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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 12:29

La pyramide
Je ne suis nulle part, je suis partout. J’essaye de me concentrer sur mes pas malgré mon esprit fuyant. Au royaume de mes instincts et de mes excès, je ne veux plus me perdre mais comment penser quand les souvenirs reviennent vous étouffer. Je n’avais jamais craint l’obscurité dans mon âme mais je ne voulais pas qu’on la voit aussi ai-je feint de ne pas la voir moi-même. J’avais peur que l’on m’abandonne… encore. J’ai préféré être le premier à partir, à m’enfuir. Comment construire un homme sur une base aussi meuble. Non, je m’égare ! Pourquoi suis-je ici, déjà ? Pour Erell, oui, Erell.

« Du froid je me cache, le cœur blotti dans les nuages. Dans ce miroir la tempête gronde et mes entrailles se tordent de ne pas vouloir. »

Je dois marcher. Tout est si sombre, j’ai l’impression d’être seul dans un vide infini.

« Une bête qui parle et une horloge qui me berce. Je n’ai jamais su qui j’étais car je n’étais personne. Comment peut-on exister ainsi ? N’ai-je que des désirs ? La bête me sourit. »

Je dois marcher. Chaque mouvement est une torture. Mon corps est lourd comme avant. Avant… ?

« Une horloge qui me berce et une bête qui parle. J’ai toujours cru être un autre. On a choisit pour moi, on m’a sculpté alors que l’horloge me berçait. »

Je me perds. Il faut que je pense à elle. Penser… ? Il y a quelqu’un ? Qui est là ?

« Eh bien ! Ne sois-pas si distant. Tu me connais n’est-ce-pas ?
Nous nous tenons si souvent compagnie. Lorsque tu te sens perdu, moi seul partage tes tourments. Gémir à ton chagrin est ma manière de te réconforter. Toi qui ne fais qu’attendre l’aube nouvelle, ta solitude est grande. Je ris de te voir toujours debout et attends d’une excitation sans nom l’instant de ta dernière chute. Celle qui rendra ta vie si vaine et tes attentes si pathétiques. Rejoins mon étreinte et abandonne ce fardeau, ne me crains plus car je suis la fin de ta vie futile. Je suis ta liberté. »


Non ! Encore un pas. Qui d’autre est-là ? Je n’arrive pas à savoir si je bouge… Je me suis égaré.

« Oui mon ami, je le vois bien et je te connais.
Pour qui ne désire que la séparation du monde de nos convictions.
Pour qui ne désire que l’exaltation de ses passions et de son corps.
Pour lui, il n’est nulle distinction entre un sacrifice et une perte.
Suis-je tes pensées ou suis-je ta vanité ?
Peut-être un jour pourras-tu enfin faire la paix avec ton monde intérieur et te pardonner de n’être que toi ? Emprunte mon chemin et apprends. Je suis ta liberté. »


Je ne vois rien. J’ai l’impression de ne pas avancer. C’est comme si le monde se déplaçait alors que je reste sur place… Combien êtes-vous ? Je vais tomber…

« Tu n’as pas à tomber ! Tu sais qui je suis. J’ai toujours été là pour toi. Je t’ai donné plus de liberté et d’exaltation que quiconque ! Je souffle sur les braises qui empêchent tes blessures de se refermer. Rappelle-toi ces grandes messes en mon honneur où tu parcourrais l’univers telle une tempête ! T’ai-je jamais montré du mépris. Tu es mon fils, tu es mon sang. T’insuffler la force de dominer et de ne plus dépendre de personne est mon œuvre. Sans moi, tu ne serais plus depuis longtemps. Qu’importe ces salamalecs, la seule réalité est celle que tu peux détruire. Je suis ta liberté ! »

Je ne veux plus abandonner ma raison. Elle me revient toujours et me déchire plus loin encore... Mes mains brassent du vide, elles n’ont jamais brassé que cela... Je dois rêver. Erell, Lucie…

« Rêve mon ami. Souviens-toi de mon étreinte et de ma griffe si douce. Ton Dieu t’a mutilé comme il s’est mutilé lui-même. Il t’a castré, tu n’es plus un homme. Tant de choses que tu ne pourras connaitre. Pense à l’avenir, pense aux embuches et aux vrais défis. Pas à la vulgarité de la rage mais aux délices des passions. Penses à cette femme et à sa peau. Jamais tu ne pourras être auprès d’elle comme tu le désires. Je les connais bien, tes désirs. Tu n’auras pas de descendance sans moi. Réfléchis que ton passage sera aussi court que sans impact véritable. Tu ne fais même plus parti de la chaîne. Ne veux-tu pas être un homme et jouir véritablement, toi qui fuis sa vie de jadis ? Je suis le plaisir et la passion. Je suis ta liberté. »

Qui êtes-vous tous ?!

« L’âme est comme une pièce dont toi seul a la clef. Nous pouvons la détruire, la consumer ou la torturer. Nous pouvons te séduire, te menacer ou te tromper. Toi-seul peut décider d’ouvrir l’accès à cette pièce. Aujourd’hui tu résistes mais le temps est notre allié. Attendre ta chute est notre délice. »

Je vous entends. Oui, je sais qui vous êtes. Vous êtes moi. Plutôt, une partie de moi. Je ne suis pas venu vous combattre, je sais que cela est vain. Autant me tuer mais ce serait pire encore. Je suis juste venu chercher mon amie. Je vous accepte en moi. Vous êtes ma richesse et mon fardeau. Aujourd’hui je l’assumerai car je devine que plus que ma chute, vous voulez aussi vivre à travers moi. Acceptez ma tyrannie de temps à autre et j’accepterai les vôtres de même.

Brulez-moi ou laissez-moi accomplir ma tâche mais choisissez bien car sans moi, vous ne serez plus.



Vous êtes encore là ?
Je n’en peux plus, je marche depuis si longtemps. Répondez-moi ! Ne me laissez pas seul. Lucie, Erell, ne m’abandonnez pas maintenant... pas encore…


*

Un horizon magnifique, nuancé de bleu et de rose, englobait la terre à la tombé du jour. Deux frères regardaient le futur :
« Tu as de la chance partir avec les dieux, je t’envie.
-Tu as tort mon frère. Pour partir au ciel, il faut le regretter. Il faut craindre ce que cela représente. Je suis à même de partir parce que je regretterai ma vie et le bonheur que j’y avais. Les dieux veulent le préserver. Cette chance qui fut la mienne, c’est une bonne chose que de se battre pour que cela reste possible pour d’autres. Je n’ai pas eu le choix de les suivre mais j’accepte avec joie l’opportunité de servir cette cause. J’en comprends le prix.
-Et moi, je n’en suis pas digne ? C’est ça ?
-Bien sûr. Toi, tu dois apprendre à aimer la vie pour pouvoir enfin la défendre. Tu es fait pour aimer. C’est une tâche bien plus ardue car ainsi tu seras à même de choisir ce qui sera plus que ce je n’aurais jamais eu.
-Ne dis pas ça. Tu es mon frère et j’en suis fier. »
Le vent soufflait doucement comme une chaude caresse sur la peau des jeunes hommes. Tous deux regardaient au loin.
« Il faudrait que tu fasses quelque chose pour moi.
-Quoi donc ?
-Me laisser partir mais ne pas me laisser mourir en ton cœur. Les gens qu’on aime ne disparaissent pas vraiment. J’imagine souvent tante Régia et Edissia à mes cotés, riant avec moi. Elles sont toujours là.
C’est mon vœu, frangin. Laisse-moi partir mais ne me laisse pas mourir. Fais que ma vie ait un sens à travers la tienne. Tu veux bien ?
-Si tu veux, c’est juré mais j’t’le dis gentiment, t’es vraiment con quand tu balances tes tirades.
-C’est certain. »

*

Qu’est-ce-que c’est ? Je t’ai retrouvé! Je t’ai enfin retrouvé…

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