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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 10:45

 

-Bravo Gabriel, excellent travail ! rugit Severian à travers le canal privé.

 

La voix était terrible et grondait comme le tonnerre dans le casque de Gabriel, ses intonations de colère et de rage étaient comme autant d'éclairs qui foudroyaient le jeune Maître. De ses nombreux siècles d'existence le vieil Investigateur écrasait littéralement son ancien protégé sous le poids de ses remontrances et de sa colère.

 

-Je vous avais bien dit que c'était trop risqué mais vous n'avez pas voulu m'écouter ! ajouta-t-il. Et voilà où nous en sommes !

 

Gabriel se ressaisit et répondit avec la même rage :

 

-C'était un risque calculé et...

 

-Votre risque calculé a mis le Chapitre et tous les Impardonnés au fond du précipice ! Vous avez totalement sous-estimé Cypher malgré mes conseils et il a déjoué tous vos calculs savants.

 

-Nous ne sommes qu'au bord du précipice, Frère-Chapelain. Cessez de noircir le tableau, il est déjà bien assez sombre ainsi et réfléchissons plutôt au moyen de nous en sortir.

 

-Noircir le tableau ? explosa Severian. Noircir le tableau ? Par l'Empereur, Gabriel j'aurais du vous faire lobotomiser après Hellébor et vous faire asservir au lieu de favoriser votre ascension. Vous n'êtes qu'un...

 

-Ca suffit ! rugit à son tour Gabriel. Tout cela ne mène à rien sauf à nous faire perdre notre temps. Alors faites ce que vous voulez, restez ici à tempêter ou allez écrire un rapport qui m'enverra droit dans la tombe, par le Lion je n'en ai rien à faire. J'ai une situation à redresser et ce n'est pas en restant ici à vous écouter vociférer que j'y arriverai. J'ai dit.

 

Et Gabriel laissa sur place un Severian stupéfait qu'on eut pu lui répondre de la sorte. Le Grand Maître profita de ce léger instant de surprise pour mettre la porte blindée entre le Chapelain et lui et entra dans l'ascenseur qui devait l'emmener aux ponts supérieurs. Il entendit Severian revenu à lui gronder de colère à nouveau et coupa son casque. Peu lui importait à présent. Son existence ne pesait pas lourd face à la destinée du Chapitre et s'il devait payer son erreur ou cet affront de sa vie, ce ne serait pas avant d'avoir tenté par tous les moyens de sortir les Impardonnés de l'ornière dans laquelle ils se trouvaient.

 

Parvenu sur le pont de commandement après avoir suivi un grand nombre de coursives et emprunté plusieurs ascenseurs, Gabriel grimpa jusqu'à la passerelle. Là, il enleva enfin son casque, s'assit sur son trône de commandement, et ordonna immédiatement à sa flotte de mettre le cap sur la position de l'Ophidium Gulf. Puis il lança un appel général aux postes de combat. Bethor le regarda droit dans le yeux. Il ne dit rien, mais le regard du vétéran était plus lourd qu'un long discours. Pas de reproches, ni de colère. C'était le poids de la responsabilité. Bethor lui aussi avait très bien compris qu'il n'y avait qu'une seule issue possible.

 

-Nous n'avons pas d'autre choix, fit Gabriel.

 

Le porte-étendard ne répondit rien mais il chargea son corps de répondre à sa place. Comme il savait si bien faire, il fit comprendre par la simple courbure de ses épaules ou l'inclinaison de sa tête qu'il approuvait son maître sans réserve ni remords, malgré l'ampleur de ce que cela impliquait.

 

*

**

 

L'énigmatique Astartes se tenait droit, fermement campé sur ses deux jambes, immobile et calme. Revêtu d'un unique tabard pour tout habit, il aurait pu être une simple colonne, comme il y en avait tant dans les espaces capitulaires de l'Ophidium Gulf. Ses bras étaient allongés le long de son corps, dans une apparente décontraction. Mais cette apparence ne trompa pas le Connétable Raimer. Lui qui l'observait depuis cinq minutes à travers une vitre sans teint donnant sur la cellule, il avait déceler la tension sous-jacente qui bandait ces muscles qui semblaient détendus. Le Black Templar était impressionné, car il lui avait fallu plusieurs minutes d'une étude attentive pour s'en rendre compte.

 

-Il n'a pas bougé d'un pouce depuis qu'on l'a enfermé ici, souffla Korbinian.

 

-Ca ne m'étonne pas. Je ne sais pas qui est ce Space Marine mais ce n'est manifestement pas n'importe qui.

 

Raimer se détourna de la vitre et s'approcha du mannequin qui supportait l'armure confisquée au prisonnier. Elle était belle, c'était une armure antique qui datait de la Grande Croisade. D'un noir plus profond encore que les armures des Templiers, elle était ouvragée avec une telle finesse que Raimer ne parvint pas à se remémorer s'il en avait déjà vu de semblables.

 

-Décidément non, ce n'est pas n'importe qui, siffla-t-il.

 

Il détailla l'armure des pieds au sommet. Parmi de nombreux autres motifs, celui d'un Lion tenant une épée revenait régulièrement. Au centre de la plaque pectorale, l'aigle bicéphale avait cédé la place à une épée ailée, qui était à nouveau frappée sur l'épaulière. Sur l'autre, un marquage personnel et deux inscriptions, la première en Haut Gothique qui récitait une litanie à l'Empereur, la seconde dans une langue que le Connétable ne connaissait pas. Il songea que si le personnage avait effectivement appartenu aux Dark Angels, il pouvait s'agir de Calibanite.

 

-C'est tout de même étrange, n'est-ce pas Korbinian ? Dans un tel contexte, j'aurai plutôt attendu une armure présentant des marques de corruption ou de blasphème. Mais rien de tout cela.

 

-Ce n'est pas clair, Frère-Connétable, mais rien n'est clair dans cette histoire. Souvenez-vous avec quel enthousiasme ce commandeur Gabriel a accepté notre aide.

 

-Oui. Je savais que les Dark Angels traînaient derrière eux une réputation sulfureuse mais je ne voulais pas y croire. J'avais tort, manifestement. Sont-ce ses armes ? ajouta-t-il en désignant un râtelier du menton.

 

-Oui Frère-Connétable. Il nous les a remis sans même s'en servir. Remarquez nous l'aurions transformé aussitôt en viande hachée. D'ailleurs il y a quelque chose de curieux que je voulais vous montrer, Frère Raimer.

 

-Quoi donc ?

 

Korbinian s'approcha du râtelier et s'empara de l'épée, délaissant les pistolets baroques. Il se retourna pour faire face au Connétable, et tira la lame hors de son fourreau. A la surprise de Raimer, il n'en tira qu'un fragment, rattaché à la garde qui était constituée de deux grandes ailes largement déployées.

 

-Il ne risquait pas de s'en servir contre nous, ricana le Champion.

 

-Pourquoi se trimballait-il avec quelque chose de pareil ? Donne-la moi, je te prie.

 

Il prit l'épée des mains de Korbinian et lâcha une exclamation de stupéfaction. Ce fragment, long de près d'un mètre, ne pesait presque rien, et si la lame n'avait pas été brisée elle aurait été parfaitement équilibrée à en juger par le léger surpoids qu'il sentait dans le pommeau de l'arme. Il l'examina, la retourna, l'ausculta pendant un long moment. Il déchiffra l'inscription qui courrait le long de la garde et lut : « Par ce don, mon fils, délivre en mon nom l'Humanité de l'esclavage ». Elle acheva de convaincre le Templier que cette arme n'était pas une arme d'exception. Elle était tout simplement unique : c'était l'arme d'un Primarque, l'un des dix-huit capitaines de l'Empereur lors de la Grande Croisade, l'un de ses propres fils. Il tenait en main une relique du temps où l'Empereur marchait encore parmi les siens, et selon toute vraisemblance, ses mains étaient posées là où l'Empereur avait posé les siennes dix millénaires plus tôt. Le Black Templar frissonna. Cet objet semblait le transporter de cent siècles en arrière, comme par un étrange enchantement. Raimer n'arrivait plus à décoller son regard de l'arme prodigieuse, du reflet ténébreux que renvoyait le tronçon de lame noire. Il avait déjà vu des reliques, mais jamais aussi splendide ni aussi mythique que celle-ci. Rien qu'à la toucher, il se sentait déjà envahi d'une puissance supérieure. Avec un effort de volonté, il parvint à remettre l'arme dans son fourreau et à en lâcher la poignée. Korbinian le regardait, l'air vaguement interloqué. Peut être ce sentiment diffus de puissance et de force nouvelle l'avait-elle transfiguré l'espace d'un instant. C'était une arme faite pour un Primarque, après tout, pas pour un Space Marine.

 

-Je crois qu'il est grand temps que nous ayons une petite conversation avec notre hôte, Korbinian. Reste-ici, et veille au grain.

 

-Bien Frère-Connétable.

 

Et d'un pas décidé, Raimer sorti de la pièce pour passer dans le couloir, puis il entra dans la cellule de Cypher.

 

*

**

 

-Soyez le bienvenu, Connétable Raimer, salua le prisonnier. Je vous attendais.

 

-Trop aimable, répondit le Templier.

 

Malgré une légère surprise de s'entendre appeler par son nom, Raimer n'en laissa rien paraître. Il s'attendait à l'aplomb que déploierait le personnage et ne fut pas déçu. L'autre le fixait, de ses beaux yeux gris, toujours immobile au centre de la cellule, toujours aussi détendu en apparence. Raimer le contourna, et passa dans son dos. Le prisonnier de bougea pas, et continua de regarder droit devant lui, la tête haute, peut être légèrement trop. Peut être légèrement moqueuse ?

 

-D'où vient que tu connaisses mon nom, ô anonyme ?

 

-L'enfance de l'art, voyons, Connétable. J'ai simplement capter toutes vos communications entre Korbinian et vous.

 

-En effet, l'enfance de l'art comme tu dis.

 

Raimer continuait de tutoyer l'individu, bien que l'autre ne cessait de lui servir la deuxième personne pluriel la plus respectueuse qui soit. Bien qu'il sut déjà qu'il était vain d'essayer de faire sentir à son interlocuteur qu'il se trouvait en position de faiblesse, il décida de continuer dans cette voie. Question de... protocole...

 

-Tutoyez-moi si vous le souhaitez, Connétable, l'encouragea l'autre. Je n'y vois aucun inconvénient. Vous ne m'en voudrez pas si je garde à votre égard une certaine... distance respectueuse.

 

Une fois de plus, cette ironie sous-jacente et le fait que ses pensées étaient pénétrées à nouveau agacèrent Raimer. Il revint se planter devant lui, et le regarda au fond des yeux pour mâchonner :

 

-Assez parlé de moi, bel inconnu. Et si tu me disais plutôt qui tu es ?

 

Un petit rire secoua les épaules du personnage. Ses pommettes se relevèrent pour dessiner un sourire léger. Il avait un grand visage, bien découpé, une mâchoire carrée encadrée par ses grands cheveux noirs qui lui tombaient jusqu'à la base du cou. Ils avaient tous deux à peu près la même taille. Un nez droit, lui aussi taillé avec justesse. Un personnage de grande prestance, même à demi-nu.

 

-Je ne m'étonne pas que l'on ne vous ai pas présenté à moi plus tôt. On ne peut pas compter sur les Dark Angels.

 

-Je ne vous le fais pas dire. Ce que j'aimerais vous faire dire en revanche, c'est votre nom.

 

-Je suis Cypher. Ou plutôt le Seigneur Cypher. Ou plutôt l'actuel Seigneur Cypher.

 

-Mon cher ami, vos salamalecs commencent à m'excéder, et si vous ne répondez pas à ma question je vais vous en présenter une autre, avec un grand Q.

 

-Pourquoi faire, par l'Empereur ? Je viens d'y répondre, à votre question, et je n'ai envie que d'une chose, c'est que vous me posiez des questions. Alors allez-y, cher Connétable, allez-y, posez ! Pourquoi donc sortir les grands mots, les grands outils, quand nous sommes entre gens de si bonne compagnie ?

 

Énervé, Raimer se remit à marcher d'un pas vif en fronçant les sourcils. Il atteignit le coin de la cellule, puis se retourna et lança :

 

-Eh bien, poursuis donc ! Explique-moi ça, tous ses titres pompeux que tu lances à tour de bras.

 

-Il suffit de demander vous savez, Frère Raimer. Le titre de Seigneur Cypher est un vieux titre Dark Angel dont la signification exacte vous importerait assez peu. Sachez juste qu'elle en a beaucoup pour les Dark Angels, en particulier ceux qui servirent avec le Lion lui-même. Et qu'elle en conserve beaucoup pour leurs « descendants » actuels.

 

-« Descendants » ? Pourquoi une telle emphase sur ce mot ?

 

-Je vous l'expliquerai bien mais j'ai peur que vous ne trouviez cela un peu long, que vous m'accusiez de vouloir gagner du temps ou de noyer le poisson, et m'envoyiez immédiatement au chevalet pour voir si je réponds mieux. Ce qui ne servirait à rien puisqu'il faudra que je reprenne tout depuis le début, ironisa le Seigneur Cypher.

 

-Tu es donc un Dark Angel, biaisa Raimer pour éviter d'entrer dans le jeu de son interlocuteur et tomber du même coup dans le piège qui visait à le tourner en ridicule. Pourquoi tes Frères te poursuivent-ils ?

 

-A votre avis ?

 

-C'est moi qui pose les questions, ici !

 

-Dans ce cas, posez-en qui ne portent pas déjà leurs réponses en elle. Nous gagnerions du temps.

 

-Quelle genre de menace un agitateur blasphémateur perdu sur une planète peuplée d'extra-terrestres qu'il s'est asservi, au fond d'une région hors dehors des limites de l'Imperium, peut-il bien faire planer sur le Chapitre des Dark Angels ?

 

-Voilà une bonne question, Frère Raimer, je suis heureux que vous me la posiez. Hé bien le genre de menace que quelqu'un qui possède l'Epée du Lion peut faire peser sur un Chapitre en quête de rédemption.

 

-C'est donc bien l'épée de Lion El'Jonson ?

 

-Celle-là même. Même si vous avez pu constater par vous-même qu'en l'état elle n'es plus très utile.

 

-Et qu'est-ce que c'est que cette histoire de rédemption ?

 

-La rédemption que tout Chapitre ayant trahit un jour l'Empereur doit trouver, voyons.

 

-Alors c'est vrai, Jonson a bien trahi l'Empereur ?

 

-Non, coupa Cypher avec fermeté. Si vous m'interrogez, écoutez un peu ce que je réponds à vos questions. J'ai dit que les Dark Angels avaient trahi l'Empereur. Est-ce que j'ai parlé du Lion ?

 

-Pour qui te prends-tu, espèce d'hérétique ? lança Raimer avec hargne.

 

-Pour le genre d'hommes qui détient l'épée brisée d'un Primarque, une armure datant de la Grande Croisade en parfait état de marche et qui vous tient tête à vous en faire perdre patience depuis dix minutes. Et qui se sait parfaitement invulnérable malgré qu'il soit votre « prisonnier ». Cela vous suffit-il ? Mais nous perdons du temps par trop précieux. Puisque vous ne savez pas mener un interrogatoire je vais m'interroger moi-même, vous n'aurez qu'à prendre des notes ou vous fier à votre mémoire.

 

Raimer esquissa un mouvement de colère et son poing se détendit presque pour frapper l'arrogant personnage mais un changement minime dans la posture de l'autre lui montra que le coup serait dévié avant même qu'il n'ait parcouru un tiers de la distance. Cypher avait raison, il le savait et se payait sa tête. Les moustaches du connétable frémirent de colère mais il relâcha peu à peu son poing. Il capitulait.

 

-Je t'écoute.

 

-Vous savez comme moi qu'aux derniers instants du siège de Terra, Horus abaissa les boucliers de sa barge de bataille pour provoquer l'Empereur en duel et l'inciter à le combattre dans un corps à corps final. Peu de gens à travers tout l'Imperium connaissent ce point. Encore moins devinent pourquoi il fit ce geste d'orgueil démesuré, lui qui était si bon stratège. La plupart l'attribuent à la corruption du Chaos qui lui aurait finalement brouillé le jugement. Ceux qui savent savent qu'il n'en est rien : c'est parce que les renforts loyalistes arrivaient et qu'ils étaient suffisant pour balayer les troupes exténuées d'Horus.

 

-Je sais tout cela, et l'attitude équivoque que certains récits que je ne voulais pas croire jusqu'ici attribuaient à Lion El'Jonson.

 

-Et vous avez eu raison de ne pas les croire, Raimer, car on l'oublie souvent mais les Dark Angels ne représentaient que la moitié des effectifs. L'autre, c'était Leman Russ et ses guerriers dégénérés. En vérité, le pire ennemi de Lion El'Jonson fut Lion El'Jonson lui-même. Sa pratique du secret lui valu d'être suspecté à son tour, lui qui n'a eu de cesse de presser cette outre gorgée de bière de Russ, qui ne pensait qu'à remettre dans le droit chemin les planètes rebelles par le châtiment et le carnage. Je vous le dis, Raimer, et retenez bien ce que je vous dis, le Lion n'a pas trahi l'Empereur, et l'Empereur marcherait encore avec nous si Leman Russ avait été plus intelligent.

 

-Vous chargez beaucoup la mémoire de Leman Russ, répliqua Raimer qui se mordit aussitôt la langue d'avoir utiliser le « vous » malgré lui, tant ce maudit personnage l'impressionnait.

 

-Je dédouanerai le Lion pour le Loup ? Et pourtant c'est vous-même qui me disiez ne pas avoir voulu croire les allégations sur le rôle du Lion dans le ciel de Terra. Jonson est le coupable idéal, trop même. Personne n'aurait pensé à Russ, ni à sa bande d'assassins en sous-main de l'Empereur. A votre avis, pourquoi ont-ils été envoyer brûler Prospero, eux plutôt que d'autres ? Pourquoi ont-ils eu un rôle louche dans plusieurs autres disparitions d'agents ou de personnels impériaux ? Les Space Wolves étaient les exécuteurs de l'Empereur pendant la Grande Croisade, et cela s'est retourné contre Lui lorsqu'Il s'est trouvé assiégé, car il était dans la nature même du Loup de Fenris tout comme dans son « éducation » par l'Empereur qu'il assaille toutes les planètes de Ses domaines qui s'étaient rebellées contre Lui, et ce au mépris de toutes les urgences, de toutes les priorités.

 

-Si le Lion n'a pas trahi, qu'est-ce que cette histoire de rédemption a à voir avec tout ça ?

 

-Lorsqu'il est rentré sur Caliban, Jonson a découvert que les graines de la discorde qu'il avait lui-même semé par des décisions malheureuses et sa défiance naturelle avaient fini par germer. La moitié de sa Légion s'était retournée contre lui.

 

-Les Dark Angels ont donc trahi l'Empereur ? lâcha Raimer dans un souffle, comme subjugué par le récit de l'Astares. Par le nom de Sigismund je comprends bien des choses.

 

-Non Raimer, vous n'avez toujours rien compris, le reprit Cypher. J'ai dit que les Dark Angels s'étaient retournés contre Jonson, et vous avez déformé ma parole pour entendre qu'ils s'étaient retournés contre l'Empereur. Le frère combattit le frère et Caliban fut anéantie. Pour finir, le cataclysme fut tel que le Lion disparut avec son monde natal, mais les Dark Angels survécurent. Et c'est alors qu'ils trahirent l'Empereur.

 

-Comment cela ? Ils ont depuis renié leurs serments ?

 

-Non, mais c'est tout comme. Sous prétexte de servir l'Empereur ils ont ouvert le feu sur Ses soldats à plusieurs reprises. Ils croient toujours Le servir, et le professent, mais ils servent leurs propres intérêts sans se l'avouer ni l'avouer à ceux de leurs frères qui ne le savent pas. C'est depuis qu'ils ont décidé de traquer sans relâche les Déchus qu'ils ont trahis l'Empereur. Leur trahison ne date pas de l'Hérésie d'Horus, mais de l'aube de l'Imperium.

 

-Et toi, j'imagine que tu es le bon, dans cet histoire ?

 

-Nous avons tous notre part de responsabilité dans cette tragédie. Je veux simplement obtenir le pardon de l'Empereur pour la faute que fut cette guerre intestine et celui du Lion pour la faute que j'ai commis en me détournant de lui à l'époque. L'épée du Lion sera reforgée et je la lui rendrais intacte. Ainsi le schisme prendra fin.

 

-Tu parles du Lion comme s'il existait toujours, mais tu disais à l'instant qu'il avait disparu.

 

-Aux yeux de l'univers, oui, sans doute, mais je sais où il se trouve, caché aux yeux des hommes. Mais vous n'en saurez pas plus, Raimer.

 

-Et en attendant, qu'est-ce qui me prouve que c'est toi qui as raison ? Tu n'es qu'un agitateur hérétique, après tout...

 

-Eh bien je pense que d'ici peu vous ne tarderez pas à l'admettre. Et je crains fort qu'il ne s'agisse en l'occurrence de votre dernière pensée.

 

La porte de la cellule s'ouvrit avant que Raimer ne put répondre et Korbinian entra promptement.

 

-Frère Sénéchal, annonça-t-il, le Grand Maître Gabriel vous demande sur la passerelle.

 

-MFT-

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commentaires

S
Waouh, j'adore Cypher avec cette arrogance et cet orgueil bien placé.Sinon excellent chapitre comme toujours, mais tu te serait pas un peu inspiré de "Lord of war" ?
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-
<br /> <br /> Salut Saigo !<br /> <br /> <br /> J'ai vu le film il y a longtemps, et je n'y ai pas songé sur le moment. Mais en relisant le texte je trouve aussi qu'il y a une certaine parenté entre les deux scènes. C'est sans doute ce que<br /> l'on pourrait appeler une influence souterraine mais je reconnais qu'elle est sous-jacente, manifestement !<br /> <br /> <br /> A bientôt (j'espère) pour la suite !<br /> <br /> <br /> -MFT-<br /> <br /> <br /> <br />

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