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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 12:21

Flavia
Afin de rester discrets, les déchus ne prirent pas le risque d’ériger des défenses dans les règles de l’art comme des casemates de béton et d’acier. Sachant qu’ils allaient bientôt être attaqués, les exilés de Caliban et leurs alliés locaux improvisèrent avec ce qu’ils avaient sous la main. Nombre de bâtiments de la ville étaient déjà suffisamment solides pour tenir des assauts et servir d’entrepôts aux matériels. Des techno-adeptes renégats usèrent de charges pour bloquer des intersections et des rues en démolissant les coins d’immeubles. Les débris formèrent de hautes barricades capables d’empêcher la progression de blindés tout en mettant à découvert quiconque aurait l’audace de les escalader. Quand les Dark-Angels s’approchaient d’un carrefour, ils constataient que les édifices de chaque côté étaient détruits, ce qui les empêchait d’accéder à un point de vue surplombant les positions ennemies. Les coins des quatre bâtiments du croisement avaient été aménagés pour que les défenseurs puissent disposer de batteries dont le champ de vision couvrait la rue à l’endroit où devait se déplacer les assaillants. Profitant de ses positions de tirs croisés en hauteur, les déchus installèrent dans les derniers étages des armes antichars pour parer à l’avance des tanks. Certaines barricades et rues dissimulaient elles-aussi des postes de tir s’appuyant mutuellement. Pour optimiser l’efficacité, les déchus s’étaient séparés et opéraient seuls avec les équipes humaines à leur disposition. Abraxas avait prévu le pire et s’attendait à ce que leurs ennemis soient prêts et équipés comme il se devait. Dans cette logique, il allait devoir composer avec les champs de mines dans les méandres d’Ortonius. A mesure que les Dark-Angels s’avançaient dans la ville, les défenses devenaient plus complexes. Elles étaient conçues pour former un réseau serré et pour embourber les attaquants dans une résistance acharnée demandant peu d’hommes. Les mines étaient cachées dans des gravas ainsi que dans des structures à faire s’effondrer pour couvrir un repli ou ensevelir des astartes. Certaines charges pouvaient être activées à distance au bon vouloir des ennemis embusqués. Les chars nécessaires pour pouvoir plus facilement frapper les immeubles ou optimiser les portées de tir, étaient fragilisés par cette configuration et exigeaient une escorte d’infanterie conséquente. En amont les scouts se positionnaient pour appuyer les équipes de déminage. Les parades face à tous ces éléments, Abraxas les connaissaient et la première était la patience. Il ne fallait pas se précipiter. Marcher inexorablement, conquérir et sécuriser les secteurs un par un. Eviter l’encombrement et privilégier la mobilité. Un bâtiment à investir pouvait être un piège redoutable. Feignant de s’enfuir d’une position pour attirer ses adversaires, les déchus faisaient s’effondrer la bâtisse une fois les Dark-Angels entrés. Généralement, dans ce genre de conflits, tout n’était que batailles de traquenards. Un objet, une arme à l’abandon pouvait être un piège mortel. Idem pour une porte qui, du coup, devenait le passage le plus inadéquat pour entrer ou sortir d’un bâtiment. Tout cela impliquait un calme et une rigueur d’exécution sans faille que seul des astartes pouvaient avoir. Malgré la pression constante des déchus pour obliger leurs frères honnis à se précipiter, rien n’y fit.
Les grenades, les armes d’assaut et les lance-flammes rugissaient à travers la ville purifiant impitoyablement les soldats humains. Les déchus pour l’instant ne prenaient pas de risques inconsidérés et, aussi pragmatiques que leurs ennemis, reculaient en bon ordre. Afin d’accélérer la débâcle chez les renégats humains, les chants sacré de purge des fils du Lion étaient diffusées assez fort pour qu’on les entende mais pas trop pour que l’on puisse aussi entendre les cris des soldats qui se faisaient occire.
Les escouades autoportées étaient un atout technologique important car on ne pouvait miner impunément le toit d’un immeuble où l’on se cachait. Malheureusement, les limites des ces sauts qu’autorisent les réacteurs dorsaux se situaient dans la dangerosité intrinsèque du terrain qui rendait hasardeux chaque avancées. Les astartes risquaient de se mettre hors de combat rien qu’en décollant ou atterrissant. Les Land-speeders étaient eux-aussi très appréciés, non pas pour intervenir directement car, dans ce genre d’environnements, ils étaient des cibles faciles mais pour quadriller et repérer les lieux. Dans une guerre urbaine, le deuxième moteur de la victoire après la patience était les renseignements.
Si la progression sur le terrain était satisfaisante, Abraxas n’avait pas oublié les avertissements de Barnard et craignait surtout le piège qui révèlerait la véritable nature de l’ennemi. Il retardait au maximum l’arrivée de maître Bélial et de la Deathwing en téléportation, espérant même ne pas y avoir recours.
Pour l’instant, les pertes étaient acceptables et l’avancé conforme aux prévisions malgré une discipline de fer et une ténacité des autochtones qui ne pouvait que forcer le respect. Leurs snipers étaient de redoutables professionnels mais les scouts arrivaient à les circonscrire. Le chapelain regretta que de tels individus soient ainsi sacrifiés à cette lute fratricide. Il avait assisté parfois Astérios lors de ces interrogatoires et il ne pouvait nier un malaise malgré sa foi et sa détermination. Cette guerre n’était pas la leur et il haït ses frères déchus pour les y avoir mêlés.

*

 

Axia
Alors que le techmarine s’affairait avec des serviteurs à sceller le caisson dans lequel était endormie Erell, le juriste Télias entra dans la salle. Il regarda la scène, n’en perdant pas un instant. Ses yeux brillaient et il s’en voulut d’être à ce point excité mais bientôt, enfin, il serait immortel aux cotés de son dieu. Sans doute que Noss regretterait les frissons que procuraient ses machinations en tant qu’humain avec ses risques et ses délices de victoires d’autant plus grands. Il se rappela l’exécution de ses complices, les nobles d’Adelphe, tués par Séverin. L’expression du gouverneur planétaire Achylle de Coche avait été particulièrement savoureuse. La décharge de plasma avait transpercé son abdomen et élimina du même coup ce pleutre de Gueusquin qui se cachait derrière. La fin des autres complices l’avait moins amusé, ce fut surtout la mise à mort de ces deux là qui lui donna le plus de jubilation. Réfléchissant à la suite des opérations, il se rappela qu’il lui faudrait quitter la planète avant de déclencher le processus qui ouvrirait la capsule au cœur de la pyramide. Normalement, Conrad devait avoir fini les préparatifs de l’appareil furtif avec lequel s’échapper et le système qui permettrait que l’activation se fasse à bonne distance. Les techno-adeptes avaient patiemment posés des runes de protections psychiques pour protéger la « clef » afin qu’elle puisse être conduite au centre du nexus psychique sous l’édifice. Un système de propulsion autonome permettrait d’acheminer la jeune fille au bon endroit sans que personne n’entre à l’intérieur. C’était, en parti, le domaine du Chaos où on ne pouvait s’aventurer impunément. Le sorcier Noss avait au préalable placé sur Erell, l’artefact nécessaire à l’accomplissement du rituel. Ca avait été une cérémonie longue et éreintante pour fournir en énergie noire l’objet en question. Regrouper les connaissances interdites qui permettaient d’activer convenablement la pyramide avait été une quête en soi.
Quand ce fut finit, Télias s’approcha doucement du techmarine :
« Je vais porter le boitier de commande au seigneur Séverin. Merci beaucoup pour ce que vous avez permis de faire, frère Béranger. A présent vous pouvez aller la placer dans l’édifice pour libérer mon peuple. » Sans un mot, le petit objet lui fut remis et l’astartes quitta les lieux. Noss attendit. L’esprit en éveil, il surveilla mentalement l’acheminement d’Erell. Quand il fut sûr qu’elle fut sous l’énorme monument, il s’éclipsa discrètement. Il sentit la présence du psyker ennemi se rapprocher avec les Dark-Angels loyalistes conformément à ses plans. Le sorcier se savait traqué par l’archiviste et s’en était servi pour attirer les ennemis de Séverin sur place. Ils allaient pouvoir retenir ce dernier et ses suivants, le temps nécessaire pour qu’il puisse s’enfuir. Il remarqua que sa main tremblait autour de la commande.

*

Martinien était assis, immobile dans une pièce à coté des machineries de transfert d’esprits. Il hésitait et tentait d’assimiler les informations que lui avait donné le grand-maître des déchus. Devenir capitaine des Dark-Angels à la place de Barnard, par exemple. Quelle folie et quelle tentation. N’avait-il aucune noblesse en lui finalement ? Pourquoi hésitait-il ? Quel était ce devoir auquel il se sentait rattaché ? Comment avait-il pu accepter le sacrifice de la fille de Lucie ? L’ignorait-il vraiment ? Au fond de lui trainait des justifications factices à son ambition. Mais en fait d’ambition, il s’agissait plus d’être de nouveau dans un moule car la vérité était qu’il était terrorisé par son libre arbitre. Ce n’était pas une course vers un idéal mais une fuite de sa vie redécouverte.

« Je ne suis qu’une bulle de savon qui voudrait être un peu plus grande avant de crever. »

Un flash lui apparut un court instant, le faisant se lever brusquement. Des images d’apocalypse, de son enfance avant le chapitre et de Lucie lui vinrent brutalement. Il se prit la tête entre les mains. Il avait déjà subit des attaques mentales et avait été entrainé à y résister mais dans le cas présent ce n’était pas tant une agression, qu’une profusion d’images incontrôlées. Martinien put s’appuyer contre un mur le temps d’un court répit où la fantasmagorie cessa. Il essaya de faire le point mais l’assaut recommença de plus belle. Les mêmes images et les mêmes séquences. Le fils du Lion comprit rapidement qu’on voulait communiquer avec lui et comprit tout de suite qui tentait de le faire : Lucie.
Dire que l’expérience fut agréable aurait été mentir mais Martinien y voyait deux éléments qui lui redonnèrent un court instant le sourire. Son mal de crâne avait disparu et Lucie était toujours là, d’une certaine manière.
Ce fut le silence. Ca n’avait duré que quelques secondes mais cela avait été d’une intensité extraordinaire. Le Dark-Angel fut même surpris de constater à quel point il voyait clairement l’avertissement qu’on lui avait lancé. Il comprit le drame de ses hésitations et ses faiblesses. A présent, il savait que la situation était pire. Erell l’avait pourtant prévenu pour Séverin mais il ne voulait pas y croire. Il voulait des rails sur lesquels reposer sa vie et sous couvert de liberté, il se laissait manipuler. Ne plus penser, ne plus avoir de responsabilités. La jeune fille avait feint de se fâcher avec lui pour le sauver au milieu des déchus qui l’auraient éliminé sans hésitations s’il avait refusé. Martinien se trouva bien pitoyable et l’excuse d’avoir été influencé psychiquement pesait bien peu.
Il se calma et regarda ce qu’il lui restait comme option.

*

« Sa trace a disparue. »
Gatien se tenait derrière Barnard, en tête de la colonne qui avançait dans les boyaux aménagés sous les ruines d’Axia.
« Nous sommes donc repérés si nous n’étions pas déjà attendus. »
Le capitaine fit quelques signes tactiques et les différentes unités se déployèrent comme une mécanique impeccablement entretenue. Devant les sas de décontamination, les lance-missiles se positionnèrent et firent exploser les portes blindées. Des fumigènes et grenades aveuglantes furent lancés et l’assaut commença. Quelques soldats humains sur place se firent tailler en pièce dans les premiers instants par Astérios ouvrant la marche. Comme pour une bataille urbaine, investir un complexe demandait de la patience et de la méthode. Les unités avançaient implacablement purifiant et sécurisant chaque secteur traversé pour prendre le temps de désamorcer les pièges sur le chemin et pour éviter une prise à revers. Apparemment il n’y avait pas de systèmes passifs de sécurité, laissant supposer qu’ils n’étaient pas attendus mais cela ne suffit pas à convaincre Barnard. Le complexe étant vaste et fort de nombreuses intersections, le risque qu’impliquait de se scinder en groupes plus petits était inévitable. Le copiste détermina par psychométrie les couloirs empruntés de ceux abandonnés. Les impardonnés bloquaient avec des mines et des capteurs les sections qu’ils ne suivraient pas et se séparèrent en groupe de cinq pour investir les lieux. Mariel menait l’un d’eux. L’esprit en feu, il marchait dans les couloirs tel un dieu de la guerre courroucé.

*

Le seigneur Noss observa du poste qu’il avait aménagé en secret, les troupes du capitaine Barnard qui investissaient le dédale des souterrains xénos. Il trouva pitoyable et triste la rigidité militaire de ses ennemis. Cela manquait d’un sens artistique évident. Une fois qu’il fut sûr que tous furent rentrés, il se dirigea vers le passage aménagé pour sa fuite. Il pénétra dans un sas de décontamination et revêtit sa combinaison. Quand il eut fini, il se rapprocha pour ouvrir l’autre sas et enfin sortir. Le système d’ouverture se bloqua brusquement et une lumière rouge se déclencha comme lors d’un nettoyage de radiations. Le sorcier comprit tout de suite qu’il était piégé et entreprit de lancer un sort puissant pour défoncer la paroi. Ne cachant plus son aura et délaissant toute prudence, il visa la porte blindée devant lui. Un premier jet de lumière multicolore enfonça partiellement le métal mais pas suffisamment. Le bruit du choc à l’intérieur d’un espace aussi réduit, lui détruisit les tympans et du sang coula de ses oreilles. Malgré la douleur, il recommença à réciter une nouvelle incantation. S’il avait eu la possibilité d’entendre encore quoi que ce soit, le bruit du gaz bactériologique introduit dans le sas lui serait parvenu. Ce détail n’aurait rien changé à la mort atroce qu’il dut subir. Les tissus rongés en quelques secondes, il fut réduit en poussière en ayant à peine le temps de crier sa rage et sa peur. Le serviteur du grand-architecte rejoignait son dieu mais pas tel qu’il l’avait souhaité. Un système de nettoyage de l’air se mit en route et balaya les restes méconnaissables du terrible sorcier. Il fallut quelques minutes avant que la lumière ne s’éteigne et que le niveau de sécurité ne soit rétabli. Le sas d’accès s’ouvrit et le grand-maître Séverin, casqué de son heaume ailé, entra. Il fouilla au sol les objets métalliques comme le masque étrange qui permit à Noss de prendre les traits du juriste Télias. Le déchu trouva ce qu’il cherchait, ramassa la commande du caisson d’Erell et repartit sans un mot.

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