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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 12:30

Axia
Antoine se réveilla emprisonné dans une sorte de cocon pour quelque insecte monstrueux. Son casque lui avait été enlevé et sa tête était entravée par un harnachement répugnant ressemblant plus à des fibres organiques qu’à des machineries. L’endroit empestait d’une odeur acre et pimentée. Une chaleur et des pulsations ressemblant à un cœur lui parvenaient malgré qu’il fût toujours en armure. D’où il était placé, il pouvait voir s’afférer des magos, des techno-adeptes et un techmarine dont l’épaulette lui confirma qu’il s’agissait d’un déchu. Balayant l’endroit autant qu’il le pouvait, il remarqua deux astartes en armures dreadnoughts ainsi que trois autres en armures énergétiques. L’endroit semblait particulièrement vaste, les parois montant trop haut pour qu’il puisse distinguer le plafond. Le tout ressemblait à l’intérieur d’une trachée colorée de vert, d’ocre et de violet. Des filaments luminescents pendaient un peu partout au-dessus d’eux et semblaient parfois être animés de soubresauts. Cette vision inspira un profond dégout au champion de la quatrième compagnie qui ne put réprimer sa rage :
« Misérables parjures ! Non content d’avoir trahi, faut-il que vous frayiez avec ces immondices xénos. Comment osez-vous encore porter ne serait-ce que nos armoiries ! N’y-a-t-il plus aucun honneur en vous ?! »
Un visage sévère apparu face à lui, un sourire malveillant aux lèvres.
« Les chiens de Jonson ne savent qu’aboyer et remuer la queue devant leur maître, c’est bien connu. Rassure-toi, frère, bientôt tu retrouveras ta liberté même si c’est moi qui serait alors aux commandes.
-Que voulez-vous dire ?
-Tu le sauras bien assez tôt.
-Comment se fait-il que vous ne soyez pas à Flavia ? Combien êtes-vous ?
-Vous êtes pathétiques. Nous vous avons amenés là où nous le désirions. Les astartes à Flavia ne sont que des imposteurs : des survivants du chapitre de Praxius. Tu as de la chance Antoine. Tu as réussi là où tes deux capitaines ont échoué. Tu as trouvé les déchus ! »
Il y eu quelques ricanements étouffés et un autre que le prisonnier ne pouvait voir intervint.
« Ca suffit, ne parle pas plus avant. Séverin a été clair là-dessus. » Son complice renifla de mépris, fixant toujours sa victime.
« Fort bien. Je vais me préparer à investir le corps de ce chien. Tu as un dernier mot à dire ?
-Oui. Obscurus. » La balise camouflée dans son paquetage s’activa. Le déchu mit quelques centièmes de secondes pour réaliser. Il dégaina prêt à abattre le Dark-Angel mais il fut stoppé par le techmarine qui lui prit fermement le bras.
« Attention, tu risques d’endommager la machine !
-Imbécile ! Il porte une balise de téléportation ! »
En effet, Barnard avait disposé au fur et à mesure de l’avance de ses troupes des relais pour permettre à Bélial de pouvoir intervenir en renfort. Il avait équipé tous ses hommes de balises camouflées, flairant le piège. Les déchus eurent juste le temps de s’équiper et se positionner un minimum, le temps que les relais s’activent.
Tout à coup, l’air changea de température et l’énergie de la matérialisation créa des arcs électriques qui infligèrent de petites brulures aux parois organiques de la pièce. Les deux unités de la Deathwing menées par le frère capitaine de la troisième compagnie ouvrirent le feu avec leurs fulgurants et leurs canons d’assaut. Ils firent face à pas moins de dix déchus qui ripostèrent aussitôt, enragés d’avoir été ainsi dupés. La salle devint le théâtre d’une bataille rangée acharnée.

*

Anhiel retrouva Séverin dans la salle de contrôle. Ce dernier regardait les différents comptes-rendus des batailles en cours, observant de temps à autres l’écran du local de transfert. Il vit le champion de compagnie Antoine être installé par des serviteurs décérébrés dans la machine. Il tendit un dossier à un adepte du méchanicum dont le visage était à moitié cybernétisé suivant une diagonale. Trainant la patte, celui-ci retourna à sa console pour archiver le document. Le capitaine regarda Anhiel dont le sourire disparu à la vue de l’expression de son chef.
« Maître, les préparatifs sont en cours, dois-je monter une autre expédition pour capturer un Dark-Angel ?
-Non, nous allons voir ce qu’il en est avec celui que vous m’avez apporté. » Anhiel hésita mais voulut en savoir plus sur l’humeur taciturne de Séverin.
« Comment ce passent les combats ?
-Bien. Ici, les soldats humains remplissent leurs rôles. Ils tiennent ce qu’il faut et dispersent l’ennemi tout en le maintenant loin de ce secteur.
-Et Flavia ?
-Comme je le pensais, ils avaient prévu du renfort. Je n’aurais pas cru qu’ils feraient appel à des membres extérieurs. Un chapitre successeur éventuellement. Bref, un régiment de la garde est en route vers la zone des combats. Cela ne changera plus rien, des démons viennent d’apparaitre comme lors de notre combat sur Elteresh. » Le regard de son second se perdit un instant, le temps d’un souvenir lointain, puis revint à ses préoccupations. Si tout se passait comme il le souhaitait où se situait le problème ? Le grand-maître entreprit de refaire le tour des moniteurs tout en regardant le compte-rendu des décryptages des communications.
« Et Martinien ? » Séverin s’arrêta un court instant mais ne regarda pas Anhiel.
« Il est mort.
-Vous l’avez tué ?! Il n’a pas accepté de se rallier à nous ?
-Vous semblez presque déçu Anhiel, fit Séverin d’un ton ironique. Non, je ne l’ai pas tué. Il a mis fin à ses jours lui-même en entrant sous la pyramide. » Il y avait une amertume palpable et même ayant nourri une telle rancœur contre lui, Anhiel regretta aussi que le fils du Lion ne les ait pas suivis. Le grand-maître reprit :
« Nous allons lever le camp et partir laissant notre taupe faire son travail. Allez rejoindre les autres et retrouvons-nous en salle de téléportation. Finisso…
-Par Luther ! » Anhiel désigna un écran. Séverin ramena son regard sur le moniteur où Antoine venait d’être entouré de terminators de couleur ivoire.
« La Deathwing ! Ils ont été plus futés que je ne l’aurais cru et avaient prévu de nous trouver ici plutôt qu’à Flavia.
Ordre donné aux unités de réserve d’aller en point Gamma ! Venez Anhiel, nous pouvons encore obtenir ce que nous voulons si nous anéantissons cette contre-attaque. » Le chef des déchus prit sa lourde épée et son casque mais Anhiel ne disait plus rien. Le visage livide, il fixait un autre écran. Séverin regarda et repéra le poste de surveillance de la pyramide. Le choc le paralysa.
« Martinien… »

 

*

Flavia
Abaraxas continuait de tirer avec son fulgurant, essayant de tenir à distance les assaillants. La foule perdait de son humanité à mesure que le temps passait. Depuis l’apparition des démons, des yeux injectés de sang naissaient dans les rangs des humains dominés. Des créatures à la peau écailleuse, maniant des lames de métal noir fauchaient à tout va leurs alliés, tout en se dirigeant vers les lignes Dark-Angels. Des meutes de chiens monstrueux harcelaient les défenseurs. Il avait fallu du temps avant que la masse des damnés ne reviennent des villes alentour jusqu’à Ortonius mais pas suffisamment longtemps pour permettre aux renforts d’arriver. Cette fois l’assaut ne pourrait être contenu, la folie aveuglait les esprits qui ne craignaient plus la mort. Le chapelain fit reculer ses troupes pour un regroupement qui permettrait de canaliser les flots d’attaquants. Ces derniers ne prenaient même plus la peine de tirer. Ils cherchaient le gout du sang.
Les tanks astartes firent marche arrière tout en tirant, ainsi que leurs escortes jusqu’à pouvoir tenir un dernier carré à l’ancienne techno-église Paule. Les unités d’assaut étaient revenues proches des unités tactiques et les protégeaient des assauts furieux des créatures démoniaques trop proches. Les pertes commençaient à devenir préoccupantes. Les apothicaires de la troisième et quatrième, Gidéon et Gislain, travaillaient sans temps mort pour que tous combattent même blessés. Inébranlables devant la déferlante, les fils du Lion se repliaient en bon ordre, faisant toujours face à leurs ennemis.
Abraxas regarda les runes d’informations que lui projetaient les systèmes de son armure et vit qu’il lui fallait tenir encore au moins trente bonnes minutes. Il faillit ne pas voir venir la charge d’un Sanguinaire monté sur un monstre de muscles et d’acier. Esquivant de justesse le premier assaut, il tourna autour de la bête pour la prendre de court. Le démon donna un coup vertical d’une rapidité inouï malgré la taille de son arme qui fut arrêtée in-extremis par le crozius arcanum du chapelain. Ce dernier profita que son épée soit bloquée pour sauter au coup de la créature du warp. Laissant son fulgurant tomber à terre, il prit la tête du démon et l’empala brutalement sur la corne frontale de sa monture. Le démon commençait déjà à se désagréger que, sans perdre un instant, Abaraxas alors sur le dos du Juggernault, saisit la chaine faisant office de rennes et frappa plusieurs fois de son sceptre sur la gueule du monstre. Ce dernier rugit à en faire trembler le sol, rua furieusement, endurant une dizaine de coups jusqu’à ce qu’enfin, il choit sous l’ire implacable du maître de la foi. Les Dark-Angels proches, galvanisés par l’action héroïque de leur officier, redoublèrent d’efforts et entonnèrent les chants de la colère du juste. Le chapelain reprit rapidement son fulgurant et rejoignit les rangs, chantant de concert avec ses frères. Les anges de la mort ne se laisseraient pas vaincre facilement.
Au loin, l’inquisiteur Terdre avait observé avec attention le duel. Dans un sourire cruel, il jeta sa tête en arrière et poussa un cri inhumain terrifiant. Ses bras devinrent rouges et grandirent jusqu’à dix fois leur taille. De grandes jambes puissamment musclées se terminant par des sabots vinrent remplacer les siennes. Une poitrine comme un rempart, harnachée d’une armure d’airain, déploya dans un craquement monstrueux une paire d’ailes membraneuses noires comme le jais. Le buveur de sang fit apparaitre une hache aussi grande que le plus massif des soldats hérissée de pointes rouillées et tachée de sang séché. L’incarnation du dieu des carnages prit son envol. Un rugissement émergea de la foule, les bras levés, les poings serrés. La malédiction s’abattait sur Adelphe III et résonnait jusque dans les royaumes du Chaos.

*

Axia
« Martinien ? » Mariel venait d’entrer dans la salle de la pyramide. Après avoir été enseveli lors de l’attaque des déchus, il avait traversé le sol avec ses frères, chutant de plusieurs dizaine de mètres. Le hasard avait voulu qu’il survive, l’impact ayant été amorti par les corps de ses camarades. Il avait erré dans le dédale de ce complexe jusqu’à trouver un accès vers le haut qu’il puisse emprunter. Il avait découvert l’édifice attiré par les cris de douleurs des esprits emprisonnés. C’est alors qu’il avait vu Martinien sortir, titubant de sa base, poussant un container de deux mètres de long. Son ancien compagnon qu’il croyait mort se tenait là, apparemment très affecté, un genou à terre, son bras autour du caisson. Ce qui attira surtout le regard de Mariel fut l’armure qu’il portait. Celle d’un déchu. Le souffle coupé, Martinien ne put parler immédiatement quand il entendit son ancien ami l’appeler.
« Martinien, tu es vivant ? Par quel miracle ? Et cette armure ? Ne me dis pas que tu as trahi ?! » Le concerné leva la main pour signifier qu’il avait besoin d’un peu de temps. Enfin, au prix d’un effort conséquent, il se releva et fit face au visage ravagé de son camarade.
« Bonjour Mariel. Non, je ne suis pas mort et non, je n’ai pas trahi mais c’est une longue histoire. Veux-tu l’entendre ? » Le vétéran acquiesça de la tête et l’histoire commença. Martinien coupa court et resta synthétique car la situation restait risquée. Il n’avait aucune idée du temps qu’il avait mis pour aller chercher Erell. Son ami l’écouta calmement d’un air grave. Quand ce fut finit, Mariel s’approcha prudemment de ce revenant du passé. Le regardant dans les yeux comme pour y chercher un signe de tromperie, il finit par mettre ses mains sur les épaules de son frère.
« Bon sang Martinien, je suis heureux de te revoir ! Je devrais sans doute au moins te faire prisonnier ou même t’exécuter mais je dois t’avouer que je suis heureux de te revoir. Toi aussi tu as du composer avec le secret des déchus. » Un peu surpris quand même de cette tournure des évènements, Martinien compris à quel point Mariel avait du être aussi déstabilisé par toutes ces révélations et ce quelles entrainaient. Néanmoins, l’attitude de son frère, lui inspirait un malaise qu’il n’arrivait à définir. Ce n’était pas normal.
« C’est magnifique ! Te rends-tu comptes ?! Par cette action d’éclat, tu viens de mettre à bas l’action de l’ennemi ! Nous allons, de nouveau, être acceptés comme les égaux des initiés ! Tu pourras revenir parmi nous ! Peut-être même qu’ils te laisseront ta mémoire. J’appuierai ta cause.
-Tu t’emballes un peu vite mon ami. Vis-à-vis de ce que j’ai pu voir dernièrement, il n’y a pas de clémence à attendre. Honnêtement, je ne pense même pas qu’il envisage de t’intégrer en tant que tel. Il y a de grandes chances pour qu’ils effacent ta mémoire Mariel. Il faut être réaliste. Quant à moi, on m’exécutera, séance tenante.
-Mais non. Ils m’ont laissé ma chance ! Je dois mériter d’intégrer la Deathwing, c’est normal. Après avoir défait les manigances de nos frères damnés, je serais intronisé. C’est sûr. » Martinien comprit enfin que son frère commençait à perdre pieds. Il n’avait pas supporté la vérité et devenait dangereux. Il allait devoir être prudent.
« Mariel, rien n’est réglé. Séverin peut revenir et replacer Erell dans la pyramide. Il faut la mettre en lieu sûr.
-C’est idiot. Il faut l’éliminer pour ne courir aucun risque.
-Nous n’en sommes pas encore là. Nous pouvons aller nous mettre à l’abri, il est toujours temps. Qui plus est c’est sa mort qui devait déclencher le processus. Il faudrait de toute façon l’éloigner avant de décider quoi que ce soit. »
Les yeux de Mariel reflétaient l’incompréhension. Martinien commença à bouger prudemment, s’interposant devant Erell. Ce dernier changea peu à peu d’expression.
« Pourquoi recules-tu ? Bélial a raison. On ne peut prendre de risque que notre disgrâce soit rendu publique. Il en va de l’honneur et de la survie du chapitre. Elle doit mourir. Ainsi la preuve sera faite que nous sommes dignes de l’élite.
-Mariel, reprends-toi. Tu ne peux pas cautionner les actions qui vont à l’encontre de nos vœux envers l’Empereur. » Martinien reculait toujours.
« Je vois… Je vois. Je me suis trompé. En fait, même si ce n’est que de ton coté, tu as tourné le dos aux tiens. Tu prendrais le risque de détruire les Dark-Angels pour cette fille ?
-Mariel, nous avons fait le vœu de prendre le risque de mourir pour l’humanité. Je la protégerai et s’il n’y a plus d’issu je la tuerai moi-même. Reprends-toi, je t’en pris.
-Tu ne peux pas être neutre Martinien. Tues cette fille ou j’apporterai moi-même ta tête à nos supérieurs. »
Ils dégainèrent leurs épées en même temps.
« Je ferais ce que j’ai à faire, Mariel. Je regrette. »

*

Dès l’arrivée de Bélial et de la Deathwing, les déchus se replièrent en bon ordre à l’extérieur de la salle pour protéger au maximum les installations. Trois d’entre eux étaient tombés aux premiers instants de l’attaque.
Totalement à découverts dans les couloirs, les belligérants se livrèrent un conflit meurtrier. Les lourdes armures des loyalistes leurs donnèrent l’avantage et ils purent pousser leur percée plus avant jusqu’à l’arrivée d’unités d’élites humaines. Mieux équipées pour les combats dans cet espace, elles utilisèrent des armes à fusion pour percer les défenses des Dark-Angels. Faisant fondre le métal comme du beurre, deux membres de la Deathwing succombèrent sous les coups de la contre-attaque. Bientôt les loyalistes se retrouvèrent encerclés et durent se replier dans une salle proche pour tenir un siège, non sans avoir prélevé au préalable un lourd tribut de vies chez l’ennemi.

 

*

Anhiel se sentait impuissant. Le grand-maître Séverin n’avait pas bougé depuis qu’il avait revu Martinien à l’écran. Le visage grave et statufié, il regardait ce qu’il se passait depuis l’arrivée de Mariel. Son second insista de nouveau :
« Maître, il faut intervenir ! Nos unités ne pourront venir à bout seules de la Deathwing. Les autres laquais de Jonson convergent vers la zone des combats. Il est encore temps de rétablir nos chances ! »
A l’écran on voyait Mariel et Martinien se faire face, l’épée à la main. Séverin bougea enfin la tête dans un signe d’abdication.
« Faites donner l’ordre de repli. Dispersez-vous.
-Séverin, non…
-Dispersez-vous !
C’est fini Anhiel. Rejoignez les autres en salle de téléportation et quittez cette planète. » Séverin fit signe aux serviteurs et techniciens de sortir pour de rejoindre les points d’évacuations qu’il avait faits aménager. Il fixa son épée à sa taille, mit son casque et vérifia son arme à plasma. Anhiel ne bougeait plus, il regardait l’écran. Martinien et Mariel venaient de débuter leur combat.
*

Mariel tenta de prendre l'avantage rapidement se mettant à portée de Martinien par un saut spectaculaire. Le vétéran à l’armure verte fit aisément reculer sa proie sous un déluge de coups puissants et rapides. Aussi grands duellistes l’un que l’autre, Mariel avait trente ans d’expérience de plus à son actif et était clairement maître du premier assaut. Martinien tenta néanmoins à plusieurs reprises de casser le rythme en entraînant l’autre épée avec la sienne dans ses esquives. Acculé à l’ouverture de la pyramide, le fils du Lion dût faire le tour de son ennemi pour se sauver. Il parvint à tenir grâce à de nombreuses parades mais devait faire face à un ami qui le connaissait depuis des siècles. Lorsque Martinien tenta de parer de nouveau, son opposant en profita pour détourner violemment sa lame vers le haut, mettant à découvert sa poitrine qu'il frappa rapidement du pied. Propulsé à plusieurs mètres en arrière, le fils du Lion put atterrir néanmoins sur ses jambes et conserver son équilibre. Profitant de ce champ offert, il recula sur une passerelle qui menait à des balcons cerclant la salle.
Le géant au visage ravagé lança un assaut dévastateur basé sur des moulinets visant tour à tour la tête, les côtés et faisant des rotations très vives sur lui même pour accentuer un effet de vitesse. Arrivant sur un pallier qui menait à un balcon appareillé d’instruments exotiques, ils ralentirent un moment.
« Mariel, c’est de la folie ! Nous perdons du temps, les déchus peuvent arriver d’un instant à l’autre !
-Parfait ! Cela me fera plus de trophées à ramener au cercle intérieur ! Essayes de ne pas me rendre la tache trop facile ! »
Décidé à conserver la main, Mariel enchaina de nouveaux moulinets. Malgré une domination aisée de celui-ci, un œil averti pouvait constater que Martinien plaçait quelques instants de stratégies brillantes parées de justesse. Sachant la supériorité de son adversaire, le fils du Lion reculait prudemment en s’économisant et guettait la moindre faille dans l’assaut. Il enchaînait alors une riposte potentiellement mortelle à chaque fois.
Une ouverture dans le mur, au niveau du balcon, les amena dans un petit corridor. La tactique de Mariel évolua vers une série de frappes violentes, faisant jouer de sa puissance physique supérieure. Lames contre lames, il le fit reculer toujours plus loin et l’amena dans ce qui semblait être une salle de réunion. Martinien commença à être un peu plus à l'aise, habitué à la vitesse des coups de son frère. Il bloqua la lame du vétéran sur une table mais celui-ci lui saisit la gorge, le faisant ployer sous sa force. Proche du but, Mariel fut poussé par un coup de pied exécuté dans son dos, le faisant chuter et le désarmant. Roulant sur lui-même pour esquiver, Mariel en profita pour récupérer son arme.
« Quelle joie de te revoir Martinien.
-Tu l’as déjà dit mais ça fait toujours plaisir d’être apprécié à sa juste valeur, n’est-ce-pas ? »
Entamant des frappes simultanées, contrées, déviées et esquivées, les deux astartes partirent dans deux moulinets continus qui finirent par se bloquer. De nouveau lame contre lame, le duel physique se termina par un recul de Martinien, ne voulant pas perdre d’énergie dans cette lutte vaine. Cela risquait d’être long.

*

Flavia
L’enfer était sur eux. Les bolters fumaient de tirer en continu. Les Dark-Angels arrosaient démons comme humains. Aucun bolt ne devait se perdre mais cela ne servait à rien car une dune de corps se formait toujours plus haute alors que les assaillants revenaient sans cesse. A coups de crosses quand ils étaient trop près, les space-marines laissaient leurs frères armés de lance-flammes œuvrer pour rétablir une distance minimum. Tenant chaque entrée de la techno-église Paule, les combats n’avaient pas cessés depuis une bonne vingtaine de minutes et toujours les Dark-Angels résistaient, immuables.
C’est à ce moment que le démon majeur de Khorne décida de s’inviter dans la danse. Tel un obus qui explosa sur la ligne de défense astartes, il atterrit en trombe faisant voler au loin quatre space-marines qui disparurent au milieu de la foule déchainée, tuant nombre de fous au passage. Le sergent vétéran de l’unité ayant échappé au premier assaut tint ses positions et frappa le monstre de son gantelet. Vif au-delà de ce qu’aurait du permettre une telle masse, le démon saisit de son poing le bras du sergent en plein élan. Il le secoua comme fétu de paille avec une telle puissance que le bras finit par être arraché du corps qui termina contre un mur de l’église pour s’effondrer finalement au sol. L’apothicaire Gislain accourut immédiatement. Voyant la scène et voulant à tout prix éviter qu’une brèche ne se forme, Abraxas chargea sans peur. Il courut vers le buveur de sang et profitant d’un monticule de corps proche sauta pour se mettre à sa hauteur et frapper. Le monstre ne put éviter totalement la charge et reçut le crozius en pleine poitrine qui resta coincé dans l’armure. Hurlant plus de rage que de douleur, il saisit le chapelain, dégageant par du même coup son arme, et l’exhiba face à la marée sanguinaire. Cette dernière poussa un grognement de rage primitive comme un signal et le démon lança le maître de la foi à travers les murs du bâtiment religieux de Mars. Gideon s’approcha aussitôt de la brèche, craignant le pire :
« Abraxas !? Abraxas !? Vous m’entendez ? »
Le gantelet de métal du chapelain, tenant son sceptre, émergea de l’obscurité, poussant de coté l’apothicaire. Le fulgurant rugissant contre le démon, il s’avança inflexible malgré le choc et l’armure endommagée.
« Battez-vous ! N’arrêtez-pas ! Purgez ce monde de cette engeance impie. Pour l’Empereur et pour le Lion ! »
Les Dark-Angels se regroupèrent autour du démon dont le rire guttural fit trembler le sol. Il éloigna des ses ailes ses assaillants et prit du champ pour aller se poster au sommet du clocher. De ses cris, il continua à stimuler la haine et l’animosité de ses ouailles. En bas, les astartes comblèrent vite la brèche ouverte. Le chapelain chancela un instant comme prêt à sombrer puis se reprit in-extremis.
« Maudits soient-ils. » Il regarda le buveur de sang en haut de la tour quand il aperçût quelque chose, loin au-dessus.
« Par l’Empereur, qu’est-ce-que c’est ? »

*

Axia
Martinien décida de quitter la salle où il se trouvait pour retourner dans l’espace plus vaste de la pyramide. En effet, Mariel avait changé de style et opté pour des attaques très agressives n’essayant plus de frapper de taille mais d’estoc, pour transpercer son adversaire. Dans un espace exigu où l’esquive était plus problématique, c’était une option logique. Martinien décida donc de se priver d’attaques pour récupérer l’avantage du terrain. Il lui fallut gérer les passages délicats du couloir et de la passerelle, réduisant les possibilités d’éviter un assaut par les cotés. S’économisant, alors que Mariel semblait fatiguer, le fils du Lion se contenta de dévier les coups d’une main et d’esquiver en se baissant ou reculant.
Adoptant des pauses presque nonchalantes, il provoquait l’exaspération de son frère qui bouillait face à lui. Mariel tenta un enchaînement dangereux. Il s’en fallut de peu pour qu’il ne transperce Martinien mais ce dernier put reculer juste à temps laissant son adversaire avec un assaut avorté. Ayant perdu l’effet de surprise, Mariel se retrouvait les bras tendus ne pouvant rien faire de plus et il dut ramener ses bras à lui. Le fils du Lion en profita pour briser l’assaut et retourner l’offensive contre son frère. Cette fois-ci, les choses sérieuses commencèrent pour Martinien qui appuya chacun de ses assauts de ses deux mains. Mariel dut à chaque fois reculer, apparemment plus en état d’esquiver convenablement. Durant l’échange le vétéran tenta un dernier estoc ascendant qu’évita de nouveau Martinien en échangeant sa place. Voyant des signes de fatigues, il put lui faire sauter la lame des mains d’une frappe du pied qui l’envoya à terre du même coup. Il tenait Mariel dos à un mur et totalement vaincu.
« Ce fut long mais c’est terminé. » Le vétéran baissa la tête, abandonnant toute combativité. Martinien alla récupérer l’épée de son frère et parti près du caisson. Il commença à s’éloigner puis s’arrêta regardant une dernière fois son ancien compagnon d’arme.
« Tu pourrais m’accompagner, tu sais. Ils ne te laisseront pas gravir les échelons de l’Ordre, Mariel. Pas plus qu’ils n’avaient prévu de le faire pour moi. Nous n’accepterons jamais d’être des parjures et ils le savent. C’est pour ça que tu es à terre aujourd’hui mais ça ne doit pas être une honte et encore moins une fatalité. Viens avec moi. »
Le vétéran à l’armure vert-sombre, releva la tête, le regard enfin apaisé.
« Adieu Martinien. Que l’Empereur veille sur toi.
-Adieu mon ami. »

*

Les déchus entrèrent dans la salle de téléportation, les loyalistes sur les talons. Ils avaient fait s’effondrer un couloir mais cela ne les retiendraient pas longtemps. Frère Béranger, le techmarine, qui était entré en premier pour préparer l’activation, s’arrêta de stupeur voyant un astartes à terre.
« Anhiel ! » Il se pencha sur son camarade et les autres se mirent en position prêts à recevoir une attaque qui ne vint pas. Béranger fut soulagé de voir que son frère à terre n’était qu’assommé. Ce dernier reprit ses esprits.
« Doucement, mon ami. » Un terminator crut bon de presser un peu les choses.
« Dépêchons, il ne nous reste plus de temps !
-Où est le grand-maître, Anhiel ? » Celui-ci, regarda ses amis le visage grave.
« Il est partit. »

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