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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 12:33

Flavia
Malgré la frénésie ambiante, presque tous virent dans le ciel, trois cent mètres au-dessus du buveur de sang, la formation d’une bulle d’énergie bleu crépitant d’éclairs. Répondant à l’invitation, le démon bondit du haut du clocher sa hache prête à officier. C’est alors que descendit l’ange noir, porté par des ailes de feu, tenant une longue épée. Le grand-maître Séverin fondit sur la bête, ses réacteurs dorsaux accélérant la vitesse de sa chute. Adelphe retint son souffle les quelques secondes nécessaires au choc. Les deux titans se percutèrent de plein fouet. Le démon ne fut pas le plus à son aise devant batailler tout en maintenant son vol alors que son ennemi vraisemblablement ne s’en souciait guère. Il déploya ses ailes pour planer un maximum et pouvoir se concentrer sur l’action. Le déchu profita de ce laps de temps pour frapper de toutes forces le favori de Khorne d’une série d’attaques verticales qui firent naitre étincelles et flammes à chaque impact. Le démon rugit et tenta plusieurs frappes de sa hache mais son adversaire trop proche, encaissait les attaques pour l’instant mal-adaptées.
Au sol, Abraxas n’en crut pas ses yeux mais se ressaisit très vite ne voulant pas laisser passer une si belle ouverture. Il vit avec plaisir qu’ils avaient tenus ce qu’il fallait et que d’un instant à l’autre, les renforts arriveraient. Il fallait néanmoins plus qu’une force brute pour stopper l’invasion : il devait briser l’élan sanguinaire du dieu des carnages. L’intervention de Séverin tombait à point nommé.
« Frère Bethor ! Allez en haut du clocher et brandissez notre étendard ! Frère Vivien, courrez sous le beffroi et attendez mon signal ! »
A présent, tout dépendait de l’issu de ce duel.

Comme il l’avait craint, Séverin voyait l’effet de surprise passer. Il continua de frapper mais le démon comprit qu’à cette distance sa hache était inutile, il la lâcha et riposta de ses griffes. L’épaulette gauche sauta, teintée de sang et de chair. Le grand-maître ne faiblit pas pour autant et harcela la bête qui ricana de sa voix puissante.
« Pauvre mortel ! Vos efforts sont pathétiques ! » Séverin éclata de rire.
« Oui démon, ris ! Moque-toi ! Chante ma sottise. Dis-moi que je tente l’impossible ! Je suis un serviteur de l’Empereur ! Nulle frontière, nul pont, nul adversaire ne serait trop grand que je ne puisse le défier. »
La réaction déstabilisa le temps d’une pensée le monstre et le déchu s’engouffra dans cette fenêtre. Il dégagea une chaîne qu’il enroula autour du cou du buveur de sang, décrocha son paquetage dorsal qui restait relié aux anneaux de métal et le déclencha à pleine puissance. L’étranglement fut presque immédiat et le réacteur tourna frénétiquement, entrainant le géant écarlate et l’astartes. Séverin resta accroché à l’armure et frappa. Un terrible coup du démon fit sauter son casque, le déséquilibrant. Un second le fit définitivement chuter. Il se rattrapa in-extremis plantant son couteau de combat dans l’aile droite, la déchirant tout du long. Le réacteur dorsal finit par s’arrêter et son poids entraina les deux combattants en chute libre vers les immeubles Ortonius. Séverin put revenir à portée de coups, évitant par miracle un nouveau balayage. Il planta sa lame dans l’entaille qu’avait faite Abraxas et s’y agrippa. De nouveau, le buveur de sang frappa et le bras droit du grand-maître partit au vent. Luttant contre la douleur, il resta à enfoncer son épée toujours plus loin jusqu’à ce que les deux êtres rencontrent le toit d’un haut bâtiment, dans un bruit sourd. L’inertie finit de transpercer la bête. Le choc plongea les combats alentours dans une sorte de stupeur, tout le monde retenant son souffle ne sachant si l’un des adversaires pouvait se relever ou non. Enfin, une forme humaine, estropiée, se dressa sur le démon vaincu.
« Maintenant ! » Cria Abraxas. Vivien fit sonner les cloches de l’église Paule. A son sommet flottait fièrement la bannière des fils du Lion. On entendit au loin, l’arrivée des renforts de la garde accompagnés par des forces de l’adepta sororita stationnées sur Adelphe III qui chantèrent des cantiques sacrés. Le charme rompu, la foule fut plongée dans un désarroi infini et l’énergie qui permettait aux démons de garder pied dans la réalité commençait à se dissiper.
Les dizaines de milliers de citoyens impériaux qui avaient été dominés tombèrent à genoux en pleurs, perdant la raison à mesure que les créatures du Warp disparaissaient essayant malgré tout de perpétuer le carnage jusqu’au dernier instant.
Abraxas fit taire les armes et donna l’ordre à la garde de ne pas entamer d’offensive. La bataille était terminée. L’Administratum réglerait le sort de ces civils. Sans doute, qu’une purge serait décrétée. Ils mouraient en leur temps et il lui apparut inutile de continuer le carnage. Soudain, un tremblement secoua la terre. Tous virent la tour où se trouvait Séverin s’effondrer sur elle-même. Un énorme nuage de poussière engloba les individus alentours.
Le sergent vétéran Saariel de la septième escouade d’assaut se releva péniblement après avoir été soufflé, lui et son unité, par l’effondrement. Ne voyant rien à cause de la poussière, il commença à battre le rappel. Il entendit Abraxas donner les ordres de « cessez-le-feu » et s’accorda un soupir. Il fut rejoint par les membres de son unité. L’astartes Gabriel demanda à ce qu’on aille fouiller les décombres. Evidemment, l’autorisation fut refusée car les non initiés ne devaient toujours pas voir leurs frères maudits. Saariel dut jouer de son autorité et l’escouade d’assaut s’envola rejoindre les leurs loin des ruines. Le calme revint peu à peu, irréel. Le point final de la bataille d’Ortonius venait d’être donné.

*

Au milieu des débris, coincés sous des blocs de béton, le grand-maître Séverin vivait ses derniers instants. Après d’interminables minutes, il vit émerger des ténèbres un astartes encapuchonné, avançant doucement vers lui. Ce dernier s’arrêta devant le déchu agonisant. Le regard du capitaine des anciens temps ne quitta pas l’image face à lui. Du guerrier, on ne pouvait distinguer le regard perdu dans les ombres. Une large épée pendait dans son dos et son armure était recouverte d’os.
Séverin finit par sourire et, l’âme en paix, il rendit son dernier souffle.

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