupçonneux. Assise le dos collé au mur, l’Arbites contemplait son fusil posé entre ses jambes. On aurait plutôt dut dire que son regard se perdait dans le vague, loin derrière son arme. Ses pensées volaient sans doute de sujet en sujet, l’ennui étant plutôt propice à ce genre de réflexions fugace. Sa carrure, bien qu’en partie dissimulée par les habits amples et mal ajustés qu’elle avait reçu lors de son intégration, semblait être svelte et robuste à la fois, agréable à l’oeil par ses proportions tout en trahissant une vigueur physique acquise par un entraînement constant.

Aucun des deux n’avait adressé la parole à l’autre. L’Arbites paraissait plutôt repoussée par l’allure générale et peu engageante de son voisin. L’autre lui rendait son mépris, elle qui n’avait sans doute jamais mis les pieds dans l’espace ni contemplé les étoiles autre part que sur le képi d'un officier.. Dans ce silence pesant, les minutes passaient les unes après les autres, lentement, très lentement. Rien ne venait troubler leur attente, pas même le passage d’un serviteur décérébré. Ce couloir était désert, et abandonné de tous... à tel point que les deux inconnus commençaient à se demander ce qu’ils attendaient pour repartir...

 

Soudain, sans que rien ne l’eu annoncé, la porte s’ouvrit et libéra le passage à un serviteur mécanique. La chose, montée sur des chenilles, le corps au trois quart recouvert de fils électriques et de conduits d’alimentation, leur indiqua d’un bras d’entrer.

Ils pénètrent dans un vaste vestibule, aux tentures d’un rouge profond, d’un rouge carmin rehaussé de fils d’ors. Deux statues de marbre blanc évoquant des reproductions d’oeuvres aujourd’hui à jamais perdues encadraient les visiteurs. Un vieil adepte, au nez recourbé et au regard méfiant, les pria de bien vouloir continuer plus avant, poussant même l’amabilité jusqu’à leur ouvrir la porte. Ils passèrent le seuil, et s’arrêtèrent, interloqués. Ce qu’il voyait dépassait en magnificence tout ce qu’ils avaient déjà vu auparavant. Des broderies, des tableaux, des sculptures se partageaient une bonne part des murs de la pièce. Le reste était occupé par des rayonnages de livres, de fichiers et de banques de données informatiques. Jamais encore ils n’avaient vu tant de richesses concentrées en une surface pourtant somme toute peu étendue. Une porte s’ouvrait entre deux bibliothèques. Au bout de la pièce, leur faisant face, un homme était assis dans un fauteuil de bois précieux, aux coussins de satin. Son visage était assez beau, sa peau bronzée comme s’il avait passé trop de temps exposé à la chaleur d’un lance-flammes. Une prothèse bionique avait remplacée son oeil gauche. Malgré tout, il n’était guère facile de lui donner un âge même si il donnait l’impression d’une certaine jeunesse. Peut être utilisait-il des drogues Juvenat ? Ca n’était pas une possibilité à exclure, loin de là. Enveloppé dans de larges robes de tissus précieux, il n’était pas possible de se faire une idée de sa taille ou de sa corpulence. En tous cas, l’homme s’affairait dans une montagne de dossiers et de documents, relevant à peine la tête pour réfléchir quelques instants. Ce fut sans même un regard qu’il leur ordonna de s’assoire.

Au bout de quelques nouvelles minutes de silence méprisant, l’Inquisiteur releva enfin la tête et daigna leur accorder son attention.

-Je suis l’Inquisiteur Otto Von Didakt. Avez-vous déjà fait connaissance ?

Ses deux invités répondirent par la négative.

-Tant pis pour vous, reprit-il. Ca n’est pas à moi de le faire. Je vous ai choisi l’un comme l’autre pour constituer une cellule à mon service. N’oubliez jamais que sans moi, vous n’êtes rien, et que mon sceau inquisitorial me donne droit de vie et de mort sur vous.

Il les scruta de ses yeux bruns mais durs sans rien ajouter de plus. Mal à l’aise, ses interlocuteurs restèrent cois et évitèrent autant qu’ils le pouvaient de croiser son regard. Après une longue, très longue minute, Von Didakt entra dans le vif sujet.

-Connaissez vous la colonie 228 ? Non ? C’est bien dommage, parce que la mission que j’ai l’intention de vous confier va vous y envoyer tout droit. Comme sur tout monde impérial, la planète est agitée de troubles, d’ordinaire sans importance.  Il s’avère que sur 228, ces troubles ont connus une expansion qui m’inquiète quelque peu, et je ne suis pas le seul à penser ainsi. C’est pourquoi je vous envoie là-bas. Votre mission consiste avant toute chose en recherches de renseignements. Je veux savoir ce qui est la cause de cette augmentation, et qui sont les principaux agitateurs. Si, et seulement si, vous le pouvez, mettez hors de nuire ces responsables. Ne le faites qu’en cas de nécessité absolue, si les choses dégénèrent. Je n’ai personne de compétent et de disponible à mettre sur cette affaire, c’est pourquoi j’ai été obligé de vous recruter, vous. N’oubliez pas que votre objectif est le renseignement, et pas autre chose en premier lieu. Suis-je bien clair ?

Toujours sous l’effet de la crainte, les deux nouveaux acolytes acquiescèrent en silence.

-Vous pouvez aller chercher votre solde au guichet E459z mais ne comptez pas sur moi pour vous dire où il est, débrouillez tout seuls. Je ne suis pas là pour vous maternez. Empruntez également le mode de transport que vous trouverez, mais je vous veux là bas le plus rapidement possible. Des questions ?

Le Technoprêtre fit signe qu’il en avait effectivement une.

-Tant pis pour vous. Je ne suis pas là pour vous maternez, je vous l’ai déjà dit. Maintenez hors d’ici, j’ai du travail ! Je ne vous raccompagne pas, vous connaissez le chemin.

Et, sans guère de ménagement, l’adepte les pria de laisser seul leur maître au plus vite.

 

La porte du bureau de l’Inquisiteur Von Didakt se referma sur eux dans un bruit sourd.

L’adepte du Dieu-Machine se retourna alors vers sa compagne de galère, et articula à travers son respirateur, d’une voix au ton métallique :

-Cassant, ce type, hm ?

 

-MFT-

 

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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 11:19
Et voilà ! Le dernier épisode de la Traque est en ligne !

Et comme vous allez le découvrir, les choses ne font que commencer ;)

Bonne lecture, merci à tous ceux qui ont pris le temps de suivre ces récits ! Et à bientôt pour de nouvelles aventures :D  !

-MFT-
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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 22:12
Un nouveau chapitre de cette longue série est disponible à la lecture ce soir !

Have fun !

-MFT-
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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 10:31
Flavia & Axia - Guerre urbaine & croisade

Flavia
Une cité ruche est le résultat d’une logique sociale et systémique alambiquée, devenue tellement complexe avec le temps que personne ne peut prétendre la contrôler. On peut y avoir une influence plus ou moins forte tout en restant soumis à son mécanisme. De tout temps, l’humanité a donné naissance à des systèmes sociaux pour vivre en communauté et immanquablement, ces derniers vieillirent mal. Souvent naissants plus par la volonté d’une minorité que de celle du peuple, ils viennent au monde, imparfaits, avec des écarts entre les classes qui se creusent inexorablement. Les nantis se perdant à conserver leurs privilèges sur le dos d’une masse exploitée, on glisse vers une oligarchie naturelle. Tels des organismes qui ne servent plus autant l’homme que l’homme ne les sert, ces systèmes s’aménagent des nids monstrueux prenant la forme de cités ruche. A plus grande échelle, l’Impérium suit la même logique.

La cité de Flavia comportait des similitudes avec ses homonymes d’autres planètes comme Nécromunda et à l’identique de cette dernière, il y avait la notion de Sous-monde.
Un Sous-Monde et son organisation est au-delà des lois dictées par les Maisons nobles et la ruche. Profonde de plus d’un kilomètre, sa zone n’est jamais parfaitement définie. C’est un chaos surpeuplé et pourtant abandonné. On y vient pour se cacher ou faire sa fortune. Y naitre est une malédiction.

Une ruche est toujours d’une taille extravagante et il en était de même sur Adelphe III. Les couches superposées de plasbéton en forme de dômes abritaient l’équivalent d’un département avec ses villes, ses reliefs artificiels de ruines désaffectées et de bâtiments insalubres. Des lacs corrosifs et pollués amenaient une variation visuelle sans réconfort. Hormis pour les niveaux supérieurs, le ciel était devenu une légende pour les autochtones les plus désœuvrés. Malgré des conditions dures et une géographie martyrisée, des villes dans la cité existaient et dans une certaine mesure prospéraient littéralement. C’est-à-dire que l’idée ou le concept prospérait mais pas les individus. Les usines d’extraction des ressources se trouvaient souvent dans les bas niveaux, ce qui créait de l’emploi, des intérêts et donc des conflits.
Le chapelain Astérios avait obtenu de ses victimes l’emplacement des déchus dans le Sous-monde de Flavia : Ortonius.

*

La ville comptoir d’Ortonius n’était pas très large, à peine 500 mètres, bordée à l’est par une muraille de filtrage gazeux qui faisait office de falaise surplombant le port du lac Pyros. A l’ouest, un accident catastrophique d’une usine chimique de la maison Ozoft avait créé un véritable ravin. L’approche des lieux ne pouvait se faire que par le sud. Une attaque ou un largage orbital était inenvisageable de par les dômes surplombant l’ensemble. Des frappes par téléportation ne pouvaient s’effectuer qu’à l’aide de balises soigneusement disposées à cause de la densité urbaine et des variations énergétiques de ces milieux. Les maisons en bétons renforcés et en métaux lourds offraient une formidable résistance. Dans les quartiers les plus anciens se dressait l’ancienne techno-église Paule alors désaffectée. Elle était entourée de vieilles demeures de deux ou trois étages dont le rez-de-chaussée n’était souvent qu’une seule grande pièce sans fenêtre donnant sur des rues pavées, étroites et sombres. Un système de passages souterrains reliait les différentes demeures par des caves, datant de la catastrophe chimique. Cela avait permis aux habitants de se déplacer sans s’exposer aux retombées toxiques. Au sud, les maisons plus modernes et les entrepôts étaient disposés en quadrilatères réguliers, mais les rues étaient si étroites que les immeubles, la plupart de quatre étages, se touchaient presque. La cathédrale Clémence pouvait être aperçue au sud-est, relativement bien conservée mais n’abritant plus aucun ecclésiastique depuis longtemps. Il n’y avait que deux ou trois avenues assez larges pour permettre le passage de blindés, ce qui laissait peu de choix aux attaquants. La difficulté pour acheminer les chars à ces niveaux n’était pas la seule raison pour laquelle un pilonnage brutal mais économique en vies ne fut pas envisagé. Avant toutes choses, la priorité des Dark-Angels était la récupération des déchus pour pouvoir sauver leurs âmes et par la même permettre au chapitre de s’absoudre de ses pêchés. De plus, même avec leur approche militaire accordant peu de concessions, les fils du Lion savaient qu’à ce niveau de la ruche, une telle attaque aurait profondément heurté l’opinion et aurait suscité des révoltes qu’ils ne pouvaient s’offrir le luxe de mater en parallèle. La nécessité d’aller débusquer les traitres sur place était incontournable.

La guerre urbaine, même pour des astartes, restait une des pires configurations de batailles possibles et la principale source de problèmes pour un stratège. Malheureusement, les villes étaient devenues le champ de bataille le plus courant depuis longtemps. Elles abritaient des populations, des centres de transports, des sièges administratifs, des sources de richesses, des complexes industriels, des réseaux d’information, des nœuds vitaux de communication…etc. De plus, c’était en milieu urbain que se trouvaient le plus souvent les idées radicales, que les dissidents trouvaient leurs alliés et que les mélanges raciaux provoquaient des frictions ethniques. Le tout attirant avidement l’attention des médias qui, même s’ils étaient tenus au silence par les autorités impériales, ne pouvaient être totalement muselés.

La seule réalité d’un combat urbain était que cela impliquait des opérations d’infanteries très éprouvantes physiquement et psychologiquement. La nature même des astartes et leur équipement leur permettaient de faire une différence déterminante dans la majorité des cas sauf quand ils étaient confrontés à leurs semblables. Vétéran de nombreuses campagnes du même genre, le chapelain Abraxas de la troisième compagnie allait mener les opérations sur Ortonius. Maître Bélial et la Deathwing seraient en attente de téléportation pour venir capturer les déchus et repartir rapidement. L’impératif de garder ces renégats hors de vue du monde et même de certains Dark-Angels ajoutait aux difficultés.

L’assaut fut lancé fort d’un effectif d’une cinquantaine de Dark-Angels et d’une vingtaine de scouts contre un nombre d’ennemis humains et space-marines inconnu.


*
Axia
Erell n’avait pas dit un mot depuis l’appartement et avait suivi sans résistance les serviteurs de Séverin. Martinien ne l’avait pas quitté mais n’avait rien osé dire non plus. Leurs regards ne s’étaient pas croisés durant les deux heures et quart du voyage. Embarqués dans un transport du méchanicum, ils avaient volé en rase-motte à travers les plaines, les montagnes puis le désert radioactif menant à Axia. Anhiel était avec eux et ne quitta pas Martinien du regard, lui faisant comprendre à quel point sa présence lui coutait. Ce dernier s’en fichait éperdument et avait une difficulté particulière à mettre de l’ordre dans ses pensées. Un mal de crâne insidieux l’accompagnait maintenant depuis plusieurs jours. Il bouclait sur son avenir, ne sachant pas quoi faire. Les vérités qu’il avait découvertes sur ses frères l’avaient profondément blessé. Il aurait donné sa vie au chapitre, il aurait été prêt à tout pour lui. Son ambition à commander n’avait pas été éconduite à cause d’un manque de compétences mais pour garder cacher un secret honteux. Un secret qui transformait peu à peu les descendants de la première légion en traitres à l’humanité.
Le paysage hypnotique défilait monotone. Lorsqu’enfin ils arrivèrent au-dessus des ruines, Martinien réalisa qu’il était près de l’endroit où Lucie avait été tuée. Cela le réveilla et lui fit observer plus avant la désolation des lieux. Le ciel était encore chargé de la poussière mortelle soulevée lors du bombardement. Voyant ce spectacle de destruction, le fils du Lion se rappela tous les théâtres de campagnes et les champs de batailles sur lesquels il avait combattu tel un automate. Jamais il n’avait considéré ces lieux comme des cadres de vie. A aucun moment, il n’avait réfléchi à « l’avant » d’une scène de carnage. Une mélancolie malsaine s’entremêlant avec une culpabilité acide, Martinien ne put détacher son regard du hublot jusqu’à ce que l’appareil ne stationne près d’un puits de trois cent mètres de diamètre. La navette plongea dans l’obscurité les projecteurs allumés, collant les passagers à leurs sièges. La descente fut longue. Erell agrippa le bras de Martinien, l’inquiétude prenant le pas sur l’amertume. Ce dernier la regarda penaud quelques secondes et détourna le regard feignant l’indifférence plutôt que de se montrer compatissant. On voyait que des passages avaient été aménagés tant bien que mal au travers des éboulis mais même ainsi, il fallut plus d’une heure pour que le vaisseau n’arrive enfin à destination. Une plate-forme, elle-aussi installée post-destruction, permis d’atterrir sans encombre. Un sas télescopique vint s’arrimer pour protéger les passagers des radiations. Les marines se levèrent, mirent leurs casques et enjoignirent Martinien de faire de même. Séverin l’avait autorisé à porter l’épée et l’armure de Nemiel ce qui n’aida pas à ce qu’Anhiel vive mieux la situation. On donna à Erell une combinaison de qualité pour qu’elle puisse elle-même se protéger.
« En avant. On en a pour un moment à marcher. » En effet, cela dura deux heures de plus. Ils empruntèrent des passages de toutes tailles. Parfois il fallu que les Astartes se baissent tant le boyau devenait étroit, parfois ils passaient dans les dômes immenses du Sous-monde qui avaient été balayés de l’intérieur par le souffle sans pour autant s’effondrer. En marchant, Martinien remarqua les temples dédiés aux puissances de la ruine qui avaient été détruits, sans doute érigés par les mignons de Praxius. Il cru voir ici et là des restes d’armures énergétiques. Ils continuèrent à marcher descendant toujours plus profond, utilisant parfois des monte-charges qui avaient été installés, sans doute pour acheminer du matériel. Les travaux d’aménagement avaient été énormes et les moyens investis considérables. Ils arrivèrent à un changement de décors et Martinien reconnut une signature non-humaine. Le sol était atypique car en cuve, non plat. Voyant sa surprise, Anhiel lança :
« Les xénos que nous avons du déloger, il y a dix mille ans, n’avaient pas de jambes mais étaient rampants. Toute leur architecture était influencée par cette morphologie sauf pour les ghettos humains qu’ils avaient construits. Par exemple, il n’y avait pas d’escaliers mais uniquement les pylônes autour desquels ils s’enroulaient pour monter ou descendre des étages. Cela dit, on n’a pas eu de gros soucis là-dessus, ils n’avaient pas beaucoup de structures en surface et préféraient vivre sous terre. Ils craignaient la lumière et les radiations solaires. Ils déléguaient à leurs esclaves la gestion des ressources en plein air. C’est en partie pour ça qu’ils en avaient besoin d’ailleurs. Martinien en profita pour essayer de discuter un peu, histoire d’en savoir plus.
-Ils devaient bien exercer une influence d’une manière ou d’une autre. On ne laisse pas des esclaves sans surveillance.
-En effet et vous verrez bientôt. Ce fut une des spécificités qui fit que cette campagne avait été particulièrement épineuse. Je ne parle même pas des combats en sous-sols. Martinien devint songeur.
-Ca devait être une époque extraordinaire.
-Oui… Oui, assurément.
-Avez-vous déjà vu l’Empereur ?
-En vérité ce fut de très loin. J’ai rejoint la légion deux campagnes avant qu’il ne se retire régulièrement vers d’autres occupations comme intégrer ses fils à l’Impérium. Cela dit, il n’y avait pas besoin de le voir pour sentir sa présence sur un champ de bataille. C’est comme si on nous avait permis d’être des dieux puis condamnés à des vies de mortels comme une disgrâce ou une punition. On nous a prit notre sang et notre foi. » Anhiel regarda Martinien d’une façon que ce dernier ne put déchiffrer à cause du casque. Il faillit parler mais se rendit compte qu’il n’obtiendrait plus rien pour l’instant. Le reste de la marche se fit en silence. Tout à ses considérations sur l’époque de légende, Martinien réalisa un peu tard qu’il avait de nouveau oublié Erell qui marchait à ses cotés, se forçant à ne pas trembler et rester digne. Le Dark-Angel réalisa que son approche de guerrier et d’astartes voué à se battre ne pouvait être la même pour elle dont le seul horizon n’avait jamais été que de danser devant des yeux vitreux. Elle était fragile et bien mal adaptée à la vie dans cet univers. Assez pitoyable en fait.
L’architecture xénos était déroutante mais son expérience lui permis de voir l’influence religieuse et magique de cette race. Il était évident qu’elle côtoyait l’ésotérisme. Les décorations et bas-reliefs n’auraient pas suffit à amener cette conclusion mais on pouvait encore distinguer des commutateurs et autres instruments d’intérêts pratiques, manufacturés suivant une symbolique qui n’avait rien de technique. Un dernier sas se présenta à eux et ils purent retirer leurs protections. Les armures durent être nettoyées des radiations dans lesquelles elles avaient baignées. Anhiel les conduisit enfin, dans une grande salle réhabilitée par des équipes de techno-prêtres qui s’affairaient à faire fonctionner un enchevêtrement de mécanismes bizarroïdes. Séverin, le juriste Télias et les officiels renégats les attendaient. Le grand maître accueillit chaleureusement Martinien.
« Soit le bienvenu mon frère. Voici le lieu où l’Histoire va changer.
-Bonjour maître Séverin. Désolé de ne pas partager votre enthousiasme mais le voyage a été quelque peu tendu. Il regarda Anhiel qui lui rendit un sourire mauvais. Séverin rit un court instant.
-Bien sûr mais cela changera. »
Un techmarine vint prêt d’Erell et l’obligea doucement à l’accompagner dans une salle annexe. Martinien s’interposa.
« Ca suffit et vous, ne bougez pas. Il va me falloir des explications Séverin. D’un geste le maître des déchus calma ses acolytes.
-Vous avez raison Martinien. L’heure n’est plus aux faux-semblants. » Il dégaina son pistolet à plasma. Il le regarda dans les yeux puis se retourna et abattit sans préambule tous ses complices à l’exception de Télias qui sursauta tout de même devant ce spectacle. Le grand-maître remis son arme encore fumante dans son holster et se dirigea vers une ouverture au fond de la salle.
« Venez Martinien. Laissez notre frère techmarine s’occuper de votre amie, il en prendra grand soin.
-Vous ne m’avez pas convaincu pour autant en abattant ces traitres à l’Impérium. Que voulez-vous faire ?
-Vous permettre de devenir capitaine d’une compagnie des Dark-Angels !
-Comment ?!
-Laissez-la, Martinien et embrassez votre destin. Il est temps de croire en moi. Elle est ici pour libérer les âmes d’Axia. Le fils du Lion resta figé un instant. Il pensa immédiatement à Lucie et son mal de crâne s’accentua, le sang lui cognant aux tempes.
-De quoi parlez-vous donc ?
-Suivez-moi tous les deux. »


*
Ils suivirent la dizaine de déchus jusqu’à une salle immense où une pyramide blanchâtre semblait vibrer d’une vie torturée. Des cris raisonnaient partout dans la salle comme un vent mauvais. L’édifice avait une base de plus de deux cent mètres de longueur.
« C’est une sorte de cuve en plus compliqué. » Martinien sortit de sa torpeur. Il devait rester concentré. Toute cette salle puait l’Immatérium. Le grand-maître reprit.
« Lors de la campagne qui avait conduit à libérer cette planète, nos savants découvrirent quelque chose de terrible. Il faut savoir qu’il n’y avait pas beaucoup de vies sur cette planète et les xénos n’y étaient pas apparu naturellement. Ils étaient venus s’y installer et avaient asservi les hommes sur place lors de l’ère des luttes. Dans la mesure où ils étaient vulnérables à la vie à l’extérieur, il devint assez vite évident qu’ils étaient venus pour les membres de l’humanité vivant ici. Les matières premières couramment usitées par l’Impérium n’avaient que peu d’intérêt pour eux.
Pour être bref, ces xénos n’étaient pas tant un peuple qu’une secte et nous découvrîmes qu’ils voulaient offrir un sacrifice à leurs dieux. A l’époque nous primes ça pour une folie et du folklore sans voir l’implication réelle dans le Warp. Nous apprîmes plus tard en rencontrant d’autres gens de cette espèce que ceux d’Adelphe III avaient été bannis par les leurs et étaient venus se réfugier ici. Je n’ai compris le rapport aux forces du chaos qu’après la chute de Caliban et mon exil. » Séverin marcha tranquillement, faisant le tour de l’édifice et regarda son sommet. Le juriste Télias ne semblait plus du tout terrifié mais intrigué et écoutait avidement le récit. Intérieurement, le seigneur sorcier Noss jubilait de voir son pion user du même stratagème que lui pour rallier le Dark-angel.
« Comme toute cérémonie, le processus devait suivre une logique et des rites précis. Le sacrifice d’âmes qu’ils voulaient offrir à leurs dieux devait être exceptionnel et comme la maîtrise des énergies du Warp était leur, ils fabriquèrent ce container qu’ils emplirent patiemment et consciencieusement avec les générations d’humains de cette planète. Après notre conquête, les adeptes des machines n’y virent qu’une grosse cuve à énergie. Ils entreprirent de l’étudier mais sans grand succès. De plus, de part les décrets visant à limiter les activités psychiques, la zone fut mise à l’isolement assez vite.
-Vous êtes en train de me dire que les âmes des citoyens d’Axia sont là-dedans en plus de ceux des premiers habitants de la planète ?
-C’est cela même et votre amie en est la clef. Normalement cette machine devait servir à sacrifier assez d’âmes en même temps pour créer une faille warp considérable. Je serais incapable de dire quel en serait la portée mais personne ici ne tient à le savoir. Erell s’éloigna de Martinien observant l’édifice.
-Mes parents sont à l’intérieur ?
-Dans un sens oui et ils souffrent.
-Comment pourrais-je y faire quelque chose ? Je ne suis personne !
-Vous êtes l’unique survivante de cette cité à présent. Vous avez un lien de sang avec ces esprits torturés. Vous êtes la clef.
-Pourquoi n’en parler que maintenant ? Pourquoi attendre si longtemps ? Elle avait crié un peu malgré elle. Son teint était devenu pâle. Martinien, malgré ses idées confuses comprit rapidement.
-Le processus lui ôtera la vie, n’est-ce-pas ? Séverin lui lança un regard grave répondant mieux qu’avec des mots. Martinien prit peur, croisa le regard de sa compagne et vu que sa décision était déjà prise.
-Attendez Erell, rien ne nous dit que tout cela est vrai. Ils peuvent tout autant frayer avec le Chaos et vouloir terminer ce rituel.
-C’est la raison pour laquelle je ne vous ai rien demandé tout de suite. J’ai décidé de me montrer tel que j’étais pour que vous sachiez si vous pouviez me faire confiance ou non. Le sacrifice doit être volontaire. Croyez-moi. »
Martinien bouillait intérieurement. Une traitrise, un assaut ou une bataille, il aurait mille fois préféré mais devoir à nouveau faire ce choix le rendait fou. Malgré cela, au travers des couches de colère et d’indignation, il sentit surtout son hypocrisie qui lui offrait l’opportunité de rejoindre les siens en se libérant noblement de sa responsabilité d’envers Lucie. Une façon perverse de boucler la boucle mais jamais il ne s’était senti aussi minable. Avant qu’il ne puisse bouger Erell s’exprima.
 « Laissez tomber Marti. J’ai compris. Je vais le suivre. Allez rejoindre les vôtres. Vous ferez plus de bien qu’en protégeant une petite chose insignifiante comme moi. Il la regarda, les yeux écarquillés.
-Vous n’y pensez pas. Je ne vous abandonnerai sous aucun prétexte.
-Vous faites ça par obligation mais, soyons clairs, nous ne serions pas ici si votre préoccupation première était ma vie ! Vous crevez d’envie de rejoindre l’autre zouave pour aller libérer la galaxie. A cela Martinien ne sut que répondre.
-Ne cherchez-plus et arrêtez de vous torturer, je pars avec le tas de boulons et ses trois bras. Autant que ma vie serve à quelque chose. C’est inespéré pour un habitant du Sous-monde, vous savez. » L’ironie morbide flotta encore lorsqu’elle tourna les talons et partit devant le techmarine qui lui emboita le pas. L’astartes resta figé à la regarder partir. Il ne comprit pas ce dernier cadeau qu’elle essaya de lui faire mais quelque chose n’allait pas. Ses idées s’embrumaient de plus en plus. Il était difficile de se concentrer, comme si un bruit parasite ne quittait plus ses pensées. Son cœur lui soufflait de protéger Erell, son conditionnement lui criait de combattre ces rebelles à l’Impérium sans ce soucier des pertes collatérales mais sa raison, elle, n’osait rien. Une main vint se mettre sur son épaule et la bête en lui, rugit son approbation.
« Allons, mon frère. C’est mieux ainsi.
Je ne vous ai pas menti. Vous serez bientôt capitaine. »


Linuial
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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 10:29
Une dernière respiration


Le masque de mort du chapelain se tordait sous la lueur des chandelles, émergeant par alternance de l’obscurité. L’homme avait été amené et installé sur la machine de torture sans ménagement par des serviteurs du mechanicum dénués d’âmes. Il était resté longtemps à scruter les lieux sombres, essayant de s’habituer au manque de lumière. Il avait fini par distinguer le chapelain en armure qui, ne bougeant pas, lui avait semblé être une statue. Quand il s’avança, l’humain entravé sur un chevalet rudimentaire laissa s’échapper un cri bref de terreur et de surprise. En prélude à l’écartèlement, Astérios tourna autour de lui lentement, des lames se reflétant entre ses doigts. Les lentilles rouges de son casque émettaient une faible lumière donnant à son regard la promesse d’une malveillance terrible. Une voix plus noire que la nuit résonna et fit sursauter le supplicié :
« La moisson a été bonne. Il est des dizaines de tes semblables qui attendent mes bons offices, hérétique. Ce que tu ne me diras pas, d’autres le feront. Tu subiras tout ce dont mon talent t’honorera. » Chaque mot parvenait à l’humain comme une douleur dépeçant son corps nu. Il n’y avait aucune échappatoire, ni aucun espoir.
« Il ne te reste que deux opportunités de faire des choix à présent. Je vais procéder à une introduction pour te faire entrevoir ce que je te réserve vraiment et te prouver ma volonté. Je te donnerai alors l’opportunité de libérer ta conscience. Si tu t’obstines, je continuerai comme il se doit. Au bout d’une heure, si tu es toujours en vie, je t’offrirai une ultime chance d’accéder au pardon de l’Empereur. » L’homme sanglotait malgré lui mais il serra les dents regardant son bourreau sans faillir. La voix éraillée, il hurla :
« Je ne vous dirai rien salopards. Bouchers ! Je demande à l’Empereur de vous pardonner, car c’est vous qui avez trahi. Il avait raison. Il avait raison.
-Qui avait raison ? »
L’humain regretta son emportement et se mura dans le silence. Il cracha vers Astérios comme un dernier défi.
« Qu’il en soit ainsi. » fit ce dernier en guise de transition.
 
*

Conrad se tenait face à un pupitre dans les appartements du seigneur Noss. Ses membres mécaniques s’étaient divisés en divers accessoires qui lui permirent de retranscrire dans un ouvrage laissé à cet effet, son rapport concernant ses recherches sur Martinien. Noss était très occupé ces derniers temps et maintenant qu’il avait terminé ses investigations, Conrad allait revenir à ses premières attributions. Avant cela, il rédigea donc son rapport car il y avait peu de chances qu’il puisse s’entretenir avec son maître avant longtemps. Il espéra vivement que ce dernier ne tarderait pas trop à en prendre connaissance. L’homme-machine se dirigea d’un pas grinçant vers une pièce, ancienne chapelle personnelle du juriste Telias, désacralisée et convertie en cellule. Quand il ouvrit la porte, l’inquisiteur Terdre se tenait debout, se portant comme un charme. Il l’accueillit d’un sourire mauvais.
« Ce corps misérable ne fera pas long feu. Il est temps mortel. »

*

« Cela se précise.
-C’est-à-dire Gatien ? »
L’archiviste mis doucement sa tête en arrière aussi loin que lui permit la « capuche » de son armure, le protégeant mentalement. Ses yeux, alors d’un blanc laiteux, semblaient observer tout un univers redoutable dans une pièce pourtant totalement vide. Le capitaine Barnard resta muet, respectant le temps nécessaire à ce que le psyker se reconstruise. Enfin, ses pupilles réapparurent :
« Je saisis des courants dans les évènements à venir. Il y a des pôles forts et des endroits totalement occultés. Je distingue deux psykers de ma force au minimum. Un ne m’est apparu  qu’une fois. Il ne semblait pas vouloir se cacher mais l’autre se fait bien plus fuyant. Ce dernier était présent lors de notre premier passage sur Adelphe III, j’en suis certain.
L’autre est xénos, sans doute un eldar. »
Le capitaine prenait soin d’assimiler les nouvelles. Beaucoup de nouveaux joueurs pressentis mais beaucoup d’inconnues à gérer en plus. Néanmoins le Dark-Angel attendait une dernière information. Il fixa silencieusement le copiste qui malgré sa constitution d’astartes semblait exténué.
« J’ai pu voir ce que vous m’aviez demandé et vous aviez raison mon ami. Ca n’a pas été facile car le site est toujours fortement chargé de la mort et de la souffrance des citoyens d’Axia. L’Immaterium est en grand trouble, particulièrement hostile mais, caché sous ce chaos, une convergence psychique hors norme sommeille. Il me faudra l’étudier de plus près mais je suis convaincu que ce n’était pas là avant notre passage d’il y a trente ans.
-En conclusion, ce qui se trouve sous les ruines d’Axia résulte de notre action de jadis.
-Je ne peux, hélas, qu’aller en votre sens. La question qui se pose est la suivante : est-ce accidentel ou non. »
Le capitaine Barnard lui rendit un demi-sourire désabusé et se colla au fond de son siège. Il ramena inconsciemment son poing sur sa bouche et se perdit en réflexions. Gatien sembla soudain prit d’un spasme et se redressa brutalement. Il dut s’appuyer sur son sceptre pour ne pas tomber. Barnard s’éloigna immédiatement et sortit son pistolet plasma, tenant son compagnon en joue.
« Arrg… Ca va… Ca va aller Joseph. » Le capitaine se rassura un peu après que Gatien l’ait appelé par son prénom. C’était un code de reconnaissance entre ami.
« Que s’est-il passé, Yviel ?
-Le Chaos. Les puissances de la ruine viennent d’entrer en ce monde. »

*
Le grand maître Séverin se tenait au bout de la table de briefing, encadré par deux guerriers en armure dreadnought d’un noir profond. Il regarda les cinq hommes, debout comme lui, attendant un mot de sa part. Le déchu laissa planer dans l’air cette impression de solennité et d’instant historique. La cinquième semaine de campagne de terreur des Dark-angels allait bientôt s’achever. Quasiment toute la planète vouait une rancœur farouche contre les space-marines. Grace à ses complices appartenant à toutes les strates de la population, Séverin avait retourné les procédés des ses ennemis pour monter peu à peu l’opinion publique contre eux. Cela avait commencé avec Praxius. Une campagne de désinformation avait été mise sur pieds pour que seuls les Dark-Angels soient rendus responsables du drame d’Axia. L’Administratum de Terra et l’Inquisition en particulier n’avaient pas été mentionnés, on murmurait même qu’ils n’avaient pas été mis au fait de l’évènement. Quant au gouvernement, il s’était posé en victime. A présent, même la garde et l’Adeptus Arbites nourrissaient une hostilité puissante envers les fils du Lion. La pression était arrivée à sa limite et il ne restait plus qu’à allumer l’étincelle qui ferait tout exploser. Séverin regarda le juriste Telias qui lui rendit toute l’émotion de ce moment attendu.
« Messieurs, nous entrons dans la phase finale de notre plan. Même parmi nos amis, vous êtes les seuls au fait de ce qui suivra véritablement. Le sacrifice personnel auquel vous consentez est énorme et croyez bien que pour ça vous avez gagné mon respect et mon admiration. Vos actions au sein de la populace et vos investissements ont rendu ce miracle possible. »
L’ex gouverneur planétaire Achylle de Coche, gonflé d’orgueil, ne put résister à l’envie de se faire mousser encore plus et prit la parole.
« Monseigneur. Un grand merci à vous au nom de tous nos frères. Vous nous avez montré la voie à suivre. Je suis fier de me tenir à vos cotés. Le sacrifice auquel nous consentons n’est que peu de chose et je dirai même que ce n’est que justice envers notre peuple. Loué soit l’Empereur.
-Loué soit l’Empereur. Reprirent-ils, tous en cœur. Le patriarche Gueusquin inquiet de nature, en profita pour s’inviter dans la conversation.
-Maître Séverin. Nous avons en effet réussi de grandes choses. Malgré tout, je crains qu’il ne nous manque une autorité suffisante pour soulever totalement la planète contre nos adversaires. Comprenez bien que je ne perds pas la foi et que je souscris aux risques futurs avec allégresse mais je persiste à croire que sans plus d’appui nous ne mobiliserons pas assez des nôtres contre vos frères honnis.
-Balivernes ! Gueusquin, vous péchez par excès de prudence. Ne soyons plus timorés ! Ce stade est dépassé. La planète tout entière exècre les astartes, y compris l’armée et les arbites. Maintenant c’est la gloire ou la mort. Notre courage fera la différence. N’est-ce-pas Telias ? Le sarcasme et l’ironie du gouverneur n’échappa point au concerné.
-En effet gouverneur mais le patriarche de la noble famille Ozoft a néanmoins raison. Un appui supplémentaire est nécessaire et le grand-maître y a pourvu. »
Tous alors se tournèrent vers Séverin, intrigués par cette révélation.
« Telias est bien trop modeste et, en vérité, c’est lui qui a pu nous donner cet atout inestimable. Notre ami a réussi à rallier à notre cause celui qui légitimera notre action. Car, par son aval, ce nouvel allié confirmera pour qui en douterait encore que notre cause est juste aux yeux de l’Empereur. N’ayez-plus aucun doute car je vous le dis nos ennemis sont perdus et bientôt, ils payeront. » Les portes s’ouvrirent et un homme austère apparu, un rictus inquiétant au visage. L’assistance resta sans voix. Même pour ceux qui ne l’avaient pas connu à l’époque, le sceau de l’inquisition qu’il arborait fièrement ne laissait place à aucune ambiguïté. Tous comprirent trop tard qu’ils n’étaient pas aussi maîtres de leurs destins qu’ils avaient la présomption de le croire. Achylle de Coche resta pétrifié, les yeux emplis de crainte.
« Inquisiteur Terdre... »

*
Le capitaine Bélial regardait avec attention les cartes et les clichés pris en orbite. La zone dévastée d’Axia, hautement radioactive, brouillait la perception des esprits de la machine. Malgré tout, on distinguait facilement les cinq cratères témoignant des points d’impact. Les ogives avaient été programmées, à l’époque, pour perforer les diverses couches de la cité ruche puis pour exploser au niveau du sol. Le souffle avait catapulté aux alentours des pans entiers de la ville. Derrière les taches qui parasitaient les prises de vue, on discernait à peine les quelques vestiges de la ville. Des ruines devenues grises par la poussière et le temps passé.
« Vous êtes sûrs de vous frère Gatien ?
-Je le suis, maître Bélial.
-Et vous, frère chapelain, vos informations vous paraissent-elles fiables ?
-Je peux vous certifier que les révélations qui m’ont été faites étaient sincères et qu’elles recoupaient les informations de mes agents infiltrés. Cela ne veut pas dire pour autant que cela soit la vérité. Le mensonge et la duperie sont devenus les armes de nos frères déchus. »
Le maître de la troisième compagnie regarda son homologue. Le capitaine Barnard posa un grimoire des archives d’Adelphe III sur la table et marcha vers les vitraux holographiques du strategium. Bélial le suivit du regard et s’exprima de nouveau :
« Fort bien. Astérios a reçu des aveux menant à la cache de nos frères déchus, en plein centre de la cité ruche de Flavia, dans les bas niveaux. C’est un vrai coupe-gorge et un terrain adéquat pour une guérilla redoutable. Nous avons regroupé les forces de défense planétaire ainsi que les arbites pour isoler Flavia, créant ainsi un blocus. Ils formeront un premier cercle, un second cercle de la troisième et quatrième compagnie composée d’astartes non encore initiés à notre quête, empêchera que quiconque ne passe dans un sens comme dans l’autre. Enfin, la tâche d’aller chercher nos frères déchus me revient, accompagné entre autre de la Deathwing. Par contre Barnard, je ne veux pas de Mariel à mes cotés. C’est un très bon combattant et je sais que de toutes façons vous aviez prévu de lui effacer la mémoire après notre campagne mais je ne le veux pas avec moi. Il n’est pas assez fort. Si Séverian avait été là, il aurait été capable de l’exécuter sur le champ.
-Il ne mérite pas ça mais j’en prends note. Séverian n’est pas capitaine et ne dirige pas les opérations. Nous avons besoin d’un maximum d’astartes dans le secret et j’assume ma décision. Il m’accompagnera donc aux ruines d’Axia.
-Vous êtes décidé à y aller ? Nous gagnerions à unir tous nos effectifs, je le maintien.
-Nous étions d’accord pour suspecter les forces de la ruine et cela se confirme. Nous arrivons vraisemblablement au dénouement de notre campagne. On ne peut risquer d’être pris à revers par une incursion démoniaque majeure que nous n’aurions pas les moyens d’endiguer. J’irai là-bas accompagné de Gatien et de quelques autres dont Mariel. Nos scouts ne peuvent se rendre sur place à cause des radiations. »
Le capitaine de la quatrième compagnie continuait à regarder les images de désolations d’Axia sur les vitraux. Le chapelain Abraxas voulu en savoir plus.
« Maître Barnard, vous semblez préoccupé. Ces mises aux points ne nécessitaient pas cette réunion, nous perdons un temps précieux et devrions nous lancer à l’assaut sans plus tarder, si vous me permettez.
-C’est exact, il y a autre chose. Je pense avoir trouvé le lien. Je pense savoir qui est notre adversaire. » Les yeux de Bélial brillèrent.
« J’ai fait des recherches dans nos archives de chapitre et celles d’Adelphe dès notre retour sur cette planète. Je ne crois pas aux coïncidences et la présence d’autant de déchus à cet endroit où nous avons déjà œuvré n’est pas un hasard. La chance a voulu que je retrouve des traces témoignant de certaines légendes qui parlaient des temps où l’Empereur marchait à nos cotés.
Cherchant dans nos propres archives, j’ai découvert que c’était la première légion qui avait libéré Adelphe III lors de la grande croisade, bien avant le Lion. Le capitaine en charge était Athias Séverin. Je pense qu’il est de retour sur les premiers lieux de sa gloire mais surtout qu’il a une connaissance de l’endroit  et qu’il a choisi le terrain de notre rencontre.
-Séverin… Le problème reste ses objectifs qui ne sont pas définis mais si c’est vraiment lui et que tout ce qui s’est passé depuis au minimum trente ans est de son fait alors rien n’est certain. Comme il ne s’est pas encore manifesté, il est probable qu’il tente de nous piéger mais de là à frayer avec le chaos.
-C’est aussi pour ça que j’irai à Axia. Nous ne pouvons laisser passer notre chance mais il va falloir assurer nos arrières. Il y a plus de dix-mille ans, la première légion dut combattre des xénos encore inconnus jusqu’à lors. Il est fait mention de problèmes d’infiltration et d’attaques subversives lors de la campagne mais sans plus de détails. Il est déjà miraculeux d’avoir eu accès à ces informations.
La seule conclusion que je puis en tirer c’est qu’il faut s’attendre à ce que l’ennemi étale son jeu lors de notre prochaine action. Notre statut de chasseur n’est plus assuré.
-Que proposez-vous ? »


*

« Préparez-vous, nous allons bientôt partir. »
Le ton d’Anhiel ne laissait rien cacher quant à la rancœur qu’il éprouvait envers Martinien pour l’avoir assommé lors du rapt d’Erell. Il avait faillit à sa mission, était toujours en vie et son compagnon Viviel lui ne l’était plus. La blessure faite à son honneur ne pouvait se résorber simplement. Malgré tout, il avait été l’élite de ce que l’humanité avait pu générer comme soldat, aussi obéissait-il aux ordres de Séverin sans discuter. Martinien pensait être différent.
« Partir pour où ?
-Nous partons pour les ruines d’Axia. La fille vient et vous êtes « invité » à en faire de même.
-Ce site est extrêmement dangereux ! Il est hors de question qu’Erell aille là-bas. Où est Séverin ?
-Le grand-maître est retenu ailleurs, il a des choses importantes à gérer. Quant à votre refus, il est hors de propos. Vous n’avez pas le choix. Mon maître voudrait vous convaincre de nous rejoindre. Pour ma part, j’estime que c’est une erreur. Même déserteur, on ne peut faire confiance à l’engeance de Jonson ! Faites-moi le plaisir de me dire non… » La provocation était lancée stupide et gonflée de testostérones mais malgré tout efficace. Martinien ne tomba pas dans le piège mais évalua tout de même la situation s’il devait tenter une fuite en force. Anhiel n’était pas de la trempe de Viviel et le maîtriser devait être possible mais il était accompagné d’astartes et d’agents humains. C’était trop pour Martinien.
Le fait qu’ils avaient besoin d’Erell à Axia donna une intuition funeste à Martinien. Le faux prétexte d’un lien de parenté avec le complice de Séverin n’aurait pas fait long feu.
« Votre attachement à cette femme est pitoyable ! Des enjeux sans précédent sont en train de se jouer. Le grand-maître daigne vous donner l’opportunité d’y participer malgré vos faiblesses de soldat et vous tergiversez !
-Comme il y a peu de ce que j’étais à ce que je suis, je ne m’attends pas à ce que vous compreniez. Une vie telle que la sienne à autant d’importance que la notre, si ce n’est plus.
-Tout dépend du rôle qu’elle aura à jouer. Son importance fait que nous l’avons gardée et protégée ici. A présent elle pourra enfin être utile à une cause plus grande qu’elle-même : à l’Empereur ! Et vous, si vous voulez rester seul et ne pas nous rejoindre dans notre quête, continuez ainsi. »
Martinien fixa le déchu dans les yeux. L’idée de se retrouver coupé de ses frères le hantait, c’était vrai. Il pensa qu’il n’était pas sûr du sort réservé à Erell et qu’en l’état actuel des choses il valait mieux attendre une meilleure occasion. Ne pas tout gâcher.
« Nous arrivons. Attendez-nous dehors. » Finit-il par dire.
Anhiel devint rouge et faillit éclater devant l’affront mais préféra s’exécuter. Une fois la porte fermée, Martinien voulu aller rejoindre Erell dans la chambre pour lui parler mais ses sens aiguisés lui renvoyèrent des sanglots étouffés. Il resta figé, regardant le sol. Elle restait une femme humaine malgré son courage et lui restait une machine à tuer malgré ses sentiments.

*
L’air ambiant autour de la construction xénos aurait rendu fou n’importe quel psyker tant les cris de douleurs, de rage et de frustration se faisaient oppressant. Pour le seigneur Noss, cela sonnait comme une mélodie. La conception révélait son origine non-humaine à travers les agencements asymétriques dérangeants de câbles, de filaments et de colonnes obliques entourant la pyramide parfaite. Gigantesque et semblant n’être que d’un seul bloc, sa base était constituée de quatre ouvertures dédiés à chaque aspect des puissances de la ruine. Sans porte, on ne pouvait néanmoins pas voir à l’intérieur des passages, occultés par une ombre non naturelle. Il était savoureux pour le sorcier de penser que ceux qui avaient remis en marche cette énorme machine étaient les Dark-Angels. En détruisant la cité ruche établie au-dessus, ils avaient condamné les âmes des citoyens à être séquestrés par cet édifice. Le réceptacle avait absorbé avidement toutes les victimes de la vindicte impériale. Praxius avait cru à l’époque pouvoir s’en servir pour accéder à l’immortalité et devenir une créature de l’Immatérium. Dans le fond, il lui importait peu de perdre tous ses astartes dans l’opération. Noss ne pouvait que le comprendre car lui-même s’était servi du maître de chapitre renégat pour atteindre ce but. Malheureusement, pensa-t-il, il n’en fut pas ainsi car Martinien et son escouade intervinrent. Praxius fut tué sans que le rituel ne puisse être finalisé.

Toujours sous les traits du juriste Télias l’agent du chaos commença à se diriger hors de l’endroit pour aller rejoindre ses complices dont le grand-maître Séverin. Ce pion-ci semblait plus à même de finaliser son plan mais Martinien était de nouveau dans les parages. Il y avait eu trop de coïncidences qui avaient permis sa défaite d’alors. Comment les Dark-Angels avaient-ils su où débusquer le « seigneur des châtiments » aussi vite ? Noss repensa aux années de recherches qu’il dut entreprendre ensuite pour trouver « la clef », l’ultime élément pour terminer le processus déclenché trente ans auparavant. Normalement, ça aurait du être Praxius, il l’avait préparé à cela mais sa mort prématurée avait déplacé cette fonction ailleurs. En l’occurrence sur la seule survivante de la cité encore pure dans son corps : Erell.
Traversant des couloirs étranges, il passa près de la salle qui intéressait Séverin plus que cette pyramide. Télias avait parlé de cette dernière en expliquant ce qu’il en était sauf sur ce qu’impliquerait son déclenchement. Il avait prétendu vouloir libérer les âmes emprisonnées et cela avait semblé convaincre Séverin de son altruisme. En parallèle, il lui avait montré comment grâce à ces machines on pouvait transférer un esprit dans un autre corps et les appréhensions du grand-maître s’évanouirent d’avidité. Le processus était délicat et très risqué car il avait été créé à l’époque pour qu’un esprit xénos investisse un humain. Nombreuses furent les personnes ayant servies de cobayes qui devinrent aliénées, sans parler des mutations que cela avaient parfois entraînées. Malgré tout, certains dont l’esprit avait été particulièrement  fort réussirent à investir d’autres enveloppes corporelles et à agir sans qu’on ne puisse rien détecter de prime abord. Un psyker aurait pu repérer une anomalie et cela réduisait le champ de manœuvre mais même ainsi, les possibilités tactiques restaient considérables. Néanmoins, un autre problème s’ajoutait car le corps de la victime subissait une pression telle qu’il ne tenait pas plus de quelques semaines. Les individus impliqués étaient condamnés quoi qu’il arrive. Qu’en serait-il avec un corps et un esprit d’astartes ? Les chimères de Séverin n’étaient pas les siennes mais Noss s’avoua être curieux de la suite des évènements. S’il réussissait à infiltrer son ancien chapitre, rien que quelques semaines, cela ouvrait des possibilités enivrantes. Le déchu s’était montré très réceptif à tout ceci et était revenu sur ces lieux pour justement user de ce qu’il avait eu à combattre dix-mille ans auparavant. Le sorcier regretta presque de devoir éliminer cet allié et ses projets alléchants.
Le grand-maître l’accueillit seul dans une salle aménagée à ses besoins stratégiques. Il regardait des documents ayant traits aux machines xénos que les magos attachés à leur cause lui avaient fournis. Les autres membres de la conspiration étaient dans une aile plus éloignée dans le complexe, en train de suivre l’évolution du conflit et l’attaque imminente des Dark-Angels sur le « repaire des déchus ». Ils attendaient, anxieux.
« Bonjour mon ami. Toujours à arpenter ces couloirs ? Télias sourit.
-En effet. Je repensais à la suite des évènements et plus précisément à Martinien.
Le déchu posa la carte qu’il tenait dans ses mains.
-Il me semble évident qu’il refusera de vous suivre dans votre action. Il ne hait pas son chapitre. En tout cas pas assez pour accepter votre vendetta. Il représente un risque qu’on ne peut se permettre de courir Séverin.
-Il aura le choix. Si, une fois mis dans le secret, il s’obstine, je l’abattrai personnellement. Le juriste fit la moue et hocha la tête.
-Je ne crois pas. Si je ne me trompe pas, ce Dark-Angel représente pour vous une sorte de consentement ou de bénédiction à votre quête. Un frère, non souillé, qui vous donnerait raison et justifierai vos années de disgrâce. Le grand-maître regarda sévèrement son allié et ne bougeait plus.
-C’est une erreur Séverin. Il n’est pas pur. Il est marqué par la souillure de son sang, par le primarque et ses préceptes mais surtout il y a cet épisode de sauvetage douteux par l’inconnu xénos. Il n’est pas ce que vous voudriez qu’il soit. Le déchu resta un instant imperturbable  puis se tourna, faisant quelques pas dans la salle.
-Vous avez peut-être raison mais il y a un impératif pour lequel nous devons composer avec lui : votre petite fille. Télias, vous m’aviez dit qu’il fallait qu’elle soit sacrifiée à cette machine impie pour activer la pyramide et libérer les pauvres gens d’Axia. Il fallait qu’elle soit indemne à tout point de vue.
-Si fait. La pauvre enfant. Fit-il tristement.
-Elle est sous sa garde et cela nous arrange. Qui plus est, en prenant l’option de le rallier à nous, le risque « d’endommager » votre petite-fille a été quasi nul car elle lui a fait confiance. Il l’accompagnera jusqu’ici et la laissera à nos soins de son plein gré. Il est très perturbé et les ondes psychiques présentes l’aideront à aller dans notre sens. Séverin fit une pause.
-Quant à son ralliement, il est vrai que j’en espère peut-être trop mais je peux vous assurer, qu’il ne me fera pas obstacle.
-En ce cas, je suis rassuré. »
Linuial
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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 09:22
Bonjour à tous !

Aujourd'hui à vu une mise à jour qui se faisait attendre : celle des récits de Linuial, Martinien !

Evidemment, le sommaire a été lui aussi actualiser pour vous permettre de vous y retrouver plus facilement, et comme les textes sont parfois longs, je ne doute pas que ce dernier vous soit utile.

Martinien est l'histoire déroutante d'un Dark Angel qui a renié son allégeance à un Chapitre dont il ne cautionne plus les actes criminels et redécouvre peu à peu la vie de tout un chacun. Plongez avec lui dans une intrigue sombre et sinueuse, digne du Quarante-et-unième millénaire !


Je tiens à remercier et féliciter Linuial pour la qualité de ses écrits et l'autorisation qu'il m'a accordé de les reproduire ici. Longue vie à Martinien !

-MFT-
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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 09:21
Qui sait ma place en ce monde?

Martinien observait depuis plusieurs minutes les flammes d’un l’incendie en banlieue de la cité, à des kilomètres d’où il se trouvait. Une nouvelle offensive de ses frères venait de prendre son tribu de vies. Sur le balcon de cette riche propriété des hauteurs, l’astartes semblait pétrifié. Pourtant son conditionnement, tout malmené qu’il fut, lui permit de repérer l’individu qui venait d’entrer et qui s’approchait. Dans une pièce non loin, Erell qui avait été mise sous la garde de Martinien, fit comme si de rien n’était.
« Bonjour frère.
-Bonjour maître Séverin. » Ce dernier se plaça calmement à coté et regarda quelques instants dans la même direction que lui.
« Je sais. Il est des choses inacceptables car elles nous enlèveraient tout ce en quoi nous croyions alors. » Au dessus du dôme et virevoltant comme des insectes, des speeders de sécurité se dirigeaient vers le foyer du désastre. Même à cette distance, les space-marines entendaient distinctement les sirènes.
« Lors de la grande croisade, l’Empereur voulait propager le culte de la raison et la lumière de l’esprit humain. Libérer notre espèce de l’obscurantisme. Nous étions sa première légion. Les premiers, Martinien, ceux qui guerroyèrent à ses cotés.
Quelle pitié quand je vois ce que nous sommes devenus. Moi-même je ne l’ai pas cru quand le seigneur Cypher nous l’a appris. Nous étions arrivés dix mille ans plus tard, Caliban avait été détruite et l’Empereur avait été déifié ! Le chapitre était devenu fou à nous pourchasser, perdant tout honneur.
-Il y a de la noblesse en nous. On nous l’apprend toujours et nous servons fidèlement l’Empereur, Séverin. Ces abus viennent aussi de ce que vous avez fait alors. Ne me croyez pas naïf. Evidemment, je suis meurtri de voir les miens ainsi bafouer leur serment pour sauver des apparences mais ce n’est qu’un symptôme de ce qu’il s’est passé sur Caliban. Une conséquence de vos actes. » Martinien regarda fermement le capitaine des anciens temps. Celui-ci resta silencieux un moment, fixant l’horizon.
« Si fait.
Pourtant, ne vous ai-je pas montré cette vérité au risque que vous monter contre moi ? Je ne vous ai jamais caché ce que nous étions et comment le chapitre d’aujourd’hui nous voyait. Je suis un déchu, un traitre aux yeux des miens et pourtant je n’ai rien éludé. Vos propres frères ne peuvent en dire autant. Non seulement ils ne vous ont pas fait confiance mais ils trahissent leurs engagements envers notre maître pour nous débusquer ! Est-ce ces frères là que vous voulez suivre, Martinien ? Valent-ils vraiment mieux que nous ?! » Séverin fixa à son tour son interlocuteur mais cette fois-ci, ce dernier supporta son regard. Ils se défièrent un moment quand une voix intervint.
« Hé, les hommes de guerre ? Je n’ai pas un estomac de soldat, moi et ça fait deux jours que je mange de la compote. Si ce n’est que pour bouffer de la merde un jour sur deux, je peux retourner dans les bas-fonds. Au moins, je ne serai pas obligé de regarder vos ébats virils. »
Le grand maître Séverin cligna des yeux sur le coup et regarda, totalement interloqué, Erell qui venait d’arriver sur le balcon. Ridiculement petite à coté des deux géants, elle était là fière et provocante. Martinien se mit à rire à gorge déployée et cela lui fit le plus grand bien. Le capitaine resta plus fermé, apparemment pas habitué à ce genre de situation décalée.
« Ha ! Erell, vous êtes comme votre mère.
-Charmante ? Intelligente ?
-A tuer. » Martinien lui sourit chaleureusement et elle retourna à l’intérieur faisant des signes avec ses mains pour appuyer le fait qu’elle avait grand faim. Le fils du Lion se tourna vers le déchu.
« Je ne pourrais plus retourner auprès des miens et après ce que je viens de voir, je ne le voudrai plus de toute façon. Néanmoins, ce n’est pas pour autant que vous vous attacherez ma loyauté et mes services. Il est vrai que vous m’avez montré nombre de secrets mais ni vous, ni moi ne sommes dupes. Nous cherchons et travaillons à notre intérêt maintenant que nous ne sommes plus asservis au chapitre. Je resterai à observer vos actes comme vous m’avez montré ceux des miens.
Quels sont vos buts ? Quels sont vos objectifs ? Est-ce que vous valez mieux que nous ? Que s’est-il vraiment passé sur Caliban ? Viviel avait traité notre Primarque de traitre… Ferez-vous de même ? » Séverin se reprit de cette intervention en nourrissant une forte rancœur envers ce bout de femme qui avait ainsi brisé son élan. Il marcha et fit quelques pas cherchant à reprendre l’initiative.
« Dites-moi, dame Erell. Que vous plairait-il de manger ? » La jeune femme leva son nez d’un livre.
« Du sucre ! Nous sommes bien chez les rupins, ici. Il doit y avoir des pâtisseries de dingues. J’en voudrai bien s’il-vous-plait. » Parlant dans son communicateur le capitaine fit commande de toutes les bonnes choses disponibles en l’instant. Martinien l’observa, en constatant l’aplomb de ce dernier même dans une situation aussi atypique. Après quelques instants, Séverin se tourna vers lui.
« Je ne vous dirais rien de ce qui s’est passé jadis, ce serait inutile. Vous devriez me croire sur parole et dans notre situation c’est inapproprié. Vous jugerez de mes rêves et de mes actes. »
Le grand maître se dirigea vers l’intérieur de l’appartement.
« Je compte piéger la troisième et quatrième compagnie des Dark-angels sur Adelphe III. Rallier qui le voudra à notre cause comme vos chapelains investigateurs l’essayent mais sans la torture. Pour ceux qui refuseront, la mort les attendra et nous reprendrons ce don de l’Empereur qu’ils auront souillé. Martinien sembla effrayé.
-Les glandes progénoïdes… Mais enfin, que voulez-vous en faire ?
-Faire notre devoir et remplir notre mission. Finir la grande croisade. Monter tout d’abord une compagnie, puis un chapitre. Transformer Adelphe III en fer de lance de notre rédemption, tel un phare qui redonnera l’espoir à l’humanité. Ce n’est pas un projet que je pourrais voir aboutir de mon vivant. Je ne suis pas idiot ; il nous faudra du temps et énormément de discrétion mais on n’entreprend pas une chose parce qu’on est sûr de la voir aboutir mais parce qu’on la croit juste ! »
Martinien fit quelques pas en arrière sous le choc. Il s’attendait à un projet d’ampleur car depuis une semaine, le capitaine de la première légion l’avait abreuvé de ses réflexions sur la grande croisade, sur les temps anciens et sur ce qu’était devenu l’œuvre de l’Empereur mais cette révélation le déstabilisa. Comment pouvait-il savoir qu’elle était sa place au milieu de tout cela ? Encore une fois on l’éprouvait, malmenant tout son référentiel. Le monde autour de lui s’effritait de plus en plus. Il aurait été facile de se raccrocher à n’importe quoi pourvu que cette chute s’arrête et qu’enfin il retrouve ses marques. Même de suivre Séverin dans sa quête folle.
« Marti, t’as bientôt fini ? » La voix d’Erell sortit Martinien de sa torpeur.
« Comment voulez-vous vous y prendre. Parvint-il à dire.
-Tu le verras bientôt. Réfléchi à tout cela mon frère. Je t’offre la rédemption et la gloire. Nous retrouverons toi et moi notre place ! Si tu as d’autres questions, si tu veux encore parler, n’hésites-pas. En ce qui me concerne, je n’abandonne personne. » Le capitaine sortit tranquillement.


Erell vint se placer aux cotés de Martinien.
« Ca va ? J’ai été comment ? » Le géant resta silencieux quelques secondes.
« Vous avez été parfaite. J’ai cru revoir votre mère et cela m’a sauvé encore une fois.
-Je me suis permise d’intervenir sur la fin.
-Et je vous en remercie. La situation prend une tournure bien trop vaste et je ne sais plus que croire. Je ne peux pas œuvrer contre les miens en suivant Séverin. D’un autre coté, il a des arguments qui laissent songeur.
-C’est un malade si je puis me permettre. » Le fils du Lion regarda la danseuse en constatant qu’elle lui souriait. Il allait parler quant on vint apporter les fameuses pâtisseries. Erell bondit vers la porte et récupéra toute guillerette la montagne de glucose multicolore.
« Ne faite pas cette tête Marti. On vient de nous livrer un peu de bonheur et on n’a rien d’autre à faire en l’instant que d’en profiter. Venez ! » Le space-marines fit la moue, leva un sourcil et se gratta derrière la tête. « En effet. » finit-il par dire. Il se plaça en vis-à-vis de sa compagne et commença à regarder le plateau essayant de déterminer quelle serait sa cible. Il se décida pour une réalisation en forme d’aquilla avec des pépites de chocolat dessus. Après quelques minutes, il se décida à parler.
« La situation est très grave. Je comprends que la dérision et l’ironie aident à encaisser tant de nouveautés, surtout pour vous qui n’aviez jamais vu d’astartes. Nous sommes toujours auréolés de légendes et craints. Malgré cela, nous sommes en délicates postures et je ne sais vraiment plus quoi faire. Qui a raison ? Qui a tord ? Qui dois-je suivre ? Je dois choisir.
-Oui et non.
-Comment cela ?
-Le fait d’être parmi « les élus de l’Empereur » ne vous donne pas de clairvoyance particulière. Comprendre qu’on ne comprend pas, n’est pas un handicap, ni une tare. En l’état actuel des choses, avez-vous les moyens de déterminer qui a raison ?
-Il me semble que non.
-Et bien basta ! Acceptez-vos limites et quand viendra le moment où vous devrez faire un choix, faites-le avec ce que vous aurez ! En attendant, laissez courir et restez vigilant. Je vous le répète, votre grand copain c’est un malade qui croit à ses chimères. Il est nettement moins costaud que vous. » Et elle engloutit un énorme morceau de tarte.
Martinien ne dit rien d’autre et mangea tranquillement, remerciant l’Empereur de l’honorer de ces rencontres extraordinaires. Ce qu’on était loin de l’humanité dans une armure énergétique. Entre ceux qui la méprisaient en se faisant un devoir de la protéger et ceux qui voulaient régler ses problèmes à sa place, l’Humanité n’avait pas fini de souffrir. Que pouvait-il y faire ?

Linuial
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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 09:20
Le jeu de dupes

Les opérations conjointes des troisième et quatrième compagnies visant à débusquer les déchus en étaient à leur septième jour. L’Administratum n’était pas souvent d’une grande finesse quant à sa gestion des crises ; on pouvait néanmoins s’attendre à plus ou moins de nuances suivant la branche de l’Impérium qui se chargeait de l’affaire. Ce n’était pas à espérer avec des astartes et encore moins avec des Dark-angels. Ils étaient les anges de la mort au service de l’Empereur.
Quand une situation exigeait leur concours, il n’y avait pas de nuance. La loi martiale avait été déclarée et les usines, bureaux et docks soupçonnés de trahison furent tous pris d’assaut. Chaque individu fut interrogé sans ménagement. Les renseignements soutirés par la force et les absences remarquées parmi les effectifs des diverses entités eurent tôt fait de permettre d’associer des noms aux membres actifs des dissidents. Une fois une liste établie, toutes les autorités des arbites des différentes cités ruche se mirent en marche. Evidemment, une telle débauche d’autoritarisme violent suscita des troubles et parfois même des révoltes spontanées ici et là. Plutôt que de laisser les autorités locales s’en occuper, les Dark-angels intervinrent eux-mêmes de manière très brutale et écrasèrent sans états d’âme les soulèvements. L’effet voulu et obtenu était d’instaurer une tyrannie provisoire qui préviendrait par la terreur toute opposition.
Parallèlement à cela, des agents du chapelain investigateur Astérios avaient été envoyés à l’écoute des ombres et des bas-fonds. Ces membres particuliers à l’organisation des Dark-angels constituaient un réseau de contacts et d’hommes de main qui étaient à même d’aller enquêter là où un space-marines ne le pouvait.
Grâce à ce genre de campagnes bien rodées, le chapitre pouvait en un temps généralement très court débusquer ses proies. Dans un premier temps, les traitres locaux et enfin les déchus eux-mêmes. C’est ainsi que grâce à cette pression terrible exercée d’une main de fer par le capitaine Barnard, des dissidents paniquèrent et se sentirent contraints de tenter des sorties pour s’échapper de la planète. Le maître Bélial n’attendait que ce moment pour intervenir. Les membres de la quatrième ralentissaient autant que possible les interventions de la garde ou des arbites, pour que la troisième compagnie ait le temps d’œuvrer. Les forces de la Deathwing était envoyés comme fer de lance et déterminaient les différents objectifs. On assignait les cibles susceptibles de mener aux déchus aux membres initiés du chapitre. Mariel était de ceux-là.

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Une cellule rebelle avait été repérée dans une banlieue de Flavia, la cité ruche du nord. Menés par Bélial en personne, Mariel, les deux unités de la Deathwing et d’autres marines mis dans le secret, lancèrent une frappe éclair via des modules de débarquement et des faisceaux de téléportations. Les traitres sur place furent totalement surpris. Il s’agissait de gardes et de contrebandiers préparant une nouvelle tentative de fuite dans l’espace. Alors que la place semblait totalement sous contrôle une dizaine de bipodes impériaux surgirent d’un hangar attenant. Certains d’entre eux, armés de multi-lasers ouvrirent le feu tuant au passage nombre de leurs alliés faits prisonniers. Hurlant dans leurs porte-voix intégrés comme des forcenés, les hommes semblaient exaltés.
« Vous n’obtiendrez rien de nous, pourritures !
-Ils essayent de tuer les prisonniers, protégez les ! »
Mariel avait intégré une escouade d’appui et réagit plus rapidement que les autres. Il remarqua tout de suite un pont roulant, muni d’un treuil gigantesque idéalement positionné dans l’entrepôt. Pendant que les terminators de la Deathwing faisaient un barrage de leur corps face à la contre-attaque des rebelles, Mariel tira deux salves de lance-plasma lourd sur les supports de la machine qui s’écroula dans un vacarme effroyable, détruisant quatre sentinelles au passage. Le choc au sol fut tel qu’il déstabilisa tout le monde mais les astartes reprirent pieds bien plus rapidement. Les bolters criblèrent les survivants, déclenchant des explosions qui firent voler en éclats les vitres alentour. Emergeant de la poussière qui avait été soulevée, une quinzaine d’Ogryns armés d’outils de mineurs chargèrent sans prévenir en direction de l’unité de Mariel. Celui-ci posa calmement son lance-plasma lourd et sortit son épée énergétique. Il exultait de pouvoir faire valoir ses talents pour le chapitre. Il sauta au dessus des débris le séparant des mutants avec une agilité insoupçonnable pour un être de cette stature. Prenant ses adversaires de court, il embrocha proprement le plus proche puis, pivotant sur lui-même, il déchira la poitrine du suivant coincé près d’un mur. Le vétéran se dirigea tout de suite de l’autre coté de la mêlée, parant par le bas une première attaque et détournant par le haut une autre offensive venant du meneur de l’unité adverse. Les membres de son escouade s’occupaient du reste des ogryns, le laissant face à ses deux derniers opposants. Enchainant rapidement, Mariel tourna sur lui-même et envoya le premier mutant sur le coté, celui-ci parant miraculeusement l’attaque. Le space-marines dévia la lame rouillée du chef qui pivota pour coincer le Dark-angel entre lui et son comparse. Le fils du Lion exécuta alors une parade somptueuse parvenant, dans cette mauvaise situation, à bloquer les deux attaques suivantes d'un seul geste. Il tournoya de nouveau en attaquant le meneur ogryn, qui dut reculer pour ne pas être tué. L’autre mutant n'eut pas autant de réflexes et fut vaincu, la tête à moitié sectionnée.
Reculant rapidement et prenant enfin la mesure de son adversaire, le survivant paniqua et dégaina son arme à feu. Mariel avança vers lui sans s'arrêter, sans freiner, réussissant à dévier une partie des tirs grâce à sa lame et finit son assaut par un mouvement qui décapita le géant. Regardant autour de lui, il constata que la bataille venait de se finir sur son action. Maître Bélial lui fit un signe de respect de la tête.
« Rassemblez tous les survivants, un thunderhawk arrive pour les emmener. Nous allons rester et pacifier le périmètre.
-Pardonnez-moi, maître. Qu’est-ce-que cela signifie ?
-Cela signifie, Mariel, qu’il n’y aura aucun témoin. L’honneur du chapitre en dépend.
-Mais… cela est notre faute. Notre devoir n’est-il pas de sauvegarder l’humanité comme le voulait l’Empereur ? Doit-elle payer pour nous ? »
Le capitaine Dark-angel s’arrêta un instant et regarda sévèrement le vétéran.
« Il s’agit d’un sacrifice nécessaire. Il est de notre devoir de préserver le chapitre par tous les moyens. Nous ne pouvons prendre le risque que notre déshonneur soit connu de tous. C’est l’Empereur qui nous met à l’épreuve et nous envoie cette quête. Notre disgrâce, l’éclabousserait lui et c’est inacceptable ! Nous ne pouvons nous permettre aucune faiblesse. » Bélial appuya bien sur ce dernier mot qui fit mouche auprès de Mariel. Celui-ci ramassa son arme-lourde et regarda son supérieur plein de défi et de rage, le cœur brisé en deux.
« Unité d’appui, avec moi. » Et il se dirigea vers l’extérieur.
Mariel avait déjà fait nombre d’actes de guerre impitoyables. Il était un vétéran et il était dur. Du moins le croyait-il. Car alors qu’il dispensait la mort autour de lui pour une faute qui était la sienne, il eut honte. Ce jour-là, le space-marines tua autant son amour propre que les civils de Flavia.
« Pour le Lion. » Dit-il tout bas.
Juste avant de partir, dans les flammes des ruines qu’il quittait, il aperçut au loin la forme floue d’un astartes au regard terrifiant. Il crut reconnaitre Martinien. Il ferma les yeux un court instant et ne vit plus rien. La mine sombre et l’âme en tourment, il retourna auprès des siens.


Linuial
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