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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 09:18
Le pari

Martinien avait eu l’occasion, depuis qu’il s’était établi, d’observer les environs et de faire le point militairement. C'est-à-dire de la seule manière qu’il savait le faire. Le fils du Lion s’était ainsi aménagé divers chemins pour sortir discrètement et même pour rejoindre le bâtiment d’Erell en passant par l’équivalant des égouts à ce niveau de la ruche. Il lui avait semblé être un peu fou pour faire tout ce rituel sans but mais il avait eu besoin de s’occuper. Maintenant qu’il était obligé de passer dans ces fameux égouts, il se félicita et se sentit heureux d’être comme il l’était. Ces souterrains ne ressemblaient pas à ceux qu’ils avaient empruntés avec Mariel, trente ans auparavant. Il s’agissait, à l’époque, d’anciens conduits de mines réaménagés. Ceux-ci n’était que métal et rouille. Sans armure, les effluves environnants auraient été à peine soutenables pour un humain ordinaire mais son métabolisme bloquait la gêne occasionnée. Il arriva dans les sous-bassement et déboucha rapidement près de l’escalier principal. L’appartement se trouvait au troisième. Il put apercevoir celui des intrus qui montait la garde dehors, grimé en mendiant. Il monta discrètement à la suite des deux autres et s’arrêta net lorsqu’il les entendit parler. Une voix métallique sans émotions à peine audible commença :
« Veillez à ce qu’elle n’ait rien. Aucune trace. Il faut qu’elle soit en parfaite santé sans quoi mon maître considérera nos accords comme caduques. » Une voix grave avec des accents familiers, répondit en grondant :
« Avise-toi de me répéter encore une fois ces mots et je t’arracherai la tête séance tenante, par Luther ! A présent guide-moi. »
Martinien resta pétrifié comprenant qu’un Dark-angel se trouvait lui-aussi dans le bâtiment. Ses pensées s’accélérèrent en essayant d’analyser la situation. Sans pouvoir le prouver, il était certain qu’ils en avaient après Erell. En un instant, Il prit une décision délicate. Il redescendit le plus discrètement possible et rejoignit l’une de ses sorties à l’abri des regards. Il récupéra ses servo-crânes, se déguisa en mutant à son tour et alla guetter ces étranges personnages. Martinien aurait pu intervenir et empêcher le rapt de sa protégée mais il n’aurait pas su donner de nom à l’ennemi. Le fait qu’il s’agisse de Dark-angels était troublant mais surtout aucun de ses frères n’aurait pu jurer invoquant Luther. Qui plus est, il s’agissait de comprendre ce qu’ils voulaient à Erell. Martinien jouait serré et sur une vie qui n’était pas la sienne mais celle de Lucie. Il se reprit et s’en voulut de cet amalgame.

Quelques minutes plus tard, le space-marine et l’homme-mécanique sortirent calmement. Un sac à taille de femme était sur l’épaule de l’astartes. Rejoignant leur complice qui faisait le guet, la troupe commença à s’éloigner, rejoignant des artères plus peuplées de la ruche. Martinien ne les lâcha pas d’une semelle, alternant servo-crânes et lui-même afin de ne pas attirer l’attention. Contre toutes attentes, les jours passés à repérer les lieux portaient leurs fruits. La curieuse équipe se dirigea vers un des accès inter-niveaux et prit un monte-charge pour accéder aux hauteurs de la cité. Martinien dut prendre les escaliers attenants pour les suivre. Seul un être génétiquement modifié comme il l’était pouvait tenir le rythme et ne pas se faire distancer. Il arriva à l’étage des sas pour les niveaux supérieurs de la noblesse en même temps qu’eux. Les passages pour les hauteurs n’étaient accessibles qu’aux personnes habilités. Martinien pesta de se voir ainsi bloqué. Il allait devoir intervenir et la situation géographique se prêtait nettement moins à une action qui assurerait la sécurité de la fille. Alors vint un miracle car l’un des marines dut rester en arrière. L’ascenseur utilisé était trop petit pour accueillir tout le monde. L’occasion étant trop belle, Martinien se hâta de gravir les structures pour arriver discrètement au plus proche de celui qui devait patienter. Une fois le premier groupe parti, il bondit du plafond d’une hauteur de cinq mètres. Son poids et sa force eurent raison de son frère qui s’écroula, KO pour le compte. Remerciant l’Empereur pour cette chance insolente, Martinien fouilla sa victime et trouva son passe. Grace à ses sens hyper-développés, il avait réussi à voir le code et le niveau où se rendre. Il se déguisa comme sa victime, la cacha à la hâte et prit ses armes ainsi que tout son équipement. Quand il eut finit, l’ascenseur revenait juste. A l’intérieur, il prit le temps de se recentrer. Perplexe d’avoir réussit à ne pas se faire repérer, il avait néanmoins l’intuition d’avoir été suffisamment discret. A présent, jouer la comédie serait de rigueur et la jouer juste, si possible.
Quand la porte s’ouvrit, les complices et leur colis l’attendaient. Sans dire un mot, ils se dirigèrent rapidement vers un véhicule de transport volumineux, les mutants n’étant pas de rigueur à ce niveau. Leur emboitant le pas, Martinien en profita pour observer brièvement les alentours. Cet étage de la cité-ruche était autrement plus avenant que là d’où ils venaient. Des bâtiments décorés de façons outrancières, mettaient en scène les hauts-faits des familles nobles à travers les âges. Malgré la situation Martinien trouva tout cela d’un mauvais goût évident, constatant que la plupart de ces familles avaient sans doute plus accompli que n’importe quel chapitre astartes si l’on en croyait ces fresques. Revenant rapidement à l’action qui se jouait, le dark-angel suivit ses comparses et monta dans le transport. Un conducteur les y attendait et ils s’installèrent à l’arrière dans une remorque bâchée. L’autre astartes fit mine d’enlever son déguisement quand le cyborg le retint tendant un bras mécanique :
« Ne vous dévoilez pas! Maintenant que vos frères maudits sont là, il faut redoubler de prudence. Ils sont au fait de votre présence et seront à l’affut du moindre indice.
-Ne me touche pas ! Comment maître Séverin a pu accepter l’alliance d’avec ton maître, je ne veux pas le savoir mais en aucun cas je n’accepterai que tu ne me souilles plus avant ! » La tension s’installa pendant quelques secondes puis, sans un mot, le géant se remis en arrière. L’homme-machine reprit son maintien neutre, ses implants interdisant tout indice quant à son état émotionnel, s’il en avait un.
Martinien l’avait échappé belle et se tenait prêt à intervenir à tout instant. Ce genre d’opération était nouveau pour lui car il était guerrier et non pas espion. Il craignit qu’on ne lui adresse la parole durant tout le voyage mais l’accrochage qui venait d’avoir lieu permit un silence bienvenu. Le fils du Lion cogita activement et se demanda s’il avait eu raison de faire courir un tel risque à Erell, si c’était bien elle. Martinien dut se rendre à l’évidence, son conditionnement commençait à se fissurer et les émotions à affluer sans plus qu’aucun contrôle de sa part ne puisse faire valoir.

Au bout d’une quarantaine de minutes, le véhicule entra dans un bâtiment et s’immobilisa.
« Viens, Anhiel. Finissons-en. Allons remettre nos armures et nous présenter au maître avec notre prise. » Martinien comprit qu’on s’adressait à lui et fit un signe de la tête. Ils descendirent et l’homme-machine s’adressa une dernière fois à eux.
« Je vais prévenir mon propre maître que la transaction peut avoir lieu. Adieu sergent Viviel, frère Anhiel. » Les marines ne prirent même pas la peine de lui répondre et s’éloignèrent vivement vers une porte dans ce parking souterrain. Encore une fois, l’aversion presque physique du marine face à l’étrange individu permis qu’il n’y ait pas de mot prononcé. Ils arrivèrent dans une grande salle ou différents petits box étaient disposés en longueur. Reconnaissant un ersatz de cellules space-marines, Martinien essaya de repérer rapidement celle qui appartenait au fameux Anhiel qu’il était censé être. Il compta une vingtaine de petits locaux mais ne vit personne d’autre alentour. Son collègue posa sans ménagement le sac contenant sa victime sur une table. « Garde un œil dessus le temps que je me prépare. » Le moment était arrivé. Martinien repéra la cellule vers laquelle se dirigeait l’autre géant et sans crier gare, il lui bondit dessus mais cette-fois l’autre ne se laissa pas surprendre. Il se servit de l’élan de son agresseur et le fit passer au-dessus de lui. Malgré la surprise, Martinien retomba sur ses pieds et saisit l’épée sous sa tunique. Son adversaire fit de même.
« Je sentais bien que ça n’allait pas mais je ne comprenais pas quoi. Qui es-tu ? Tu es aussi un astartes ! Ils enlevèrent rapidement leurs déguisements.
-Je m’appelle Martinien. Je suis vétéran de la quatrième compagnie des Dark-angels, au service de l’Empereur. L’autre space-marine cracha au sol, prenant une pose clairement hostile en pointant son épée.
-Encore un laquait de ce traitre de Jonson ! Vous êtes tombé bien bas pour user de tels stratagèmes !
-Comment osez-vous blasphémer en insultant notre primarque ! Vous ne pouvez, vous-même, faillir au chapitre ?!
-J’ai connu Jonson et je peux te le dire, c’était un traitre !
-Vous l’avez connu… ? »
Sans plus de parole, il fonça vers Martinien.
Viviel avait un style très agressif et, étant particulièrement massif, il enchaina une série de frappes verticales utilisant d’avantage sa force qu’une technique plus élaborée. C’était de mise pour un soldat mais pas pour un duelliste, titre auquel pouvait prétendre un vétéran comme Martinien. Ce dernier para sans difficulté les enchainements et recula prudemment le temps de prendre la mesure de l’adversaire. Il brisa en quelque seconde son rythme avec un mouvement descendant de son épée. Sous le coup de la contre-attaque, Viviel se retrouva rapidement dépassé et ne put reprendre l’ascendant. Martinien finit le combat en parant horizontalement et en glissant pour le frapper au visage avec le manche de son arme. La surprise ne laissa qu’une faible fenêtre mais suffisamment grande pour que, pivotant sur lui-même, Martinien finisse de le transpercer de part en part avec un minimum de bruit. L’ultime regard de haine et de tristesse dans le regard de Viviel marquerait à jamais le Dark-angel comme le premier ennemi que l’on abat lors de son noviciat. Le fils du lion accompagna le corps de son adversaire au sol. L’échange avait été court, peut-être n’avaient-ils pas été entendus. Il se dirigea vers le sac où il découvrit Erell inconsciente et en vie. Les choses se présentaient bien mais restaient fort mystérieuses. Il allait falloir garder cet élan le plus longtemps possible. Le pari semblait payer.

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« Seigneur Noss ?
-Entre Conrad. Alors, cette récupération s’est-elle bien passée ?
-Tout à fait monseigneur. Les Astartes des temps anciens se préparent à vous payer votre du. »
L’homme machine nommé Conrad s’inclina devant son seigneur lorsque ce dernier vint lui poser une main sur l’épaule. S’il avait eu encore suffisamment d’humanité en lui, le serviteur en aurait souffert jusque dans son âme. Le seigneur Noss semblait pourtant satisfait.
« Bien, bien. Je suppose que la clef n’a pas été abimée, n’est-ce-pas ? »
D’un mouvement à peine perceptible, il lui fit signe que non. Les deux individus se déplacèrent doucement dans l’appartement. Demeure d’un juriste du nom de Talias, la décoration n’avait plus rien d’impériale. Des braséros et des bougies malodorantes brulaient aux quatre coins de la pièce. Le papier-peint, les tableaux et toutes les autres décorations murales avait été enlevés pour laisser la place à des inscriptions cabalistiques parfois peintes, parfois gravées. Des bibliothèques d’ouvrages maudits, copiés par des esclaves devenus fous, avaient été installées depuis apparemment des dizaines d’années. Dans un coin, une statue représentant un homme sans visage, irradiait d’une énergie malsaine et semblait se tordre de douleur sans discontinuer.
« Je quitte à l’instant notre distingué inquisiteur Terdre. Ce bon Blaise m’a accordé une dernière petite information intéressante. Savais-tu que le Dark-angel nommé Martinien, responsable de la mort de Praxius, avait disparu juste après cet évènement? » Le serviteur ne dit mot.
« Son armure a été retrouvée vide près des cadavres. Elle était tellement malmenée, que les apothicaires ont prétendu que même l’un d’entre eux n’aurait pu survivre. Il n’y a pas trente-six explications : quelqu’un est venu chercher le corps, voire même sauver cet astartes.
-C’est en effet probable. Intéressant mais fort déroutant. Qui aurait eu intérêt à faire cela ? Un rival de mon seigneur, peut-être ?
-Seul le Grand Architecte pourrait répondre. Encore faudrait-il qu’il le veuille… » Noss sourit de sa familiarité avec les puissances du chaos. Une table encombrée de divers grimoires et ouvrages poussiéreux l’attendait sur un bureau proche. Une grande toile couverte de symboles xénos était accroché au mur, laissant apparaitre sur le coté différents seaux brisés de l’Ordo Malleus. Il la contempla songeur.
« Trente ans, Conrad. Trente ans. Il n’y a pas de coïncidence et que l’outil de mon précédent échec soit encore en vie quelque part ne signifie qu’une chose : les forces opposées aux miennes, en réponse à mon grand plan, se précisent. Il faut découvrir ce qui se cache derrière cette énigme. Cela se place au même niveau de priorité que notre objectif initial. S’il y a danger et il y en aura, cela viendra de là.
-Vous désirez que je m’en charge, monseigneur ?
-Oui. Voici ce que j’ai pu extraire des pensées superficielles de Terdre. Il s’est relâché au dernier moment avant que je ne sorte.»
Le serviteur cybernétique prit l’enveloppe que lui tendit son maître, s’inclina de nouveau et sortit de la pièce sans un bruit.
Le sorcier Noss alla vers un petit coffret dans le salon, l’ouvrit et en sortit un masque argenté lisse dont il se parât pour cacher l’œil qu’il arborait au milieu du front. Une fois posé sur lui, le masque prit les traits du fonctionnaire Talias. Lançant divers sorts de protection dans la pièce afin de tout sécuriser durant son absence, il se rendit à son rendez-vous laissant la statue de l’infortuné juriste à sa douleur d’être ainsi dépossédée de son visage.

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Le grand-maître Séverin avait reproduit aussi fidèlement que possible le centre de commande de son ancien navire, « la lumière du juste » où il recevait les différents états-majors et responsables officiels lors de ses campagnes d’avant le Lion. Il s’en voulait d’afficher une telle nostalgie mais il se convint qu’il était nécessaire d’entretenir certains rites pour que chacun puisse accepter le rôle qu’il avait à jouer. Evidemment, depuis l’époque glorieuse où l’Empereur marchait à leur coté, les membres qu’il réunissait étaient nettement moins prestigieux. Après tout, l’humanité entière les verrait comme des traitres.
La salle était circulaire et immense. Un balcon en faisait tout le tour, servant à faire circuler les serviteurs qui s’occupaient de l’entretien des écrans et haut-parleurs sur les murs. Au centre de la pièce, il y avait un îlot, rond lui-aussi, sur lequel se trouvait une grande table avec un globe de visualisation en son centre. Tout autour se trouvait une fosse dans laquelle des techno-prêtres et divers techniciens s’afféraient à récolter, compiler et classer des informations provenant de toute la planète. Une passerelle reliait l’îlot au dessus de la fosse et débouchait directement sur les deux grandes portes de la salle. Sous les arcades du balcon, se trouvaient des astartes montant la garde, tels des statues de métal terrifiantes. Tout était en place pour impressionner les invités. Séverin était satisfait et songeait à l’humain Talias qui s’était acquitté de ses engagements avec talents. Les moyens mis en œuvre lui permettraient de reprendre la place qu’on lui avait volée dix mille ans auparavant.
Le géant fut tiré de ses pensées lorsque ses hôtes arrivèrent : le gouverneur planétaire Achylle de Coche, des dirigeants de familles industrielles parmi les plus puissantes, des officiers de la garde impériale, des représentants du culte du Méchanicum ainsi que divers fonctionnaires acquis au complot qui se tramait. Parmi eux se trouvait celui qui les avait tous réunis directement ou indirectement, qui avait financé en grande partie les opérations de détournements d’armes et qui avait tissé une alliance avec les Astartes des anciens temps : le juriste Telias. Discret et humble au milieu de ces gens si sûrs de leur importance, on ne lui accorda qu’un mépris lointain. Seul le grand-maître Séverin, dont il partageait les rêves et aspirations, lui fit un signe de salut plus appuyé rendant vert de jalousie les autres convives. On s’installa autour de la table et l’ancien capitaine Dark-angel resta debout. La prestance et la personnalité de Séverin en imposait même au plus égocentrique ou névrosé de ses invités. Ses traits étaient fins mais sûrs. Son regard d’un gris profond perçait l’air environnant et ses cheveux argentés brillaient sous la lumière des vitraux du plafond. L’armure sombre soigneusement polie qu’il portait sous son tabar, brillait d’un éclat irréel. Le demi-dieu s’adressa aux hommes :
« Mes amis, bienvenus à vous. Je suis heureux de vous revoir tous. Ce jour est un grand jour car enfin, notre grand plan est entré dans sa phase où le recul n’est plus de mise. Les astartes du traître Jonson, les fléaux de votre peuple sont de retour sur Adelphe III. » Marquant une pause, il regarda les remous que provoquaient ses mots dans l’assemblé. Il sourit. Tous étaient au fait du raid qui avait eu lieu sur le palais gouvernemental.
« Je comprends vos appréhensions mais elles sont infondées. Notre stratégie est sans faille et bientôt notre vengeance sera consommée. La voie qui nous ramènera sous la lumière de l’Empereur s’ouvrira à nous. Il saura récompenser ses servants les plus fidèles et les plus audacieux. » Le grand-maître savait que ses mots ne seraient pas suffisant mais qu’ils étaient nécessaires pour asservir ses complices à leurs rêves de grandeurs et de destins privilégiés. Ils étaient si imbus d’eux-mêmes qu’ils étaient dupes de leurs propres chimères. Encore une fois, l’image de ce qu’était devenu l’œuvre du maître de l’humanité révolta Séverin mais il fit taire ce sentiment et continua.
« Bientôt commencera leur campagne de terreur visant à nous débusquer. Elle sera violente et sans finesse en apparence néanmoins leur nature sournoise se manifestera parmi les ombres et les bas-fonds des cités où ils viendront nous traquer avec leurs espions.
-Pardonnez-moi maître Séverin mais comment pouvons-nous être sûrs, tous autant que nous sommes, que rien n’aura été laissé au hasard et qu’ils ne pourront pas remonter jusqu’à nous ? Après tout, nous n’avons pas été mis dans la confidence des détails de votre plan. Nous nous sommes tous mis en grand danger et n’avons pas prise sur tout nos servants et ouvriers pour rester hors d’atteinte de la vindicte impériale.
-En effet patriarche Gueusquin et il ne nous était pas caché qu’attendre une totale discrétion était vaine. Nous devons être découverts. »
Un silence glacial accueillit la réplique. Chacun comprenait alors vraiment qu’il avait irrémédiablement franchit la ligne. Tous étaient aguerris aux affaires, aux guerres commerciales ou aux conflits militaires, ils ne paniquèrent donc pas mais le choc n’en était pas moins rude. Le capitaine déchu reprit.
« Nous étions sûrs que nous ne pourrions rester cachés à l’abri durant les opérations aussi avons-nous tablé notre plan sur cette certitude. De plus, pour que nos ennemis acceptent de tomber dans nos filets, il valait mieux leur donner un peu de vérité à se mettre sous la dent. Nous irons donc au devant de leurs investigations et nous leur donneront les informations qu’ils cherchent. La planète aura à payer encore une fois son tribu à notre cause mais notre revanche saura le justifier. Quand les Dark-angels se rendront compte du piège qui les attend, il sera trop tard. Bientôt nous aurons la puissance d’une compagnie space-marines et notre sécession pourra finir de s’étendre à tout le système sans que l’Impérium ne se doute de quoi que ce soit. La prédisposition au secret et à la tromperie de nos ennemis sera leur perte. Nous allons de nouveau faire le point pour chacun d’entre nous et réaligner nos attributions.
Pour l’Empereur !
-Pour l’Empereur ! »
Séverin n’avait laissé aucune ouverture ni temps mort à une autre question. Il avait appuyé chaque mot de sa voix puissante. Il enchaîna rapidement en interrogeant chacun sur ses obligations et sur l’avancé de ces dernières. La réunion avait trouvé son rythme, il était satisfait.

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Le colloque se termina dans une relative sérénité et on convia tout le monde à un buffet dinatoire histoire de permettre de rassurer qui en aurait besoin dans un vis-à-vis plus « privé » avec le capitaine. L’ambiance semblait bonne lorsque Séverin reçut un message via son communicateur. Il ne laissa rien paraître mais il dut s’absenter poliment, laissant ses invités pour le moins interloqués. Telias lui emboîta le pas.
Arrivé hors de la salle, le juriste lui demanda :
« Un problème capitaine ?
-Je le crains et non des moindre. Le sergent Viviel que j’avais assigné à la récupération de votre petite-fille a été retrouvé mort dans ses quartiers. Les analyses de notre apothicaire laissent à penser qu’il a été occis par un de nos semblables.
-Un space-marines !? Ici ? Avons-nous été découverts ? Et ma fille ou est-elle ?
-Je ne saurais le dire mais je ne pense pas qu’il s’agisse des Dark-angels en orbite. Nous aurions déjà été pris d’assaut.
-Il faut tirer les choses au clair Séverin, cela peut mettre à bas toutes nos années d’efforts.
-Pas tant que je vivrai mon ami. »
Les deux comparses allèrent dans les quartiers du capitaine.
« J’ai donné l’ordre de boucler le périmètre mais je manque d’hommes sur place pour être exhaustif. Je dois participer à l’action. Il faut que vous rejoignez nos invités afin de les rassurer aux maximum, ils… »
Séverin se retourna brusquement pour se retrouver face à face avec deux pistolets bolter le menaçant lui et Telias.
« Bonjour capitaine. Je me nomme Martinien, vétéran de la quatrième compagnie des Dark-angels au service de l’Empereur. J’aimerai avoir une conversation avec vous. »

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« Martinien…
-Vous le connaissez, Telias ?
-Il y a trente lors de la tragédie qui nous frappa, un dark-angel avait disparu après avoir tué Praxius. Son unité avait été décimée et lui-même fut considéré comme mort mais son corps ne fut jamais retrouvé.
-Pourquoi ne m’en avoir jamais parlé ?
-Pardonnez-moi, coupa brusquement le sujet de cette conversation, mais il me semble que la priorité de poser les questions me revient. Il regarda chacune de ses cibles, faisant comprendre qu’il n’hésiterait pas à tirer.
-Bien, commençons. Qui êtes-vous et pourquoi avoir enlevé Erell ?
-Erell ?
-Ma petite fille. Martinien regarda intensément le fonctionnaire.
-Vous seriez son parent ? Pourquoi l’avoir fait enlever si c’est le cas ? »
Séverin se redressa calmement, reprenant un maintien noble et assuré. Il se plaça tranquillement entre Telias et Martinien, ne le quittant pas des yeux faisant jouer son autorité naturelle. Le vétéran aurait pu soutenir n’importe quel regard de ce type avant mais son état émotionnel ne pouvait pas le laisser indifférent à une telle présence.
« Il suffit frère. Il semblerait qu’il y ait une incompréhension entre nous mais malgré la mort de Viviel et tes menaces, tu n’es pas chez des ennemis. Tu ne fais plus parti du chapitre sinon tu ne serais pas venu seul. Baisse tes armes à présent. Elles ne te seront d’aucune utilité ici. J’accepte de t’entendre et de te répondre. Nul mal n’est voulu à cette Erell. » Martinien commença à perdre pieds. L’effet de surprise était trop rapidement passé. Il ne savait pas vraiment lui-même pourquoi il était resté mais il était évident que sortir vivant d’ici allait tenir du miracle. Voyant son impact Séverin renchérit.
« Frère, tu ne sembles pas au fait des enjeux secrets au sein de ce que tu considères encore comme ta fratrie. J’ai des choses à te révéler. Tu connais assez notre nature pour savoir qu’être menacé m’importe peu. Discutons Martinien, l’Empereur a sans doute voulu que nous nous rencontrions. Laisse-moi te dire pourquoi. » Le grand-maître commença à ressentir un besoin de rallier cet inconnu à sa cause. Il le considéra comme un devoir et comme une savoureuse revanche sur sa disgrâce. Encore une fois, il y vit un signe le confortant dans sa quête. Martinien quant à lui, même s’il ne reconnaissait pas les Dark-angels d’où il venait, se sentait attiré par cet homme, symbole d’un rêve de retour parmi les siens. Ca ou mourir.
« Très bien, maître Séverin. Voyons où cela nous mène. »

Linuial
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