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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 09:17
Les cercles

La cellule s’ouvrit dans un grincement sinistre et une silhouette nimbée de lumière se dessina dans l’encadrement.
« Venez-vous enfin me tuer ? Est-ce fini ? Je n’en puis plus… »
L’homme entravé ne parvenait pas à garder les yeux ouverts tant la clarté le blessait. Il entendait teinter des chaînes et des instruments dont le seul souvenir le faisait souffrir.
« Non pas, mon ami. Il n’est point encore l’heure pour vous de vous présenter devant l’Empereur. » L’ironie et le sarcasme contenu dans ce dernier mot ne fit même plus réagir le supplicié.
« Inquisiteur Terdre, sauriez-vous me dire depuis combien de temps nous nous amusons ensemble ? Non ? Figurez-vous que cela fait un an aujourd’hui. Un anniversaire qui me tient à cœur, en vérité. »
L’inquisiteur Blaise Terdre commença à distinguer un peu plus son interlocuteur et il le regretta. C’était la première fois qu’il le voyait depuis qu’il avait été capturé. L’homme était grand, mince et d’une blancheur morbide. Ses paupières avaient été cousues et un œil à pupille violette ornait à présent son front. On pouvait voir que cela résultait d’une opération plutôt que d’une mutation chaotique. La puissance psychique de l’individu semblait envahir tout l’espace et s’immiscer dans chaque synapse de l’agent impérial qui laissa s’échapper un léger râle.
« Oui, oui. »
L’homme se plaça vers le centre de la pièce et commença à tracer au sol des cercles complétés de signes et de symboles ésotériques. Débuta alors des rites et des préparatifs qui n’auguraient rien de bon pour le pauvre inquisiteur. Après un temps qui sembla être une éternité, l’homme s’immobilisa enfin et s’accorda un petit moment d’autosatisfaction pour du travail bien fait.
« Je vais vous dire au revoir. Avez-vous un dernier mot à dire ?
- Dernier mot ?! N’avez-vous pas affirmé que vous ne me tueriez pas ?
- C’est ce que j’ai dit mais après l’invocation, je crains vous n’ayez plus le loisir de vous exprimer.
- Non… Vous n’avez pas gagné ! Il me reste assez de force pour refuser cette abomination. Je sais trop ce qu’il en coûte !
- Je ne crois pas. En fait, vous ignorez totalement l’honneur qui vous est fait mais surtout je suis convaincu que vous l’appellerez de vos vœux.
- Blasphème ! Je ne trahirai point ! Maudit sorcier, mes pairs sauront vous trouver et vous faire payer le prix de vos hérésies… maudit, maudit… »
L’homme sourit et, d’un geste, il délivra Terdre de ses chaînes. Ce dernier tomba au sol, trop faible qu’il était.
Alors qu’il allait sortir, l’inquisiteur le rappela :
« Attendez.
-Qu’y-a-t’il, Blaise ?
-Puisque c’est la fin, exaucez un dernier souhait. Dites-moi ce qu’il est advenu de l’astartes Martinien. Je sais que vous étiez présent il y a trente ans auprès de Praxius. C’est vous qui lui aviez parlé des installations xénos pré impériales sur Adelphe III, je le sais. Alors dites-moi ce que vous avez fait du Dark-angel. Pourquoi l’avoir emmené ? »
Terdre remarqua que le visage de son interlocuteur se ferma un court intant.
« Vous avez vu juste quant à mes rapports avec le « seigneur des châtiments ». Je me suis servi de lui à plusieurs reprises et j’avais pour tâche de le guider un temps sur sa quête démoniaque. Malheureusement, l’intervention de l’Impérium et la mort de mon jouet m’ont forcé à réviser mes plans. Quant à celui qui fut responsable de la fin de Praxius, je ne saurais dire ce qu’il est advenu de lui surtout… Surtout que j’ignorais qu’il avait disparu. C’est une information importante Blaise. Merci pour ce dernier cadeau. »
L’inquisiteur resta comme paralysé comprenant qu’il finissait sa vie sur une fausse-piste. Une pathétique épitaphe.
La porte de la cellule se referma doucement mais inexorablement laissant filtrer un ricanement mauvais.

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Les barges de batailles space-marines sont de puissants navires de guerre donnant à chaque compagnie une mobilité et une puissance de feu capable d’influencer le cours d’un conflit planétaire. Le vaisseau assigné à la 4ème compagnie, « la colère du juste », en était l’exemple parfait. La rigueur et l’austérité propre au chapitre transparaissaient à quiconque avait la chance ou la malchance d’observer d’assez près cette arme céleste. Les hommes en postes sur les satellites de défenses d’Adelphe III, déjà subjugués par cet inquiétant édifice, durent déployer des efforts considérables pour garder une bonne discipline quand la barge de la 3ème compagnie des Dark-angels se présenta à son tour. Les rumeurs allaient bon train. On savait qu’il y avait eu un raid astartes sur le palais du gouverneur planétaire dont on n’avait plus eu de nouvelle depuis. Une information destinée aux militaires et à quelques officiels expliquait la présence de traitres aux plus hauts niveaux des dirigeants d’Adelphe III. Un gouvernement provisoire avait été constitué sous la supervision du frère capitaine Barnard. Il était question d’une purge à venir et déjà le fantôme du drame d’Axia flottait parmi les cercles d’Adelphiens informés. En effet, nul n’était dupe qu’une telle crise attirerait l’inquisition tôt ou tard. Si la version officielle de l’époque mettait la responsabilité de la destruction de la cité ruche sur des renégats, des rumeurs avaient circulé rapidement. On murmurait qu’Axia avait été sacrifiée sur ordre des astartes. L’autorité impériale en avait évidemment beaucoup souffert et d’année en année ce terreau propice à la révolte donna ses fruits sombres. Barnard avait interprété la situation et comprit vite qu’un lien avec le passé s’était tissé pour permettre l’influence néfaste de ses frères déchus. Une ironie du sort qui ne l’amusait pas du tout. En tant que maître de compagnie, membre du cercle intérieur, les spécificités des déchus lui avaient été enseignées. Il était rare que leurs frères maudits cèdent pleinement et ouvertement au chaos. Ils pouvaient se perdre dans des actions de séditions croyant suivre les principes lointains de la grande croisade ou alors ils pouvaient monter des campagnes de sape contre le chapitre même. C’est en cela que la difficulté s’annonçait conséquente. Il était malaisé de mener des enquêtes quand on faisait plus de deux mètres cinquante de haut et un mètre de large. Il fallait sous-traiter et donc augmenter les risques que le déshonneur des Dark-angels n’apparaisse au grand jour. La troisième compagnie ne serait pas de trop. Il y avait peu de chance de régler l’affaire avant l’arrivé de l’inquisition, si elle n’était pas déjà présente sur la planète.
C’est ainsi, en ces heures difficiles, que les capitaines Bélial et Barnard se rejoignirent sur le pont de « la colère du juste » accompagnés de leurs officiers en second. La traque allait pouvoir débuter :
« Bonjour maître Bélial. Je suis heureux de vous revoir malgré les circonstances.
- Bonjour maître Barnard. Comprenez que nous coupions court au protocole et que nous nous mettions à la tâche sans attendre. Vous savez que nous avons du abandonner une campagne contre des Orks qui nous a déjà coûté beaucoup.
- Fort bien. Depuis notre précédente venue, la foi de la population et plus spécialement de ses dirigeants s’est émoussée au point que le palais des hauts représentants de l’Empereur était gangréné de traitres. Nous savons qu’une grande quantité d’armes a été détournée depuis ces cinq dernières années. » Tout en parlant le capitaine entraina ses hôtes vers une salle de briefing dans laquelle divers documents étaient mis en vue.
« Dès que nous fûmes au fait de la présence de nos frères maudits, nous prîmes des prisonniers et notre chapelain investigateur Astérios les soumit aux interrogatoires de rigueurs. Evidemment, il n’y eut aucune clémence de notre part officiellement et ces prisonniers n’existent pas. Astérios, je vous en prie.
- Maîtres, mes frères. Pour être bref, voici les informations que j’ai pu récolter. Tout d’abord, les éléments détournés n’auraient pas quitté la planète. Un fait troublant sur cette production d’armes est qu’elle peut être divisée en deux catégories dont une est clairement l’apanage des astartes. Ma conclusion est qu’au moins un techmarine fait parti des déchus impliqués. Il faut leurs connaissances pour produire certains équipements qui ne seront utilisables que par des space-marines. De plus, il est question d’en ravitailler un nombre conséquent. Chose assez troublante car jamais nous n’avons eu à gérer un tel rassemblement. » L’information eut son impact même parmi des guerriers aussi aguerris. Les yeux de maître Bélial se mirent à briller d’une lueur avide et inquiétante.
« C’est inespéré, dit-il, l’Empereur nous donne une occasion unique de laver notre honneur.
- En effet mais la tâche doit être d’autant prise avec prudence. Lâcha Astérios. Bélial fit mine de ne pas noter.
- De combien de déchus parlons-nous ?
- D’une cinquantaine, peut-être plus. »
Chaque participant prit le temps d’absorber ces données et en profitèrent pour consulter les documents à leur disposition. Au bout d’un moment, le chapelain Abraxas de la troisième compagnie demanda :
« Qu’en est-il de la suite ? Le capitaine Barnard lui répondit.
- Notre présence est clairement annoncée et la chance a voulu que nous soyons promptement informés de la présence de nos frères. Un blocus planétaire a été mis en place afin que nul ne puisse s’enfuir. Les officiels et responsables commerciaux essayent de faire pression mais, bien entendu, cela ne pose pas de soucis tant que des autorités comme l’inquisition ne s’en mêlent pas. Après, ils exigeront de connaître nos raisons et il y a toujours une limite à ce que notre statut peut exiger d’absolutisme.
- Aucun inquisiteur ne s’est manifesté ? Il y a trente ans, ils s’étaient dévoilés aux autorités sur le tard.
- En effet Abraxas et nous n’avons aucune certitude en la matière d’où notre prudence et votre présence. Avec l’accord de maître Bélial, la quatrième compagnie continuera à œuvrer au grand jour pour faire face aux traitres. Nous nous déplacerons sur les sites susceptibles d’être corrompus et feront ce qu’il faut. La troisième compagnie nous suivra pour officiellement sécuriser les zones pacifiées. En vérité, il vous appartiendra d’enquêter après notre passage et d’entreprendre les raids nécessaires avec les deux unités de la Deathwing vous accompagnant. Notre chapelain investigateur œuvrera en plus de ces deux démarches et essayera d’enquêter parmi les ombres. Les détails concernant vos attributions respectives sont devant vous, établies conjointement avec maître Bélial.
- Il y a un dernier point que je voudrais soulever, intervint ce dernier. Ne croyant pas aux coïncidences, Barnard et moi-même pensons qu’un lien plus fort que le simple fait de profiter de la rancœur de la populace justifie la présence des déchus ici. A l’époque, l’hérétique Praxius essaya de réaliser un rituel démoniaque exceptionnel. Il serait surprenant que les forces de la ruine soient loin de toutes ces affaires. Nous comptons donc sur la vigilance de nos archivistes et la vôtre.
- A présent, à la traque ! Pour le Lion !
- Pour le Lion ! répondit en cœur l’assemblé. »

Linuial
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